Étape 8 sur 8

ghat de Manikarnika

Manikarnika Mahashmashan Ghat

La fin expliquera comment un différend familial au sujet d’un paiement a assuré à une communauté une portion distincte de rive.

20 min
Le ghat de Manikarnika, avec des bûchers fumants et des bateaux sur le Gange
Michal Huniewicz · CC BY 3.0; cropped/resized for app
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0 sur 8 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La Punjabi Chabutra surélevée
  • Le kund de Manikarnika
  • La pierre Charan Paduka
  • Les piles de bois

L’histoire du lieu

Taille du texte

La rive du Gange à Manikarnika sert aux crémations hindoues. La mort ici est associée au moksha, la libération du défunt du cycle des nouvelles naissances. Au-dessus de la rive subsiste l’ancien bassin du kund de Manikarnika, et l’on vénère tout près Charan Paduka, une pierre portant l’empreinte du pied de Vishnou. Les traditions sur le bassin et l’ornement d’oreille perdu expliquent le nom de ce ghat.

Manikarnika est organisée en plusieurs secteurs voisins, aux droits et aux obligations différents. Sur les aires de crémation, on prépare les bûchers ; au-dessus et derrière elles, on entrepose et vend le bois, tandis qu’au bord du fleuve se déroulent les rites. Le corps est habituellement plongé brièvement dans le Gange, puis porté sur le bûcher. Le parent qui dirige la cérémonie reçoit le feu des doms, les familles qui détiennent des droits héréditaires de gestion des aires. La famille dom de permanence ce jour-là fournit la flamme, reçoit le paiement et surveille la crémation. Le bois s’achète séparément. Après la crémation, les restes sont emportés dans le fleuve.

Le paiement du feu fut un jour à l’origine de l’achat de toute une portion de rive. Des ethnographes l’ont consigné comme une tradition locale, et non comme une transaction confirmée par un contrat conservé.

Au dix-huitième siècle, le riche marchand pendjabi Lala Kashmiri Mal apporta le corps de sa mère au ghat de Harishchandra, un autre lieu de crémation de Varanasi. Les préposés exigèrent une somme qu’il jugea excessive. Ce fut un moment difficile pour la famille : tant que les parties se disputaient, le dernier rite pour sa mère restait inachevé. Kashmiri Mal pouvait payer — le commerce l’avait enrichi —, mais il ne voulut pas laisser aux gestionnaires le droit de fixer n’importe quel prix.

Il porta le corps à Manikarnika et y acheta un emplacement de crémation. Selon la tradition, son argent servit de mesure à la parcelle : le marchand recouvrit une partie de la rive de pièces d’or. Sur le terrain acquis, sa mère fut enfin brûlée, et Kashmiri Mal réserva l’aire à sa communauté.

C’est ainsi qu’apparut la Punjabi Chabutra, ou la Punjabi Chabutra : une plateforme de crémation surélevée pour les originaires du Pendjab et les membres de la communauté marchande khatri. Hindous et sikhs l’utilisaient ; plus tard, des Sindhis qui leur étaient liés y furent également admis. Le droit à une aire distincte survécut au marchand lui-même comme aux pièces dont, dit-on, il avait mesuré le terrain. La plateforme est administrée par l’association « Khatri Samaj » : pour les funérailles, elle est ouverte avec une clé.

Kashmiri Mal tenait à obtenir un emplacement précisément à Manikarnika parce que, dans la tradition hindoue, la crémation ici est associée au moksha, la libération du défunt des nouvelles naissances. On considère que Shiva prononce à l’oreille du mort le taraka-mantra, qui aide à passer au-delà de l’existence terrestre. C’est pourquoi le feu entretenu par les doms s’achète comme une partie nécessaire du rite, et non comme un simple tison.

L’oreille est aussi présente dans le nom du ghat. « Mani » signifie une pierre précieuse, « karnika », un ornement d’oreille. Les traditions divergent dans leurs détails. Selon l’une d’elles, Vishnou creusa ici un bassin sacré avec son disque et y pratiqua l’ascèse ; lorsque Shiva inclina la tête, son ornement tomba dans l’eau. Une autre version attribue la boucle d’oreille perdue à Parvati ou à Sati. Ce sont des récits religieux, et non une histoire établie de l’origine du nom. Le kund de Manikarnika, ancien bassin au-dessus des aires de crémation, et Charan Paduka, une pierre vénérée comme l’empreinte du pied de Vishnou, en sont les repères matériels.

Il n’y a pas de pièces d’or de Kashmiri Mal sur la rive. Leur place a été prise par la Punjabi Chabutra verrouillée : le droit acheté pour les funérailles d’une mère est encore ouvert avec une clé pour les processions funéraires suivantes.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréede l’extérieur

Le ghat est ouvert comme espace de crémation ; le portail municipal officiel indique que les crémations ont lieu jour et nuit. L’accès des spectateurs est limité par les rites, les travaux, les crues et les instructions de la police.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Restez à distance des corps, des proches et des travailleurs ; ne photographiez pas les rites, ne gênez pas le transport du bois et ne marchandez pas pour obtenir une vue rapprochée.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

La promenade s’achèvera à la Punjabi Chabutra, un droit qui est encore ouvert avec une clé.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Les ruelles des temples de Varanasi : de Godaulia au ghat de Manikarnika » — 8 étapes, environ 2 km, 2–3 heures.

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