Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plaque commémorative
- Plan de Park Lane sur la plaque
- Passage à l’est de la rue Main
- Façades des maisons de la rue Union
L’histoire du lieu
Hogan ne vivait pas ici. Hogan’s Alley désignait l’étroite Park Lane en terre, qui s’étendait entre la rue Union et la rue Prior, de la rue Main à l’avenue Jackson. Le surnom était déjà employé en mille neuf cent quatorze. Les historiens le rattachent à une bande dessinée de journal sur un quartier pauvre de New York : le nom d’une ruelle fictive fut transféré à cette partie de Vancouver, d’abord avec une connotation méprisante.
Deux gares se trouvaient à proximité. Des hommes noirs y trouvaient un emploi comme porteurs de wagons-lits : c’était l’une des rares professions qui leur étaient accessibles. Les propriétaires les empêchaient souvent de trouver un logement dans d’autres quartiers ; des familles, une communauté religieuse et des entreprises indépendantes se formèrent donc près de Park Lane. Le nom de la ruelle en vint peu à peu à désigner tout ce petit quartier.
Sur son côté nord, au deux cent neuf de la rue Union, Vie Moore, que tout le monde appelait Vie, et son mari Bob ouvrirent en mille neuf cent quarante-huit le restaurant Vie’s Chicken and Steaks. La salle à manger occupait le rez-de-chaussée d’une petite maison d’habitation. Vie proposait un menu court : poulet frit, steaks, pommes de terre, salade, petits pois et biscuits frais. Le restaurant était ouvert de cinq heures du soir à cinq heures du matin. Vie cuisinait, ses parentes servaient aux tables ; elle recrutait aussi les autres employées parmi les femmes du quartier.
Ces horaires déterminèrent la clientèle. Après minuit, des chauffeurs de taxi, des vendeurs de journaux, des policiers après leur service et des artistes après leurs prestations dans les clubs de la ville venaient ici. Ella Fitzgerald, Duke Ellington et Sammy Davis Jr. se sont attablés chez Vie, mais les célébrités recevaient le même menu que les cheminots et les voisins. Vie quittait elle-même la cuisine pour aller voir les visiteurs. Le restaurant devint le gagne-pain de la famille, donna du travail aux femmes du quartier et amena rue Union des gens qui, auparavant, ne se retrouvaient presque nulle part ailleurs dans la ville à des tables voisines.
Lorsque les pâtés de maisons au sud du restaurant furent déblayés pour le viaduc, le deux cent neuf survécut à la lisière de la bande de chantier. Vie continua à cuisiner jusqu’à sa mort en mille neuf cent soixante-quinze. Sa fille, Adeline Clark, reprit ensuite l’affaire ; à l’automne mille neuf cent soixante-dix-neuf, elle ferma le restaurant.
La maison elle-même fut démolie plus tard. La plaque installée dans le passage à l’est de la rue Main se trouve près de l’ancienne adresse : elle montre la forme de Park Lane et indique le pâté de maisons où se trouvait le restaurant de Vie. Ni sa salle ni sa cuisine ne sont plus ici.
Sur place
Tronçon de rue résidentiel ; venez de jour et n’entrez pas dans les cours. Le point a été repositionné vers la plaque près de l’ancien passage.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez le récit depuis la rue ouverte au public : n’entrez pas sur les terrains vacants, sous les viaducs en dehors des passages ou sur le territoire ferroviaire.
