Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux tours de brique
- Larges passages pour les chariots
- Passages étroits pour les piétons
- Cour intérieure
L’histoire du lieu
Entre les deux tours de brique est conservée l’entrée nord de l’Augusta Taurinorum romaine. Deux larges passages étaient destinés aux chariots, tandis que les piétons empruntaient deux passages étroits ; dans la cour intérieure, les arrivants étaient arrêtés pour être contrôlés. Le nom « Palatina » est probablement associé à un palais qui se dressait quelque part près de l’actuel Largo IV Marzo, bien que les historiens ne sachent pas quel bâtiment donna précisément ce nom aux portes. Au dix-neuvième siècle, les passages centraux furent rouverts après la démolition des annexes tardives.
Le six juin mille sept cent quatre-vingt-onze, Giuseppe Parena fut enfermé derrière ces tours. Il étudiait la chirurgie et apprenait le métier auprès d’un médecin en exercice. Après que la prostituée Vittoria Fontana, surnommée la Belle Cabassina, l’eut volé, selon le dossier de l’affaire, Parena la frappa. Fontana réclamait une sanction pour la gifle, et Lorenzo Oddono l’aida : ce barbier et informateur du vicariat municipal parvint à faire arrêter l’étudiant.
À cette époque, les portes romaines servaient déjà de prison depuis sept décennies. En mille sept cent vingt-quatre, le roi Vittorio Amedeo II céda les tours à la ville, à condition d’y installer la garde et les cellules du vicariat sans modifier la forme extérieure de l’édifice. Les ouvertures antiques se retrouvèrent donc à l’intérieur du complexe pénitentiaire, et les tours reçurent le nouveau nom urbain de Porta Palatina.
Ce qui indigna les camarades de Parena n’était pas le motif même de la querelle. Les étudiants de l’université de Turin jouissaient d’un privilège de juridiction : leurs fautes devaient être examinées par l’université, et non par les fonctionnaires municipaux. Si l’assesseur adjoint Antonio Zappa pouvait envoyer un apprenti chirurgien dans une prison ordinaire, ce privilège cessait de valoir quoi que ce soit.
Les sources divergent sur un point important. Selon une version, Zappa protégeait Fontana et utilisa sciemment les faux témoignages d’Oddono. Selon une autre, Oddono trompa Zappa lui-même. La suite est mieux établie : les étudiants exigèrent la libération de Parena, s’armèrent et se dirigèrent vers la Porta Palatina. Des artisans et de petits commerçants se joignirent à eux. Du six au dix juin, la foule assiégea la prison, et des soldats lui barrèrent la route.
Moins de deux ans s’étaient écoulés depuis la prise de la Bastille ; la cour de Savoie prit donc au sérieux l’attaque contre la prison municipale. Les troupes furent retirées et Parena fut libéré. Zappa présenta des excuses publiques dans la cour de l’université et perdit son poste. Oddono et Fontana furent arrêtés et exposés au pilori.
La prison elle-même changea aussi. Afin qu’un nouvel assaut ne se produise pas, les détenus hommes furent transférés d’ici vers des prisons pénales. Dans les tours, on laissa les femmes condamnées pour des délits mineurs.
À l’origine, l’entrée nord de l’Augusta Taurinorum romaine se trouvait ici : deux larges passages pour les chariots, deux passages étroits pour les piétons et une cour intérieure où l’on pouvait arrêter et contrôler les arrivants. Le nom médiéval « Palatina » signifiait probablement la porte près d’un palais qui se dressait quelque part vers l’actuel Largo IV Marzo ; les historiens n’ont pas établi avec certitude quel bâtiment lui donna ce nom.
Au dix-neuvième siècle, les annexes de la prison furent démolies et les passages centraux rouverts. Il n’y a plus de cellules ici, mais les tours de brique devant nous sont bien la Porta Palatina vers laquelle les étudiants vinrent chercher l’apprenti chirurgien.
Sur place
La zone archéologique se visite en permanence depuis l’extérieur ; des barrières locales sont possibles lors de travaux et d’événements.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les portes de plusieurs côtés afin d’en voir le volume et les traces des différentes périodes. Ne prenez pas les souverains en bronze pour des découvertes de l’époque romaine : il s’agit d’un ajout tardif.
