Étape 5 sur 9

Kraton de Yogyakarta

Kagungan Dalem Kedhaton, Keraton Yogyakarta

Le pavillon du couronnement montrera pourquoi l’accord de la famille ne suffisait pas pour accéder au trône.

60 min
Le pavillon et la cour du Kraton de Yogyakarta.
Jakub Hałun · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Pavillon Manguntur Tangkil
  • Hall Sitihinggil
  • Toit du pavillon du couronnement

L’histoire du lieu

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Au-delà des murs du Kraton s’étend tout un monde palatial : la famille du sultan y vit, des cérémonies de cour s’y déroulent et les regalia y sont conservés. Le complexe est établi au milieu de l’axe urbain entre Tugu et Panggung Krapyak. Dans le hall Sitihinggil se trouve le pavillon Manguntur Tangkil ; son toit marque l’endroit où les plus importantes décisions du palais devenaient manifestes pour les personnes rassemblées. Plus tard, les services du palais passèrent sous l’autorité directe du sultan, et la fonction de premier ministre n’y fut plus rétablie.

Le dix-huit mars mille neuf cent quarante, Dorodjatun, âgé de vingt-huit ans, fut intronisé ici deux fois au cours d’une même cérémonie. Le fils du sultan défunt reçut d’abord le titre de prince héritier. Aussitôt après, il fut proclamé sultan Hamengkubuwono IX.

La cérémonie se déroula dans le pavillon Manguntur Tangkil, à l’intérieur du hall Sitihinggil. Kraton signifie « lieu du souverain » : c’est un complexe palatial ceint de murs, avec la résidence de la famille du sultan, des cours cérémonielles et des réserves de regalia. Hamengkubuwono I le plaça au centre d’un axe traversant la ville, de Tugu à Panggung Krapyak. À Manguntur Tangkil, la succession devenait un fait accompli.

Le père de Dorodjatun, le sultan Hamengkubuwono VIII, rappela son fils de Leyde lorsque la guerre éclata en Europe. À Batavia — c’est ainsi que Jakarta s’appelait alors — il lui remit le kris Joko Piturun, un poignard qui servait de signe du successeur choisi. Quatre jours plus tard, le sultan mourut. Les parents présents au palais acceptèrent de transmettre le trône à Dorodjatun, mais la seule volonté de la famille ne suffisait pas.

Lucien Adam, le gouverneur néerlandais de Yogyakarta, cherchait à obtenir du futur sultan qu’il signe un nouveau traité politique. Sans traité, l’administration coloniale n’autorisait pas le couronnement, et les finances de la cour dépendaient des versements néerlandais annuels. Dorodjatun ne pouvait obtenir le trône qu’avec des conditions qu’il jugeait dangereuses pour sa propre cour.

Le différend dura quatre mois. Le prince exigeait que le pepatih dalem — le premier ministre du sultanat — cesse de servir en même temps l’administration coloniale. Il refusait d’accepter des conseillers choisis par les Néerlandais et de placer la garde du palais sous leur commandement direct. Adam, âgé de soixante ans, ne céda sur aucun de ces points.

Puis Dorodjatun accepta soudain de signer les cinquante-neuf articles. Plus tard, il raconta avoir entendu une voix lui ordonnant d’accepter le traité : les Néerlandais n’auraient plus eu longtemps à rester à Java. C’était l’explication personnelle du sultan, impossible à vérifier. Six jours avant le couronnement, il signa les documents au palais, dans le pavillon Tratag Prabayeksa, et, selon ses propres mots, ne relut pas le texte.

Adam obtint le traité. Dorodjatun obtint le trône. Dans son premier discours, le nouveau sultan rappela qu’il avait reçu une éducation occidentale, mais qu’il restait javanais. Deux ans plus tard, les troupes japonaises chassèrent l’administration néerlandaise, et le traité signé perdit sa force. Hamengkubuwono IX plaça les services du palais directement sous son autorité, réduisit progressivement les attributions du pepatih, le premier ministre du sultanat, et, le premier août mille neuf cent quarante-cinq, mit à la retraite le dernier premier ministre. Aucun nouveau pepatih ne fut plus nommé au Kraton.

Manguntur Tangkil subsiste dans le hall Sitihinggil comme pavillon du couronnement. Son hall actuel fut reconstruit par Hamengkubuwono VIII, le père qui eut le temps de remettre le kris à son fils, mais mourut avant la désignation officielle de l’héritier. Sous ce toit, Dorodjatun franchit donc les deux étapes restantes l’une après l’autre : il devint d’abord prince héritier, puis sultan.

Sur place

Temps sur place60 min
Point suivantGrande mosquée de Kauman
Entréesur billet

Mardi–dimanche 08:30–14:30 ; fermé le lundi.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le Kraton demeure une résidence et un centre cérémoniel ; ne visitez donc que les zones ouvertes. Respectez les exigences concernant la tenue, les couvre-chefs, les prises de vue et le comportement ; renseignez-vous séparément sur les modalités d’accès actuelles.

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Où aller ensuite ?

Contournez la place par le sud et dirigez-vous vers la mosquée située sur son côté ouest.

Étape 5 sur 9Ensuite : Grande mosquée de Kauman

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Yogyakarta sultanienne et ville coloniale » — 9 étapes, 4,2 km, 4,5–5,5 h.

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