Étape 1 sur 9

Bibliotheca Alexandrina

مكتبة الإسكندرية

Ici, le projet moderne de faire renaître la grande collection se heurtera au destin de l’homme qui avait œuvré à sa création.

55 min
Bibliotheca Alexandrina : toit incliné et mur de granit couvert de signes.
Ahmedsalahemam · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Bâtiment circulaire incliné
  • Salle de lecture en gradins
  • Mosaïque au chien tacheté
  • Musée archéologique

L’histoire du lieu

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Le nom « Bibliotheca Alexandrina » renvoie à la bibliothèque antique d’Alexandrie, mais nous sommes devant une institution moderne. Le lieu exact de l’ancienne bibliothèque n’a pas été retrouvé. On sait seulement qu’elle faisait partie du quartier royal des Ptolémées, qui occupait cette partie de la ville près du port. Le bâtiment actuel a été construit entre la mer et l’université d’Alexandrie : c’est précisément l’université qui eut d’abord besoin d’une nouvelle bibliothèque.

Au début des années mille neuf cent soixante-dix, Mostafa El-Abbadi, professeur d’histoire gréco-romaine, termina l’un de ses cours par un reproche adressé à sa propre université. Les chercheurs se disaient volontiers les héritiers de l’Alexandrie antique, mais ils ne possédaient pas de bibliothèque scientifique convenable. El-Abbadi vivait de son salaire de professeur et étudiait la ville disparue : il lisait des papyrus, examinait le quartier royal, tentait d’établir le sort de l’ancienne collection. Il proposa de créer ici une nouvelle bibliothèque universelle, un établissement de recherche capable de réunir des livres du monde entier.

Le hasard contribua à transformer l’idée universitaire en projet d’État. En mille neuf cent soixante-quatorze, le président des États-Unis, Richard Nixon, vint à Alexandrie. Lors d’une visite des antiquités, il demanda à ses accompagnateurs égyptiens où se trouvait la célèbre bibliothèque et ce qui lui était arrivé. Ils ne trouvèrent pas de réponse convaincante. Le soir même, le recteur de l’université d’Alexandrie téléphona à El-Abbadi et exigea qu’il prépare d’urgence une note sur l’histoire de la bibliothèque.

Des personnes dont dépendaient le terrain et l’argent lurent la note. El-Abbadi convainquit les dirigeants de la ville, les institutions égyptiennes et l’UNESCO qu’Alexandrie avait besoin d’un centre scientifique international. Plus de dix ans passèrent avant que le projet n’obtienne un soutien mondial. En mille neuf cent quatre-vingt-huit, on posa la première pierre et, en deux mille deux, on ouvrit le bâtiment circulaire incliné vers la mer. Sous son toit furent aménagés une immense salle de lecture en gradins, des bibliothèques spécialisées, des centres de recherche et des réserves. À côté apparurent des musées, des espaces d’exposition, une salle de conférences et un planétarium.

Pendant les travaux, El-Abbadi dut défendre non plus le projet, mais le terrain sur lequel il était construit. Il estimait que l’excavation était creusée sans étude archéologique suffisamment approfondie. Depuis son appartement voisin, le professeur filmait les bulldozers et affirmait que les ouvriers jetaient à la mer les antiquités remontées du sol. Après le scandale qu’il déclencha, les travaux furent suspendus et des archéologues furent admis à mener des fouilles de sauvetage.

Dans le sol, on découvrit les vestiges de constructions du quartier royal et plusieurs mosaïques. Sur la plus célèbre, composée au deuxième siècle avant notre ère de minuscules cubes de pierre, un chien tacheté est assis, portant un collier rouge ; à côté de lui, un vase grec est renversé. La mosaïque mesure plus de trois mètres de long et autant de large. Pour les trouvailles faites directement dans l’excavation, un musée archéologique fut créé au sein de la bibliothèque. El-Abbadi aida à y réunir des pièces, en les recherchant dans les réserves et sur les sites de fouilles.

Il paya son intervention par son absence de son propre dénouement. Des chefs d’État et des familles royales se réunirent pour l’inauguration solennelle de la bibliothèque, mais le professeur ne fut pas invité. On distribuait aux invités son livre « La vie et le destin de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie », tandis que l’auteur passa cette journée chez lui, parmi ses livres.

Il continua pourtant à enrichir la nouvelle collection. L’un de ses premiers dons fut une rare édition d’un recueil de droit romain du seizième siècle. Avant sa mort, El-Abbadi ordonna de transférer ici environ six mille livres et documents scientifiques — les siens et ceux de son épouse, Azza Karara, professeure de littérature anglaise.

Il n’était pas parmi les invités d’honneur lors de l’inauguration. Aujourd’hui, ses livres sont conservés dans la bibliothèque qu’il a créée, et la mosaïque au chien assis est exposée dans le musée au-dessus du sol même qu’il avait fait étudier.

Sur place

Temps sur place55 min
Point suivantLe port Est d’Alexandrie et le quartier royal englouti
Entréeaccès libre à l’extérieur ; entrée intérieure avec billet

Bibliothèque principale : lun–jeu 10:00–18:00, sam–dim 10:00–14:00, ven fermée. Visites, musées et planétarium : lun–jeu 09:30–17:00, sam–dim 10:00–14:00.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les principaux éléments se voient depuis l’extérieur. Les musées, la salle de lecture et les autres espaces nécessitent une visite distincte, selon les règles de la bibliothèque.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez vers le front de mer et placez-vous au bord de l’eau, d’où l’on voit tout le port.

Étape 1 sur 9Ensuite : Le port Est d’Alexandrie et le quartier royal englouti

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Alexandrie le long du port Est d’Alexandrie » — 9 étapes, 5,5 km, 5–7 h.

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