Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Porte en bois sculpté
- Marches de marbre noir et blanc
- Tombe à côté de la maison
L’histoire du lieu
C’est derrière la porte en bois sculpté et les marches de marbre noir et blanc que Hamad bin Muhammad al-Murjebi passa ses dernières années. La maison porte son surnom : Tippo Tip. Il expliquait lui-même ce surnom par l’imitation des fréquents coups de feu tirés durant l’une de ses expéditions ; une autre version l’associe à l’habitude de cligner rapidement des yeux.
Depuis l’île de Zanzibar, Hamad équipait des caravanes armées pour aller chercher de l’ivoire et des personnes réduites en esclavage. Le commerce fit de lui un riche propriétaire foncier. Il bâtit ici une résidence urbaine et, vers mille huit cent quatre-vingt-dix, revint sur l’île : les armées coloniales européennes chassaient déjà ses hommes des régions où ses détachements et ses intermédiaires commerciaux avaient auparavant opéré. Il administrait désormais ses domaines et protégeait les biens accumulés.
À la fin du siècle, un ancien associé de Tippo Tip, Rumaliza, intenta contre lui une action en justice relative à des biens. Rumaliza réclamait sa part, et le consulat allemand soutenait ses demandes. Heinrich Brode assistait aux audiences pour le compte du consulat. Tippo Tip perdit le procès, mais continua à fréquenter Brode.
Brode voulait recueillir le récit d’un acteur du commerce caravanier et des conquêtes en Afrique centrale. Il persuada Tippo Tip de mettre sa vie par écrit. Ici, pendant les années où il vécut dans cette maison, le marchand retiré se mit à rédiger le manuscrit. Il écrivait en swahili avec des caractères arabes : il maîtrisait mieux le swahili que l’arabe littéral et choisit la langue dans laquelle il menait ses affaires et donnait ses ordres.
Brode transcrivit le texte en caractères latins et le traduisit en allemand. Il acheva son travail à Zanzibar le dix-neuf septembre mille neuf cent un, puis le publia en mille neuf cent deux et mille neuf cent trois dans les Mitteilungen des Seminars für Orientalische Sprachen. Plus tard, Brode remania le récit pour le public européen : il y ajouta ses propres explications et remplaça le récit à la première personne par une biographie à la troisième personne. Après son travail, l’histoire de Tippo Tip se répandit en traductions, tandis que le texte initial devint l’une des premières œuvres autobiographiques en swahili.
Les chercheurs n’ont pas réussi à établir le destin du manuscrit que Tippo Tip avait remis à Brode. Tippo Tip lui-même mourut dans cette maison le treize juin mille neuf cent cinq ; sa tombe fut aménagée à côté. De sa résidence privée subsistent la porte sculptée, les marches de marbre et le nom sous lequel il choisit de consigner sa propre vie.
Sur place
La maison est privée, il est interdit d’entrer ; la façade peut être vue à toute heure du jour et de la nuit.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La maison est en mauvais état et officiellement fermée : n’entrez pas à l’intérieur, ne vous appuyez pas sur les structures et regardez depuis la rue publique.
