Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le tertre fait de débris
- La pierre commémorative
- La dalle portant les noms
L’histoire du lieu
Les maisons dont les caves furent réunies ici en un seul refuge ont disparu depuis longtemps. En bas, on avait installé l’eau et l’électricité, aménagé une cuisine, des couchages et des sorties cachées ; au départ, les contrebandiers gardaient le refuge pour leurs familles et leurs complices. Après la guerre, un tertre fut élevé au-dessus du vide avec les débris des bâtiments voisins. Près de la pierre commémorative se trouve une dalle portant les noms de ceux qu’il a été possible d’identifier, mais le souterrain lui-même ne se distingue plus sous le tertre.
L’adresse « Miła, dix-huit » est une adresse d’avant-guerre. Aujourd’hui, cet endroit correspond à une parcelle près du croisement des rues Miła et Dubois ; l’actuelle maison portant le numéro dix-huit se trouve bien plus à l’ouest.
Le refuge souterrain fut aménagé par des contrebandiers du ghetto de Varsovie. Ils relièrent les caves de plusieurs maisons, y installèrent l’électricité et l’eau, aménagèrent une cuisine, des chambres pour dormir et plusieurs sorties camouflées. Le refuge était destiné à leurs familles et à leurs complices en cas de rafle. Lorsque les Allemands découvrirent l’ancien état-major de l’Organisation juive de combat, au vingt-neuf de la rue Miła, le propriétaire du bunker d’ici accepta d’accueillir le commandement des insurgés.
Au début de mai mille neuf cent quarante-trois, environ trois cents combattants et civils s’entassaient dans des locaux prévus pour quelques dizaines de personnes. Mordechaj Anielewicz, commandant de l’insurrection, tentait de préserver les unités restantes et de trouver une issue au ghetto encerclé. Sa compagne et agente de liaison, Mira Fuchrer, se trouvait ici avec lui.
Le huit mai, des unités allemandes encerclèrent la maison et bloquèrent les cinq sorties connues. Après l’ordre de se rendre, environ deux cents civils sortirent. Les membres de l’état-major et près de cent vingt combattants restèrent. Lorsque les Allemands commencèrent à remplir le refuge de gaz, Arie Wilner, membre de l’état-major, appela ses camarades à ne pas se laisser prendre vivants et à garder leurs dernières balles pour eux-mêmes. Certains se tirèrent une balle ou prirent du poison.
La formule « suicide collectif » ne décrit qu’une partie de ce qui s’est passé. Tosia Altman, agente de liaison de l’état-major, qui réussit à sortir, racontait qu’Anielewicz était opposé au suicide collectif. Il espérait encore tenir et conseillait de se couvrir le visage d’un tissu mouillé : il avait lu que les soldats se protégeaient ainsi du gaz pendant la Première Guerre mondiale. Quelques dizaines de personnes trouvèrent une sixième sortie, que les Allemands n’avaient pas remarquée, gagnèrent les ruines voisines et rejoignirent les combattants survivants dans un autre refuge.
Anielewicz, Mira Fuchrer et la plupart de ceux qui étaient restés ici périrent. Les uns suffoquèrent, les autres se donnèrent la mort ; les circonstances exactes de la mort du commandant lui-même restent inconnues.
Après la guerre, les corps ne furent pas exhumés. En mille neuf cent quarante-six, le Comité central des Juifs de Pologne éleva, au-dessus du refuge détruit, un tertre fait des débris des maisons alentour et plaça une pierre commémorative au sommet. C’est ainsi qu’apparut le tertre Anielewicz : il porte le nom du commandant qui mourut ici avec l’état-major, et ne désigne pas sa tombe individuelle.
Cinquante et un noms sont gravés sur la dalle au pied du tertre. Ce sont les noms des combattants qu’il a été possible d’identifier, et non une liste complète des morts. Aujourd’hui, on ne peut plus rien voir du souterrain lui-même : la maison, les entrées et les pièces ont disparu, tandis que l’adresse d’avant-guerre est restée sur la dalle commémorative.
Sur place
Ce mémorial en plein air, dans un quartier résidentiel, est accessible sans billet ; l’accès aux zones de fouilles peut être fermé par des barrières.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Restez sur le chemin accessible et ne montez pas sur le tertre : sous celui-ci se trouve le lieu où des personnes sont mortes, et non un point de vue.
