Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bas volume
- Petites fenêtres
- Entrées latérales
- Vitraux au-dessus de l’autel
L’histoire du lieu
Le nom du cerro Concepción vient au coteau du fort La Concepción, construit à la fin du dix-septième siècle pour défendre le port. Le fort a disparu, mais son nom est resté attaché au quartier où s’installèrent, au dix-neuvième siècle, des personnes venues du Royaume-Uni et d’Allemagne.
Les anglicans se réunissaient ici dans des maisons et des salles de classe. Parmi les paroissiens figuraient des capitaines et des négociants, des artisans navals, des forgerons, des mécaniciens, des accordeurs de pianos : des gens qui gagnaient leur vie dans la ville portuaire. Ils devaient cacher leur église : la constitution chilienne reconnaissait le catholicisme comme religion d’État et interdisait l’exercice public des autres cultes.
En mille huit cent cinquante-sept, le consul britannique William Rouse entreprit de réunir des fonds et d’acquérir un terrain sur le coteau, près des maisons des paroissiens. Lorsque la construction commença, les journaux annoncèrent que les Anglais élevaient une chapelle protestante et violaient donc la constitution.
C’est Manuel Valenzuela Castillo, intendant de Valparaiso — administrateur d’État de la province — qui dut décider du sort du bâtiment. Le onze mars mille huit cent cinquante-huit, il écrivit au ministre de l’Intérieur qu’il ne pouvait pas arrêter les travaux. De l’extérieur, expliquait l’intendant, la construction ne ressemblait pas à une église, et la constitution autorisait les réunions privées.
Cet argument sauva le chantier. Le bas volume, les petites fenêtres, l’absence de tour, de clocher, de croix extérieure et de porte principale servaient de preuve que cet endroit était censé être un local privé. Deux entrées furent aménagées sur le côté. La même année, l’église fut achevée, et la communauté anglicane obtint un lieu permanent pour les offices, les mariages et les baptêmes. Ce n’est que sept ans plus tard que la loi autorisa les non-catholiques à célébrer des offices à l’intérieur de bâtiments privés, légalisant ainsi l’ordre qui existait déjà ici.
Le temple est dédié à Paul de Tarse, prédicateur des premiers temps du christianisme qui s’adressait aux peuples extérieurs à la communauté juive. Les anglicans le choisirent comme patron de l’église et, en mille huit cent quatre-vingt-trois, placèrent au-dessus de l’autel des vitraux représentant des épisodes de sa vie.
Depuis mille neuf cent seize, l’église anglicane Saint-Paul est la première cathédrale anglicane du Chili. Elle n’a toujours ni tour ni porte principale : on entre dans la cathédrale par ces mêmes ouvertures latérales que l’intendant avait invoquées lorsqu’il avait permis d’achever la construction.
Sur place
Accessible de l’extérieur comme une rue ; l’intérieur dépend des offices, des concerts et des annonces de la communauté.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne considérez pas l’intérieur comme une partie garantie de l’itinéraire. Si l’église est ouverte, entrez discrètement ; regardez l’orgue, les vitraux et les plaques commémoratives sans gêner l’office.
