Étape 1 sur 8

Bab El Bhar

باب البحر

Ici, vous comprendrez pourquoi un simple passage libre a pu devenir un symbole politique soigneusement choisi.

15 min
L’arche de pierre de Bab El Bhar sur une place dégagée, à l’entrée de la médina.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L’arche de pierre isolée
  • L’ouverture de la porte
  • Avenue de France
  • Rue Jemaâ-Zitouna

L’histoire du lieu

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Bab El Bhar signifie « Porte de la mer », bien que l’eau n’atteignît pas cette arche. Au-delà du rempart de la ville commençait la route vers le débarcadère du lac de Tunis : on y déchargeait les bateaux venant de La Goulette, et l’arsenal maritime se trouvait à proximité. Par cette porte, les gens et les marchandises entraient dans la médina. Le rempart fut démonté plus tard et, à la fin de l’année mille neuf cent trente-neuf, les boutiques qui entouraient étroitement le passage furent également supprimées. C’est pourquoi la porte se dresse aujourd’hui seule au milieu de la place.

Après l’instauration du protectorat français de Tunisie, une ville nouvelle aux rues rectilignes s’éleva de l’autre côté. Les Français appelaient l’arche Bab El Bhar, les « Portes françaises ». L’ancien nom est encore employé, mais il ne vient pas de la forme du bâtiment. La porte se trouvait au bout de l’avenue de France, devant la rue qui traverse la médina jusqu’à la mosquée Zitouna. C’est précisément cet emplacement que l’administration française choisit en mille neuf cent vingt-cinq pour un monument au cardinal Charles Lavigerie.

Lavigerie était l’ancien archevêque de Carthage et le fondateur de l’ordre missionnaire des Pères blancs. Pour le centenaire de sa naissance, le résident général français Lucien Saint cherchait à organiser un grand hommage public. Le conseil municipal examina plusieurs emplacements : près de la cathédrale, à Carthage, au séminaire des Pères blancs. Les conseillers tunisiens avertirent qu’il était dangereux d’installer un monument à l’entrée de la médina musulmane. Mais le conseil choisit la place de la Bourse de l’époque, devant Bab El Bhar.

Le lieu permettait de composer une image précise. Derrière le cardinal de bronze s’étirait l’avenue européenne, avec la résidence de l’administration française, la cathédrale et le théâtre. Devant lui s’ouvrait le passage vers Zitouna. Le sculpteur Élie-Jean Vézien donna à Lavigerie un Évangile et une croix levée. La place fut rebaptisée place du Cardinal-Lavigerie.

Quelques jours plus tard, des centaines d’étudiants de Zitouna se rendirent à l’hôtel de ville pour exiger le retrait de la statue. Ils étudiaient la théologie et le droit, comptant, une fois leur diplôme obtenu, exercer l’un des rares métiers qui leur étaient accessibles : enseigner, travailler comme notaire ou comme juge. Le maire refusa de les recevoir, ordonna de repousser la délégation et envoya plusieurs participants en prison. Les étudiants se dirigèrent alors vers la résidence du résident général. Lucien Saint ne sortit pas non plus à leur rencontre et fit appeler la police ; de nouvelles arrestations suivirent. Deux étudiants qui tentèrent plus tard d’endommager le monument furent condamnés aux travaux forcés.

Les protestataires n’atteignirent pas leur objectif immédiat. Le Lavigerie de bronze resta encore trois décennies devant la porte. Sa figure apparaissait dans l’ouverture de l’arche sur les photographies : la croix levée se dressait exactement entre l’avenue européenne et la rue menant à la médina.

Après la proclamation de l’indépendance, le chef du gouvernement Habib Bourguiba exigea le retrait du monument. L’archevêque de Carthage Maurice Perrin accepta de le remettre aux Pères blancs. Le huit mai mille neuf cent cinquante-six, des ouvriers mirent cinq heures à retirer la statue de son piédestal devant une foule rassemblée. Elle fut emportée à Carthage, puis les Pères blancs eux-mêmes découpèrent la figure de bronze en morceaux.

C’est maintenant la place de la Victoire. D’un côté de l’arche commence l’avenue de France, de l’autre la rue Jemaâ-Zitouna. Le rempart et la figure à la croix ne sont plus là ; il reste le passage libre de Bab El Bhar.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantMosquée Zitouna
Entréeaccès libre

L’extérieur est accessible toute la journée ; c’est un passage urbain, non un site avec billetterie.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Éloignez-vous du flux principal avant d’écouter le récit ou de prendre des photos : des gens passent constamment sous l’arche.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Entrez dans la médina et suivez la rue rectiligne jusqu’à Zitouna.

Étape 1 sur 8Ensuite : Mosquée Zitouna

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Médina de Tunis : marchés, palais et pouvoir » — 8 étapes, environ 1,8 km, 2,5–3,5 heures.

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