Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- De hauts murs de grès
- La chaussée
- Les trottoirs
L’histoire du lieu
Entre de hauts murs de grès passe une chaussée bordée de trottoirs, et la roche qui l’entoure est formée de trois sections réalisées de manières différentes. Aux extrémités subsistent deux entailles taillées à la main, où travaillaient des personnes astreintes au travail forcé d’une brigade enchaînée ; le milieu fut ouvert plus tard par les explosions des ouvriers du conseil municipal. La pierre extraite servit à remblayer l’embouchure du ruisseau Tank et à renforcer le rivage de Circular Quay. Le nom de la tranchée vient d’Argyle Street, ainsi nommée en souvenir du comté écossais dont était originaire le gouverneur Lachlan Macquarie.
Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle, Argyle Street s’arrêtait au pied d’une crête de grès. Ses parties orientale et occidentale se trouvaient à des niveaux différents. Les piétons grimpaient des marches taillées dans la roche, déjà jugées peu sûres à l’époque. Pour passer entre Sydney Cove et les quais de Darling Harbour, les voitures devaient contourner toute la pointe de Dawes. La chaussée et les trottoirs actuels existent parce que l’on décida de faire passer la rue à travers la crête.
Le premier à proposer avec insistance ce projet fut Alexander Berry, riche propriétaire foncier, importateur et exportateur, dont le bureau se trouvait dans la partie basse de George Street. Ses marchandises passaient par le port ; une route plus courte vers les quais de l’ouest avait donc pour lui un coût financier direct. Berry réunit des actionnaires : ils voulaient financer le passage, puis faire payer un péage à chaque personne, animal et chargement, jusqu’à ce que leurs investissements soient récupérés avec profit. Le gouverneur Richard Bourke et les membres du Conseil législatif de Nouvelle-Galles du Sud refusèrent de leur accorder ce droit. Il fut décidé que les travaux seraient financés sur fonds publics ; aucun péage privé ne fut installé sur Argyle Street.
En mille huit cent quarante-trois, des condamnés d’une brigade enchaînée commencèrent à tailler le grès. C’étaient des travailleurs forcés munis de pics et de pelles. Le surveillant Tim Lane obtenait l’obéissance à coups de fouet. On lui attribue la menace selon laquelle, avec l’aide de Dieu et le bras vigoureux du fouetteur, les prisonniers recevraient cinquante coups de fouet avant même le petit déjeuner.
Les menaces ne remplacèrent pas les outils. La brigade s’enfonça dans la roche depuis les deux côtés, mais le milieu de la crête se révéla trop difficile à tailler à la main. Les fonctionnaires arrêtèrent les travaux et emmenèrent les prisonniers, laissant le passage inachevé. Ce n’est qu’en mille huit cent cinquante-neuf que des ouvriers rémunérés du conseil municipal firent sauter le milieu restant et relièrent les deux extrémités. Le grès extrait fut utilisé pour remblayer l’embouchure du ruisseau Tank et renforcer le rivage de Circular Quay.
Le nom est plus ancien que le passage lui-même. Le gouverneur Lachlan Macquarie donna à Argyle Street le nom de son comté écossais natal, Argyll, et la tranchée pratiquée pour la rue en hérita le nom. Dans l’Argyle Cut d’aujourd’hui se rejoignent deux sections inachevées taillées par des condamnés et le milieu ouvert par les explosions des ouvriers municipaux. La barrière de péage de la compagnie de Berry ne fut jamais installée entre elles.
Sur place
Rue en service et observation extérieure ; l’accès dépend des travaux routiers, des événements et des mesures de sécurité.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les murs depuis le trottoir et tenez compte du bruit de la circulation : pour le récit, il vaut mieux choisir un endroit à l’écart de la chaussée.
