Étape 1 sur 7

Colline de Byrsa

Colline de Byrsa

Vous comprendrez ici pourquoi le sommet devint le dernier refuge de la ville et le lieu de la reddition personnelle de son commandant.

15 min
Vue de la colline de Byrsa, avec un chemin, des ruines et le panorama du golfe de Tunis.
Verity Cridland · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les murs bas des maisons puniques
  • Les lignes droites des rues puniques
  • La façade de l’Acropolium (ancienne cathédrale Saint-Louis de Carthage)

L’histoire du lieu

Taille du texte

Les bâtisseurs romains ont plus tard arasé et remblayé le sommet de la colline afin d’y aménager le forum de la nouvelle Carthage. Plus bas, sur le versant sud-est, un quartier de la vieille ville a été préservé : les bas vestiges des maisons et le tracé régulier des rues sont restés sous le remblai romain. Avant cette transformation, le sanctuaire du dieu guérisseur Eshmoun se dressait sur cette hauteur rocheuse ; on y accédait par un escalier de soixante marches. La partie haute de la ville était entourée de fortifications, et les habitants y affluaient lorsque les quartiers bas brûlaient déjà.

Au printemps de l’an cent quarante-six avant notre ère, le commandant en chef carthaginois Hasdrubal descendit du sommet de Byrsa vers le général romain Scipion Émilien. Scipion voulait mettre fin à un siège de trois ans ; Hasdrubal ne cherchait plus qu’une chose : sauver sa vie. Il apporta une branche d’olivier, et le vainqueur lui ordonna de s’asseoir à ses pieds. Dans le temple d’Eshmoun, en haut, restaient la femme d’Hasdrubal, leurs deux fils et environ neuf cents transfuges romains. Le commandant se sauvait seul : Scipion n’avait promis aucune grâce aux déserteurs.

La guerre avait commencé après une décision prise loin de cette colline. En vertu de leur traité avec Rome, les Carthaginois ne pouvaient faire la guerre sans l’autorisation romaine. Lorsqu’ils marchèrent contre le roi numide Massinissa, qui s’emparait de leurs terres, les Romains déclarèrent le traité violé et débarquèrent une armée en Afrique romaine. Les Carthaginois livrèrent des otages, des navires et des armes, espérant arrêter l’invasion. Le consul romain exigea alors que les habitants quittent Carthage, s’installent à au moins quinze kilomètres de la mer et permettent la destruction de la ville. Pour des gens qui vivaient du commerce maritime, cela signifiait perdre les ports puniques, les ateliers, les maisons, les temples et les tombes familiales. Ils refusèrent.

L’assaut final commença du côté du port militaire. Du forum de la ville à Byrsa montaient trois rues étroites, bordées de maisons hautes de six étages. Les soldats romains progressaient sur les toits, jetant des planches entre les bâtiments, tandis qu’en bas ils se frayaient un passage à travers les décombres. Les combats durèrent six jours et six nuits. Byrsa était la partie haute fortifiée de Carthage : les habitants s’y étaient repliés lorsque les quartiers bas brûlaient déjà.

Le septième jour, des suppliants descendirent du temple d’Eshmoun avec des branches d’olivier. Eshmoun était le dieu guérisseur carthaginois ; les Grecs l’identifiaient à Asclépios. Son sanctuaire se dressait sur la partie la plus haute et la plus rocheuse de la citadelle, au-dessus d’un escalier de soixante marches. Selon le chiffre de l’historien antique Appien, cinquante mille hommes et femmes sortirent par les portes ouvertes. Leur vie fut épargnée, puis ils furent vendus comme esclaves.

Hasdrubal quitta le temple en secret. Lorsque les transfuges virent leur commandant aux pieds de Scipion, ils l’accablèrent de malédictions et incendièrent le sanctuaire. La femme d’Hasdrubal resta en haut. Son nom n’a pas été conservé. Appien, qui écrivait près de trois siècles après les événements, introduit cette scène par les mots « on raconte », et le discours qu’il lui prête est manifestement travaillé comme un monologue tragique. Selon son récit, la femme accusa son mari d’avoir trahi sa famille et sa ville, tua leurs deux fils, les jeta dans le feu et entra elle-même dans les flammes. Les transfuges moururent avec elle. Hasdrubal resta vivant et devint le prisonnier de l’homme qui avait détruit Carthage.

Du temple d’Eshmoun, il ne reste ni escalier ni murs qu’on puisse lui attribuer avec certitude. Lorsque, sous l’empereur Auguste, les bâtisseurs romains édifièrent une nouvelle Carthage, ils arasèrent et nivelèrent le sommet de Byrsa pour y aménager un forum. Les maisons puniques découvertes plus bas, sur le versant sud-est, datent des dernières décennies de la ville détruite. Leurs murs bas ont survécu sous terre parce que le remblai romain a recouvert le quartier lors du nivellement de la colline.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantAcropolium (ancienne cathédrale Saint-Louis de Carthage)
Entréede l’extérieur

Compris dans le billet unique de Carthage ; l’AMVPPC publie les horaires saisonniers du parc archéologique.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez le quartier d’en haut et de côté : les murs bas se lisent plus facilement comme un réseau de rues si vous ne vous pressez pas.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Allez jusqu’à l’ancienne cathédrale sans descendre de Byrsa.

Étape 1 sur 7Ensuite : Acropolium (ancienne cathédrale Saint-Louis de Carthage)

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Carthage : Byrsa et les empires au bord de la mer » — 7 étapes, environ 4,3 km, 3,5–4 heures.

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