Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La façade de verre
- Le mot « Po-lin » sur la façade
- Le monument en face
L’histoire du lieu
La façade de verre du musée, face au monument aux héros du ghetto, porte en grandes lettres le mot Po-lin. Dans neuf salles est rassemblée la vie juive sur les terres polonaises, du Moyen Âge à l’époque actuelle. La catastrophe occupe une partie de ce parcours, puis l’exposition mène aux années d’après-guerre et à la vie actuelle de la communauté. La ville a remis le terrain du musée à l’initiative citoyenne près du monument, et le bâtiment comme l’exposition principale ont été financés par différents participants au projet.
Au printemps mille neuf cent quarante-cinq, des survivants de la résistance juive se réunirent pour la première fois sur cette place, parmi les ruines de Muranów. La plupart de leurs compagnons étaient morts, et l’ancien quartier n’existait plus. Les personnes réunies disaient qu’il fallait ici un musée. Il devait conserver non seulement les circonstances de la mort, mais aussi le monde qui avait péri avec les gens.
La construction ne commença pas alors. Des monuments apparurent, des immeubles d’habitation s’élevèrent autour, et le projet resta une conversation entre survivants. En mille neuf cent quatre-vingt-neuf, Marek Edelman, l’un des commandants survivants de l’insurrection du ghetto, rappela cette rencontre dans une lettre aux organisateurs d’une cérémonie commémorative. Grâce à sa lettre, on sait que l’idée d’un musée était née sur cette place avant même son aménagement d’après-guerre.
Le chemin concret vers le bâtiment actuel commença quatre ans après la lettre. Grażyna Pawlak, directrice adjointe du développement de l’Association de l'Institut historique juif de Pologne, se rendit à Washington pour l’inauguration du Musée mémorial de l'Holocauste des États-Unis. Elle vit comment une catastrophe historique tout entière pouvait être racontée par l’espace et les témoignages, et décida de compléter ce récit à Varsovie : montrer comment les Juifs polonais vivaient avant leur extermination, ce qu’ils créaient et pourquoi leur histoire se poursuivait depuis des siècles.
Pawlak n’avait ni bâtiment, ni collection, ni budget de l’État. Pendant douze ans, le projet resta une initiative citoyenne. Elle s’adressa à Yehuda Weinberg, spécialiste des musées qui avait dirigé la création de l’exposition de Washington. Weinberg accepta d’aider. Les historiens commencèrent à concevoir la future exposition avant que les architectes ne reçoivent la commande des murs qui l’entoureraient.
En mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept, Varsovie remit à l’Association de l'Institut historique juif de Pologne un terrain près du monument aux héros du ghetto. Le lieu fut choisi délibérément : c’était ici que se trouvait le centre du quartier juif d’avant-guerre, que les Allemands avaient créé le ghetto, et que les survivants avaient parlé pour la première fois d’un musée. En deux mille cinq, la ville, le ministère de la Culture et l’Association de l'Institut historique juif de Pologne fondèrent conjointement le musée. La ville et le ministère financèrent le bâtiment, tandis que l’Association réunit les dons pour l’exposition principale. Le vingt-huit octobre deux mille quatorze, l’exposition principale fut inaugurée.
À l’intérieur, le visiteur traverse neuf galeries, du Moyen Âge à l’époque contemporaine. L’Holocauste en occupe une ; après elle, le récit se poursuit avec les années d’après-guerre et la vie juive d’aujourd’hui. Ainsi se réalisa le projet initial de Pawlak : donner à l’extermination une place précise dans l’histoire, sans en faire l’unique histoire des Juifs polonais.
Le mot « Po-lin » sur la façade de verre explique d’où se comptent ces mille ans. Selon une légende juive, les Juifs arrivés sur les terres polonaises divisèrent le nom du pays en deux anciens mots hébreux, « Po-lin », c’est-à-dire « repose-toi ici », et y virent la promesse d’un refuge. C’est une légende, et non un récit documenté de la première migration. Dans le musée, elle ouvre la toute première galerie.
Sur cette place, le projet des survivants a pris une forme précise : face au monument aux morts se dresse un bâtiment dont la façade répète le mot de la légende sur l’arrivée. Après la galerie de l’Holocauste, le parcours se poursuit à l’intérieur.
Sur place
Lun, mer, jeu, ven, dim 10:00–18:00 ; sam 10:00–20:00 ; mar fermé. Dernière entrée à l’exposition permanente — 2 heures avant la fermeture. Le jeudi, l’entrée est gratuite, mais le musée demande de réserver en ligne.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade est accessible pour une visite libre depuis la place. Prévoyez l’exposition permanente et la reconstruction en bois comme une visite de musée distincte.
