Étape 8 sur 8

tours de Serranos

Torres de Serranos

Une évacuation militaire reliera les portes gothiques au destin de la collection du musée du Prado.

18 min
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Deux tours polygonales
  • Arche centrale
  • Galeries ouvertes du côté de la ville
  • Voûtes de pierre du niveau inférieur

L’histoire du lieu

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Du côté de la ville, des galeries s’ouvrent dans les portes, et sous l’arche centrale se trouve le niveau inférieur aux voûtes de pierre. Les épais murs firent un jour des salles intérieures un dépôt protégé : un plafond provisoire en béton armé fut construit au-dessus des voûtes et recouvert de balles de riz et de terre. Cette protection fut ensuite démontée ; dans les salles ouvertes, on ne voit donc plus ni la voûte supplémentaire ni les couches qui la dissimulaient depuis l’intérieur.

Deux tours polygonales sont reliées par une seule arche : ce sont les principales portes nord de l’enceinte chrétienne de Valence. Les conseillers municipaux chargèrent le maître maçon Pere Balaguer de les ériger entre mille trois cent quatre-vingt-douze et mille trois cent quatre-vingt-dix-huit. Les routes de Saragosse, de Barcelone et de la région montagneuse de Los Serranos convergeaient ici. L’origine du nom n’est pas établie de façon définitive : on l’associe le plus souvent aux voyageurs venant de là, que les Valenciens appelaient serranos ; une autre version évoque la famille Serranos, qui vivait à proximité.

Le cinq novembre mille neuf cent trente-six, la direction du musée du Prado reçut l’ordre d’évacuer de Madrid les œuvres majeures. Des bombes tombaient déjà sur la capitale. Le premier convoi nocturne partit pour Valence le dix novembre sous escorte militaire et, six jours plus tard, des impacts endommagèrent le bâtiment même du musée du Prado. Le danger à l’origine du transport était tout à fait littéral.

Aux tours de Serranos, José Lino Vaamonde accueillit le chargement : cet architecte-conservateur du musée du Prado était responsable de la protection technique de la collection. Les épais murs médiévaux protégeaient des éclats, mais la maçonnerie de pierre ne suffisait pas. En cas d’impact direct, les voûtes supérieures risquaient de s’effondrer sur les caisses de tableaux. Et si l’on fermait hermétiquement les locaux humides, l’humidité abîmerait les toiles et les châssis en bois.

Vaamonde installa les œuvres au niveau inférieur et, en décembre, ordonna de construire au-dessus d’elles une voûte supplémentaire en béton armé, épaisse de quatre-vingt-dix centimètres. On versa sur le béton un mètre de balles de riz, capables d’amortir le choc des débris tombants, puis un mètre de terre. Une autre couche de terre fut déposée à l’étage supérieur, les terrasses furent recouvertes de sacs et des appareils électriques furent installés dans les salles pour surveiller l’humidité et la température. Cela formait un dépôt protégé à l’intérieur des portes gothiques.

Dans une tour, on conservait des centaines de toiles, parmi lesquelles Le 2 mai 1808 de Goya, Le Christ crucifié de Velázquez et Vénus de Titien. Dans l’autre, des tapisseries de palais furent étalées sur une plateforme spécialement aménagée. Pour Vaamonde, une erreur de calcul aurait signifié la destruction de la collection, soit par l’explosion, soit par la protection elle-même, si le béton, la terre ou l’humidité atteignaient les œuvres avant la bombe.

À l’été mille neuf cent trente-sept, le dépôt fut inspecté par Frederic Kenyon, ancien directeur du British Museum. Les tableaux, les livres et les tapisseries étaient restés en bon état. Au printemps suivant, la ligne des combats se rapprocha des routes vers la Catalogne, et les conservateurs rechargèrent la collection dans des véhicules. Elle quitta Valence pour la Catalogne, puis pour Genève, et revint au musée du Prado le neuf septembre mille neuf cent trente-neuf, presque sans pertes.

La voûte en béton armé de Vaamonde fut plus tard démontée avec les balles de riz et la terre. Cette protection n’existe plus dans les salles aujourd’hui ouvertes. Les tableaux se trouvaient au niveau inférieur de ces mêmes tours, sous un plafond provisoire que des hommes avaient construit à l’intérieur des portes médiévales et retiré après qu’il eut accompli son unique tâche.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréede l’extérieur

L’essentiel de l’ensemble se voit bien de l’extérieur. Si vous choisissez de monter, renseignez-vous à l’avance sur l’accès et tenez compte des escaliers ; même sans entrer, l’histoire du dépôt militaire reste compréhensible grâce à l’ampleur des murs.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Ici, la promenade s’achèvera aux portes nord de l’ancienne Valence.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« El Carme : portes, remparts et strates urbaines » — 8 étapes, environ 2,6 km, 2-3 heures.

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