Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux banians entourés d’une clôture
- Terrain d’exercice ouvert
- Portes principales du Kraton
L’histoire du lieu
Au début de l’année mille sept cent quatre-vingt-trois, le porte-bouclier du palais Raden Sasra Amijaya blessa à la cuisse Burgemeester, capitaine de dragons de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Cela se produisit pendant le Garebeg Mulud, fête de cour en l’honneur de la naissance du prophète Mahomet, lorsque les habitants de la ville, les serviteurs du sultan et les représentants de la Compagnie se rassemblaient sur l’Alun-Alun Utara.
Sasra Amijaya devait prouver qu’il n’avait pas attaqué intentionnellement. Burgemeester devait obtenir réparation pour la blessure infligée lors d’une cérémonie publique. Le sultan Hamengkubuwono I proposa de payer le traitement du capitaine, mais van Rijn, le principal fonctionnaire de la Compagnie à Yogyakarta, refusa : il considérait le coup comme délibéré.
Le sultan fit sortir le porte-bouclier arrêté sur la place devant le Kraton. Devant des témoins, il annonça que Sasra Amijaya serait exécuté. Après cela, van Rijn, qui avait déjà obtenu la reconnaissance publique de culpabilité qu’il exigeait, demanda lui-même que le condamné soit gracié. Le sultan annula la condamnation à mort. Sasra Amijaya resta en vie, et les représentants de la Compagnie purent rapporter que l’honneur du capitaine blessé avait été rétabli.
Mais l’affaire fut close par un autre spectacle. Sur cette même place, sur ordre du sultan, on organisa un combat entre un tigre et un buffle. Ces affrontements étaient destinés avant tout aux rares visites de hauts fonctionnaires néerlandais. Le tigre et le buffle étaient lâchés dans un espace clos, autour duquel se tenaient des lanciers du palais. Ce jour-là, le buffle l’emporta.
Dans le rapport de la Compagnie, cette victoire fut décrite comme une satisfaction définitive pour la partie néerlandaise. Les Javanais avaient une autre interprétation de ces combats : le tigre, rapide et féroce, était associé aux Européens, le buffle, lent et endurant, aux Javanais eux-mêmes. D’ordinaire, le buffle résistait au premier assaut et triomphait du tigre. van Rijn obtint une condamnation publique, sauva le condamné en demandant sa grâce, puis regarda l’animal qui représentait les Néerlandais perdre.
C’est pour un tel dénouement que l’Alun-Alun Utara était nécessaire : Hamengkubuwono I aménagea devant le Kraton un terrain d’exercice ouvert, où la cour, les habitants de la ville et les représentants étrangers voyaient en même temps une décision judiciaire, une revue militaire ou une cérémonie. Au milieu de la place se dressent encore deux banians entourés d’une clôture : Kyai Dewadaru à l’ouest et Kyai Wijayadaru à l’est. Les arènes et les cages pour tigres ont disparu depuis longtemps.
Pendant le Garebeg, les serviteurs du palais traversent de nouveau cette place. Ils portent à la grande mosquée de Kauman des gunungan, hautes pyramides de nourriture et de produits agricoles. La procession traverse ce même terrain d’exercice ouvert où Sasra Amijaya fut autrefois conduit et où sa condamnation à mort s’acheva par la victoire du buffle.
Sur place
Espace ouvert ; il n’existe pas d’horaires touristiques officiels.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La place reste un espace public et cérémoniel. Pendant les événements, ne coupez pas les processions et suivez les consignes de la sécurité ; un jour ordinaire, faites attention à la circulation sur les bords.
