Étape 7 sur 7

tophet de Salammbô

Tophet de Salammbô

L’étape finale distinguera ce que les archéologues ont trouvé de la réponse que ces découvertes n’ont jamais apportée.

15 min
Rangées de stèles de pierre dans le tophet de Salammbô sur fond de végétation.
IssamBarhoumi · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Stèles de pierre
  • Urnes en céramique
  • Inscriptions sur les stèles

L’histoire du lieu

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Le tophet de Salammbô est un sanctuaire mis au jour par les fouilles. En décembre mille neuf cent vingt et un, on proposa à Paul Gielly, employé municipal de Carthage, d’acheter une stèle de calcaire de plus d’un mètre de haut. Gielly collectionnait les antiquités pendant son temps libre. Sur la pierre était gravé un homme vêtu d’une longue robe et coiffé d’un couvre-chef considéré comme sacerdotal ; il portait sur son bras plié un enfant emmailloté.

La stèle avait été extraite clandestinement. De telles découvertes étaient vendues une par une, et personne ne notait à quelle profondeur ni près de quels objets elles se trouvaient. Gielly retrouva le lieu des fouilles et invita François Icard, inspecteur de police à Tunis et archéologue autodidacte qui consacrait son temps libre aux fouilles. Ils achetèrent un terrain près du port marchand et commencèrent à creuser en janvier.

Sous les stèles se trouvaient des urnes en céramique. Elles contenaient des ossements brûlés de nourrissons et de jeunes enfants, des os d’agneaux, de chevreaux et d’oiseaux ; parfois, les restes humains et animaux se trouvaient ensemble. D’abord, le corps ou l’animal était brûlé sur un bûcher funéraire ; une partie des ossements était ensuite recueillie dans un récipient, déposé dans une fosse, puis surmonté d’un marqueur de pierre. Sur beaucoup de ces marqueurs, le donateur s’adressait à Baal Hammon et à Tanit : il déclarait avoir accompli ce qu’il avait promis, parce que la divinité avait entendu sa demande et l’avait béni.

Lorsque les premières sépultures apparurent ici, cette bande de terre se trouvait au sud du plus ancien établissement, près d’une rive marécageuse. Les Carthaginois séparèrent le sanctuaire des quartiers d’habitation et des cimetières ordinaires. Plus tard, la ville s’étendit, un port fut aménagé à proximité, et les gens continuèrent à y apporter des urnes. Les anciens marqueurs étaient recouverts de terre rapportée, puis de nouveaux y étaient installés. Les Carthaginois utilisèrent ainsi le terrain pendant environ six siècles, de la fin du huitième siècle avant notre ère presque jusqu’à la destruction de la ville en cent quarante-six avant notre ère.

Les ossements brûlés ont donné aux archéologues une réponse précise à la question de ce qui était fait des corps, mais ils n’ont pas expliqué comment les enfants étaient morts. Des auteurs grecs et romains accusaient les Carthaginois de sacrifices d’enfants. Une partie des chercheurs estime que les inscriptions, les restes animaux et les récits antiques confirment au moins des cas isolés de tels sacrifices. D’autres soulignent que parmi les personnes enterrées figuraient des enfants qui n’étaient pas encore nés et d’autres morts peu après leur naissance, et que leur âge correspond à la forte mortalité infantile d’une ville antique. On n’a pas trouvé ici l’immense statue de bronze dans les mains de laquelle, à en croire le récit, on déposait des enfants vivants. Cette image fut propagée par Gustave Flaubert dans le roman « Salammbô ».

Même le nom moderne suggère d’avance la réponse la plus terrifiante. Les Carthaginois n’appelaient pas le sanctuaire un tophet. Le mot vient de la Bible, où Tophet désignait un lieu près de Jérusalem associé à l’incinération d’enfants. Salammbô est le nom d’une héroïne fictive de Flaubert, passé à ce quartier, puis au sanctuaire mis au jour par les fouilles.

Gielly et Icard arrêtèrent le commerce des pierres sur le terrain qu’ils avaient acheté, mais ils ne dirigèrent la découverte que peu de temps. Le Service des antiquités confia la direction scientifique à ses spécialistes, laissant le travail quotidien aux découvreurs ; plus tard, ceux-ci vendirent le terrain au directeur suivant des fouilles. Les stèles et les urnes furent dispersées dans des collections de musées. La stèle d’un mètre qui avait amené Gielly à s’intéresser à ce terrain ne se trouve pas parmi les pierres : le « prêtre avec l’enfant » est désormais conservé au musée national du Bardo.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréede l’extérieur

Inclus dans le billet unique de Carthage ; l’AMVPPC publie les horaires saisonniers du parc archéologique.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Considérez le site comme un lieu de sépulture : ne touchez pas les pierres et ne tenez pas une seule interprétation pour définitivement prouvée.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

La promenade s’achèvera parmi les stèles, près du port marchand et de la question que les fouilles n’ont pas tranchée.

Étape 7 sur 7Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Carthage : Byrsa et les empires au bord de la mer » — 7 étapes, environ 4,3 km, 3,5–4 heures.

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