Étape 1 sur 7

Waterlooplein

Waterlooplein

Le destin des rangées de stands montrera la disparition de toute une communauté urbaine à travers le nombre de comptoirs restants.

15 min
Stands et foule au marché aux puces de Waterlooplein
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Rangées de stands
  • Stands de vêtements d’occasion
  • Livres
  • Vélos

L’histoire du lieu

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Des livres, des vêtements d’occasion et des vélos remplissent les stands d’un marché qui fut autrefois le plus grand du Quartier juif d’Amsterdam. Pendant des siècles, les guildes municipales n’acceptèrent pas les Juifs, et beaucoup ne pouvaient gagner leur vie que par le commerce ; les plus pauvres y transportaient leur marchandise dans des charrettes à bras. Avant le sabbat, les rangées étaient démontées et, le dimanche, elles étaient remontées, avec du poisson, des fruits, des conserves au vinaigre, des vêtements usagés et des chiffons. Après la guerre, le marché fut rétabli par d’autres vendeurs et, pendant la construction du métro, de l’hôtel de ville et de l’opéra, il fut déplacé temporairement ; aujourd’hui, le commerce occupe un espace réduit à côté du nouveau bâtiment.

Les rangées de stands de Waterlooplein se trouvent à l’emplacement de deux canaux. En mille huit cent quatre-vingt-deux, la ville ordonna de combler le Houtgracht et le Leprozengracht. Les commerçants des rues voisines furent déplacés sur la bande ainsi libérée et, un an plus tard, le conseil municipal approuva ce nom en mémoire de la bataille de Waterloo : c’est là qu’en mille huit cent quinze une coalition d’armées européennes défit définitivement l’empereur français Napoléon.

La plupart des vendeurs d’ici étaient juifs. Pendant des siècles, les guildes d’Amsterdam n’acceptèrent pas les Juifs ; le commerce resta donc l’une des rares activités accessibles. Les plus pauvres circulaient avec des charrettes à bras et vendaient du poisson, des fruits, des conserves au vinaigre, des vêtements usagés et des chiffons. Ils ne voulaient pas s’installer sur la nouvelle place : ils craignaient l’absence d’acheteurs ici. Cette crainte ne se réalisa pas : Waterlooplein devint le plus grand marché du Quartier juif d’Amsterdam. Avant le sabbat, les stands étaient démontés et, le dimanche, le commerce recommençait.

À l’hiver de mille neuf cent quarante et un, les membres de la WA, l’aile paramilitaire du parti nazi néerlandais, venaient ici saccager les boutiques et frapper les habitants. Des Amstellodamois juifs et non juifs, qui avaient formé des groupes d’autodéfense, leur résistèrent. Parmi eux se trouvait Arnold Arian, jeune peintre d’enseignes et membre du club de boxe Olympia, qui défendait son quartier contre les attaques.

Le onze février, environ quarante-cinq membres de la WA arrivèrent à Waterlooplein. Ils furent accueillis avec des barres de fer, des bâtons et des gourdins. Arian fut blessé d’un coup de couteau dans le haut du torse. Le membre de la WA Hendrik Koot resta étendu inconscient et mourut trois jours plus tard. La propagande nazie le présenta comme une victime désarmée et affirma que les assaillants lui avaient sectionné la gorge à coups de dents. Le procès-verbal de police conservé fait état d’une grave blessure à la tête et du gourdin improvisé de Koot : un morceau de tuyau en caoutchouc muni d’un poids en fer, attaché à son poignet.

La mort de Koot devint l’un des prétextes aux représailles. Les vingt-deux et vingt-trois février, la police allemande boucla le quartier autour de Waterlooplein et captura quatre cent vingt-sept jeunes hommes juifs. Ils furent envoyés, via les camps de Schoorl et de Buchenwald, à Mauthausen ; deux survécurent à cette rafle. Quelques jours plus tard, des dizaines de milliers d’habitants d’Amsterdam commencèrent la Grève de février. Après un premier contrôle, Arian fut relâché : dans le procès-verbal, il apparaissait comme un passant fortuit. Un an plus tard, l’affaire fut rouverte. Arian fut arrêté, envoyé à Auschwitz et tué là-bas le quatorze août mille neuf cent quarante-deux.

À cette époque, le marché avait déjà été transformé en instrument d’isolement. Il fut interdit aux Juifs d’acheter et de commercer sur les marchés ordinaires, et l’espace clos de Waterlooplein fut réservé aux seuls vendeurs et acheteurs juifs. En novembre mille neuf cent quarante et un, on y comptait cent vingt-quatre stands, en août de l’année suivante cent cinquante-six, et à la fin de juillet mille neuf cent quarante-trois, il n’en restait que six. Le marché fut ensuite fermé.

Après la guerre, d’autres vendeurs reprirent le commerce : peu d’anciens propriétaires de stands revinrent. Pendant la construction du métro, de l’hôtel de ville et de l’opéra, le marché fut déplacé temporairement, puis on lui attribua un espace réduit à côté du nouveau bâtiment. On y vend de nouveau des vêtements d’occasion, des livres, des vélos et des objets anciens. Les rangées ont conservé la fonction de Waterlooplein, mais le marché qu’Arnold Arian défendait prit fin le jour où les six derniers commerçants partirent d’ici.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantSynagogue portugaise d’Amsterdam
Entréeaccès libre

Ouvert officiellement lundi–samedi 09:30–18:00 ; fermé le dimanche, et par mauvais temps certains stands peuvent ne pas sortir.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le marché et la place elle-même produisent des impressions différentes : s’il n’y a pas de commerce, concentrez-vous sur l’étendue de l’espace ouvert et imaginez les canaux disparus ainsi que les rangées serrées. Parmi les stands en activité, ne gênez pas les acheteurs et demandez l’autorisation avant de photographier les vendeurs de près.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez les stands derrière vous et dirigez-vous vers la synagogue sur Meijerplein.

Étape 1 sur 7Ensuite : Synagogue portugaise d’Amsterdam

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Quartier juif d’Amsterdam et Plantage : perte et sauvetage » — 7 étapes, 1,2 km, 2–4 h.

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