Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le bâtiment de l’ancienne cathédrale
- La nef de l’Acropolium
- Les rangées de blasons en marbre
L’histoire du lieu
L’homme dont le nom est resté attaché à la cathédrale arriva à Carthage en tant que roi de France, Louis IX (Saint Louis). Il ne fut déclaré saint que vingt-sept ans après sa mort.
À l’été de l’an mille deux cent soixante-dix, Louis IX mena une armée de croisés à Tunis. Il comptait amener le souverain hafside Muhammad al-Mustansir à se convertir au christianisme et obtenir un appui pour poursuivre la guerre vers l’est. Al-Mustansir entendait conserver sa ville et son État. Les Français débarquèrent près de Carthage, occupèrent une fortification parmi les ruines antiques et établirent leur camp. Louis IX ordonna d’attendre son frère : Charles d’Anjou, roi de Sicile, menait des renforts sans lesquels il était trop dangereux de lancer l’assaut décisif.
Le roi mit sa propre famille en danger. Ses fils se trouvaient avec lui, dont l’héritier Philippe III le Hardi. Au début d’août, une maladie se répandit dans le camp. Le trois août, Jean Tristan de France, le plus jeune fils de Louis IX, mourut à l’âge de vingt ans. Le roi lui-même et Philippe III le Hardi tombèrent malades ; on craignait aussi pour la vie de l’héritier. Le vingt-cinq août, lorsque Charles d’Anjou atteignit enfin Carthage, Louis IX mourut. Il n’eut pas le temps de prendre part à la bataille principale.
Philippe III le Hardi devint roi de France dans le camp malade. Charles d’Anjou prit le commandement, puis ils convinrent d’un traité avec al-Mustansir. Les croisés furent payés pour partir, les marchands recouvrèrent leurs anciens droits commerciaux et l’armée quitta Tunis. La conversion du souverain au christianisme et la conquête de la ville n’eurent pas lieu ; al-Mustansir conserva son trône.
L’emplacement exact de la tente royale et de la mort de Louis IX est inconnu. Les chroniques situent le camp près de Carthage, mais ne permettent pas d’en tracer la limite sur le sommet de Byrsa. Ce sommet ne fut associé à la mort du roi que bien plus tard. En mille huit cent trente, le bey tunisien Hussein II Bey céda au roi de France une parcelle de l’ancienne Carthage destinée à un monument à Louis IX (Saint Louis), et les représentants français choisirent Byrsa. C’est ainsi que la tradition tardive reçut une adresse précise.
On y construisit d’abord une petite chapelle. Puis le cardinal Charles Lavigerie, chef du siège catholique restauré de Carthage, décida d’établir à Byrsa un grand centre religieux. À cette époque, la Tunisie était sous protectorat français. Lavigerie recueillit des fonds auprès de familles qui se considéraient comme les descendantes des participants à la dernière expédition de Louis IX. En mille huit cent quatre-vingt-quatre, la construction de la cathédrale commença ; six ans plus tard, elle fut consacrée. Les bâtisseurs placèrent dans les fondations des pierres provenant des ruines de la basilique paléochrétienne de Damous el Karita. Dans la nef, ils fixèrent deux cent trente-quatre blasons en marbre portant les noms des donateurs : les descendants des croisés payèrent l’église à l’endroit qu’ils tenaient pour le camp de leurs ancêtres.
La première chapelle fut démolie en mille neuf cent cinquante. En mille neuf cent soixante-quatre, les prêtres catholiques cessèrent d’y célébrer la messe et le bâtiment fut remis à l’État tunisien. Depuis mille neuf cent quatre-vingt-treize, l’ancienne cathédrale est appelée Acropolium et utilisée pour des expositions et des concerts. L’ancienne chapelle n’existe plus, le lieu de la mort du roi reste hypothétique, et les blasons en marbre à l’intérieur expliquent toujours qui a transformé cette tradition en cathédrale.
Sur place
L’accès à l’intérieur dépend des événements et des expositions ; vérifiez le programme sur place.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne comptez pas pouvoir entrer librement : le bâtiment sert de lieu culturel et peut n’être accessible qu’à l’occasion d’un événement distinct.
