Étape 6 sur 8

Patarei

Patarei merekindlus

L’histoire d’un adolescent reliera le complexe de pierre au seul convoi français envoyé dans les pays baltes.

15 min
Le massif mur de briques de la forteresse de Patarei au bord de la mer
kalev kevad · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Le bâtiment de pierre incurvé
  • Les anciennes embrasures
  • La pierre commémorative à l’entrée
  • Les deux nombres sur la pierre

L’histoire du lieu

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Les anciennes embrasures suivent l’arc de la façade de pierre ; derrière elles se trouvent des casemates voûtées. Les militaires russes construisirent ici une batterie côtière : près de deux cents canons devaient tenir sous leur feu la rade de Tallinn et l’accès à Saint-Pétersbourg. Le nom Patarei vient du mot estonien signifiant « batterie ». Lorsque la forteresse perdit sa fonction militaire, les embrasures furent transformées en fenêtres, et les casemates furent d’abord affectées à l’usage de casernes, puis divisées en cellules de la Prison centrale.

Le sept février mille neuf cent quarante-quatre, Henri Zajdenwergier, âgé de seize ans, se rendait au lycée à Angoulême, en France. Sa mère était morte peu après l’accouchement, son père avait été emmené deux ans plus tôt lors d’une rafle, et Henri vivait chez une connaissance âgée de la famille. Des policiers allemands arrêtèrent l’adolescent dans la rue. Pour établir s’il était juif, ils le forcèrent à se déshabiller. Henri ne fut plus autorisé à rentrer chez lui.

Après les camps de Poitiers et de Drancy, il fut intégré au convoi no 73. Le quinze mai, les SS chargèrent huit cent soixante-dix-huit hommes juifs dans des wagons de marchandises. Henri pensait qu’ils étaient envoyés à des travaux de construction. Trois jours plus tard, à Kaunas, on détacha du train des wagons contenant environ six cents prisonniers. Les cinq wagons restants furent emmenés plus loin. Ce fut le seul convoi de déportés de France envoyé dans les pays baltes ; les historiens n’ont toujours pas établi pourquoi cet itinéraire avait été choisi.

Le vingt mai, environ trois cents hommes arrivèrent à Patarei. Le complexe servait déjà de Prison centrale depuis un quart de siècle, mais il avait été construit pour des canons. L’empereur Nikolaï Ier voulait protéger la voie maritime vers Saint-Pétersbourg et, en mille huit cent vingt-sept, ordonna de construire une forteresse près de la rade de Tallinn. À l’intérieur du bâtiment de pierre incurvé furent aménagées des casemates voûtées ; à l’extérieur, on perça des embrasures pour près de deux cents canons. Le nom venait lui aussi de la batterie d’artillerie : en estonien, « patarei » signifie « batterie ».

La forteresse était devenue obsolète sans jamais avoir subi de grande bataille. En mille huit cent cinquante-huit, les militaires retirèrent Tallinn de la liste des forteresses terrestres, transformèrent les embrasures en fenêtres et installèrent ici des casernes. Après les incendies de mille neuf cent dix-sept, la ville perdit ses deux anciennes prisons. Le ministère de la Justice de la jeune République d’Estonie choisit la caserne libérée : des murs épais de près de deux mètres ne nécessitaient déjà plus de renforcement particulier. Les ouvriers ajoutèrent des cloisons, des portes de fer et des doubles grilles. En mille neuf cent vingt, les casemates devinrent des cellules.

L’administration allemande d’occupation reçut un lieu tout prêt pour les prisonniers et la répartition des travailleurs forcés. Henri passa environ dix jours à l’intérieur, puis fut transféré dans un camp de Lasnamäe dépendant de Patarei. Là, avec d’autres détenus, il remettait en état les pistes d’un aérodrome militaire après les bombardements. Lorsque le front approcha de Tallinn, la direction de la prison évacua à la fois Patarei et son annexe. Le premier septembre, sur les quelque trois cents Juifs français arrivés ici au printemps, il ne restait que trente-quatre personnes à envoyer à Stutthof.

Henri fut forcé d’abattre des arbres, puis contraint de marcher dans la neige lors d’une marche de la mort. En mars mille neuf cent quarante-cinq, épuisé, il refusa de sortir du baraquement. Les gardes partirent en le laissant étendu là. Quand Henri reprit connaissance, un officier de l’Armée rouge se tenait près de lui. Vingt-deux personnes de tout le convoi rentrèrent en France. Henri y apprit qu’il ne restait plus personne de sa famille.

Une pierre commémorative se trouve à l’entrée de Patarei. Elle porte deux nombres de cette histoire : huit cent soixante-dix-huit déportés et vingt-deux revenants. Henri Zajdenwergier était l’un d’eux.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantLennusadam
Entréede l’extérieur

La zone d’exposition est fermée pour rénovation ; le site officiel annonce une réouverture en 2027. La visite n’est possible que de l’extérieur, depuis les passages publics du bord de mer.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Kalamaja et Noblessner : de la gare à la mer » — 8 étapes, environ 4 km, 2–3 heures.

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