Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Dôme couvert de tuiles vertes
- Deux cours intérieures
- Stèles funéraires en marbre
- Caisson en bois décoré
L’histoire du lieu
Dans la salle principale de Tourbet El Bey, avant toute tombe de bey, fut placé le caisson en bois décoré de Hassan al-Charif, un homme pieux vénéré par les premiers Husseinites. Il n’est pas établi avec certitude qu’il ait réellement été enterré sous ce caisson : certains chercheurs y voient une tombe, d’autres un cénotaphe, un monument funéraire commémoratif sans dépouille. Il fut placé ici pour la bénédiction associée à cet homme vénéré : elle devait protéger le futur mausolée familial.
Ali II Bey, fils du fondateur de la dynastie des Husseinites, en commanda la construction. Son père, Hussein Ben Ali, perdit le trône dans une lutte contre son propre neveu, Ali Pacha. Hussein fut capturé près de Kairouan et décapité ; sa tête fut apportée à Tunis et enterrée près de Sidi Kacem. Les fils de l’homme assassiné, Mohamed Rachid et Ali, se retrouvèrent à Alger et dépendaient du soutien du dey local. En mille sept cent cinquante-six, ils revinrent avec une armée, vainquirent Ali Pacha et rendirent le trône à leur branche de la famille. Mohamed Rachid, le frère aîné, régna d’abord, puis Ali devint bey après sa mort.
Vers mille sept cent soixante-dix, Ali commença à construire ici une nouvelle nécropole. Le mot « tourba » signifie mausolée familial, et « bey » est le titre du souverain tunisien. La construction fut achevée en mille sept cent soixante-dix-sept. Ali céda des terres et des biens immobiliers à un waqf, un don perpétuel dont les revenus ne pouvaient être retirés par les héritiers. Cet argent servait à entretenir le bâtiment, à payer le gardien et les lecteurs du Coran, et à organiser des cérémonies commémoratives. Ali assurait ainsi d’avance à sa future tombe à la fois un lieu et les personnes qui devaient y servir après sa mort.
En même temps, il décidait qui organiserait ses funérailles. Son frère défunt voulait que le trône revienne un jour à ses fils, Mahmoud et Ismaïl. Ali promit de veiller sur ses neveux, mais préparait son propre fils, Hammouda, à lui succéder. Il lui confiait les affaires de l’État, obtenait sa reconnaissance à Istanbul et reçut en mille sept cent quatre-vingt-un un décret du sultan en sa faveur. Cela concernait directement Tourbet El Bey : selon une règle de cour, seul le nouveau pacha-bey, déjà monté sur le trône, pouvait enterrer un pacha-bey défunt.
Ali mourut l’année suivante et devint le premier bey régnant enterré sous le dôme principal. Hammouda hérita du trône et, trente-deux ans plus tard, fut enterré près de son père. Mahmoud, le neveu qu’Ali avait écarté de la succession, devint pourtant bey en mille huit cent quatorze ; il fut enterré dans la même salle.
Plus tard, des parents ajoutèrent de nouvelles pièces à mesure que la place venait à manquer. Aujourd’hui, huit salles et plus de cent soixante-cinq tombes s’organisent autour de deux cours : quatorze beys régnants, des princes, des princesses, des ministres, des mamelouks et des proches y sont enterrés. Sous le dôme couvert de tuiles vertes se trouvent les stèles de marbre d’Ali, de Hammouda et de Mahmoud. Devant elles se trouve toujours le caisson en bois de Hassan al-Charif, le premier signe qu’Ali avait ordonné de placer dans le mausolée encore vide.
Sur place
La visite extérieure est fiable ; les conditions d’accès à l’intérieur peuvent changer après la restauration, il vaut donc mieux vérifier les horaires sur place le jour même.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Renseignez-vous sur la possibilité d’entrer sur place, comportez-vous comme dans un espace funéraire et ne touchez pas les stèles ; la visite extérieure reste un aboutissement à part entière.
