Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les cinq voiles blanches du toit
- Le côté ouest de la jetée
- Les quais du terminal de croisière
L’histoire du lieu
Les cinq voiles blanches au-dessus de l’eau apparurent comme le toit du pavillon canadien de l’Exposition universelle de mille neuf cent quatre-vingt-six. Le complexe fut installé sur des pilotis à côté du Pier B-C, qui accueillait depuis mille neuf cent vingt-sept des paquebots transpacifiques. Sous la salle d’exposition, on aménagea aussitôt une gare maritime avec des services de bagages, la douane et le contrôle des passeports, puis un centre de congrès ouvrit plus tard à l’étage supérieur. Aujourd’hui, des navires de croisière s’amarrent le long du bâtiment blanc.
Le vingt-trois mai mille neuf cent quatorze, l’entrepreneur sikh Gurdit Singh amena à Vancouver le vapeur japonais Komagata Maru, qu’il avait affrété. Singh gagnait de l’argent grâce à des contrats ferroviaires et à des plantations de caoutchouc en Malaisie. Il voulait alors vérifier si les autorités canadiennes pouvaient fermer le port à des personnes qui, comme les Canadiens eux-mêmes, étaient considérées comme des sujets de l’Empire britannique.
À bord se trouvaient trois cent soixante-seize passagers, principalement originaires du Pendjab. Beaucoup espéraient trouver du travail dans les scieries et sur les chantiers de Colombie-Britannique : des migrants arrivés avant eux écrivaient chez eux qu’on y payait beaucoup plus qu’en Inde. Ces personnes achetèrent leurs billets à Singh et partirent, en passant par Hong Kong et des ports japonais, vers la côte canadienne.
Le Canada avait imposé à l’avance à ces migrants une condition presque impossible à remplir. Selon la règle de mille neuf cent huit, un immigrant devait arriver depuis son pays de naissance sans correspondance, avec un billet direct acheté à l’avance, et avoir deux cents dollars sur lui. Il n’existait aucun trajet direct entre l’Inde et le Canada, et les compagnies maritimes ne vendaient pas de billets directs. Singh affréta donc un navire entier : le voyage devait amener les passagers à Vancouver tout en soumettant cette règle à l’examen des tribunaux.
Le Komagata Maru fut mis au mouillage près du quai du Chemin de fer Canadien Pacifique, à côté de l’actuel côté ouest de Canada Place. Les inspecteurs de l’immigration interdirent au vapeur d’accoster. Seuls quelques anciens résidents du Canada, le médecin de bord et sa famille descendirent à terre. Les autres passèrent deux mois à bord. Les réserves d’eau et de nourriture s’épuisaient, et les communications avec les sympathisants à terre étaient limitées.
La communauté sud-asiatique de Vancouver réunit de l’argent, paya une partie de l’affrètement et engagea un avocat. Pour l’examen judiciaire, on choisit l’affaire de l’un des passagers. Les juges confirmèrent la décision des autorités de l’immigration, et les passagers reçurent des ordres d’expulsion.
Ils refusèrent de partir tant que le navire ne serait pas approvisionné de tout le nécessaire pour le voyage de retour. Le dix-neuf juillet, environ cent cinquante policiers tentèrent de monter à bord depuis le remorqueur portuaire Sea Lion. Les passagers repoussèrent l’assaut avec des morceaux de charbon et de brique. Le lendemain, le croiseur militaire canadien HMCS Rainbow s’approcha du vapeur. Après des négociations, on livra de l’eau et de la nourriture au navire, puis, le vingt-trois juillet, on le fit sortir du port.
Le retour se termina à Budge Budge, près de Calcutta. La police britannique décida d’arrêter Singh et les autres organisateurs, tandis qu’elle tentait d’envoyer les autres sous escorte, en train, vers le Pendjab. Lors de l’affrontement, les policiers ouvrirent le feu : dix-neuf passagers moururent, et beaucoup furent arrêtés ou placés sous surveillance. Gurdit Singh s’enfuit, se cacha pendant sept ans, puis se rendit et passa cinq ans en prison.
Canada Place lui-même apparut bien plus tard. Il fut construit sur les pilotis du Pier B-C voisin, ouvert en mille neuf cent vingt-sept pour les paquebots transpacifiques. Cinq voiles blanches couvrirent le pavillon canadien de l’Exposition universelle de mille neuf cent quatre-vingt-six ; sous la salle d’exposition, on aménagea aussitôt une gare maritime avec des services de bagages, la douane et le contrôle des passeports. Après l’exposition, un centre de congrès ouvrit à l’étage supérieur, tandis que le terminal de croisière fut conservé en bas. Les paquebots actuels s’amarrent le long du complexe blanc. Le Komagata Maru resta deux mois à flot près de son côté ouest et ne s’approcha jamais du quai.
Sur place
Les promenades extérieures sont accessibles comme partie intégrante du complexe ; la promenade basse est officiellement reliée au parcours longeant Coal Harbour, et un ascenseur mène au niveau supérieur. En raison des croisières, des conférences, des jours fériés et des événements privés, certains secteurs peuvent être fermés.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Restez sur la promenade extérieure accessible ; lors des croisières et des événements, certains passages peuvent être fermés.
