Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les portes principales
- Deux fontaines aux bords de la cour
- L'escalier du palais
L’histoire du lieu
La cour d'apparat de Schönbrunn s'appelle l'Ehrenhof, la cour d'honneur. Les équipages entraient ici par les portes principales, et, sur l'espace dégagé devant l'escalier du palais, on accueillait les invités et on rangeait les troupes. Deux fontaines sont repoussées vers les bords afin que le centre reste libre. À l'automne de mille huit cent neuf, Napoléon Bonaparte tira parti de cette disposition.
L'armée française occupa Vienne, et Napoléon s'installa dans la résidence d'été des Habsbourg ; il cherchait à imposer à l'Autriche vaincue un traité de paix à ses conditions. Le matin, il sortait sur l'escalier du côté de l'Ehrenhof et passait les troupes en revue. Des billets étaient vendus pour ces revues : les Viennois venaient dans la cour voir cet homme qui, d'ordinaire, paraissait rarement en public.
Friedrich Staps, fils de dix-sept ans d'un pasteur luthérien de Naumburg, obtint l'un de ces billets. Depuis l'âge de quatorze ans, il apprenait le commerce dans une usine à Erfurt et se préparait à vivre du négoce. Un an auparavant, Staps avait vu Napoléon lors d'une rencontre de monarques européens et l'avait admiré. Puis les guerres continuèrent, les troupes françaises soumirent une grande partie des territoires allemands, et l'apprenti décida que la mort de l'empereur y mettrait fin. Avant son départ, il écrivit à ses parents qu'il allait accomplir la promesse faite à Dieu et qu'il comptait sacrifier sa propre vie.
Le douze octobre, Staps vint à l'Ehrenhof avec un couteau de cuisine aiguisé comme un rasoir. Au lieu d'un fourreau, il avait enveloppé la lame dans du papier gris et l'avait ficelée. Pendant que les troupes défilaient devant le palais, le jeune homme tenta à deux reprises de s'approcher de Napoléon, comme s'il voulait remettre une requête. L'aide de camp de l'empereur, le général Jean Rapp, remarqua son insistance et ordonna son arrestation. Lors de la fouille, on trouva le couteau.
Pendant l'interrogatoire, Staps ne nia pas son dessein et déclara avoir agi seul. Napoléon le prit d'abord pour un malade mental, puis lui proposa de lui laisser la vie sauve s'il demandait sa grâce. Staps refusa et avertit que, libre, il recommencerait. Le tribunal militaire le condamna à être fusillé ; la sentence fut exécutée le seize octobre.
Napoléon ordonna de cacher ce qui s'était passé. Il écrivit au ministre de la Police qu'il n'avait lui-même rien remarqué et que, si la nouvelle venait malgré tout à se répandre, il fallait déclarer le jeune homme fou. Après la tentative d'assassinat, on cessa de vendre des billets pour les revues au palais.
Il n'y a pas de monument à Staps ici. Il reste les portes principales, le vaste espace entre les fontaines et l'escalier du palais où Napoléon passait les troupes en revue. Entre cet escalier et les portes, des officiers arrêtèrent l'apprenti commerçant venu à une revue payante avec un couteau de cuisine.
Sur place
Accessible pendant les heures d'ouverture du parc : tous les jours à partir de 6:30 ; fermeture selon les mois entre 17:30 et 21:00. L'entrée du parc est libre.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Arrêtez-vous au bord de la cour sans bloquer le passage vers le palais ; tous les éléments du récit sont visibles de l'extérieur.
