Étape 7 sur 8

Rue Pantaleón Dalence : la réécriture blanche de la ville

Calle Dalence

Une rue résidentielle permet d’observer l’image blanche de Sucre comme le résultat de règles en vigueur et de repeintures successives.

15 min
Rue de Sucre avec des façades blanches, des soubassements en pierre et des tuiles rouges.
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Plaque portant le nom de la rue
  • Façades claires
  • Ouvertures des fenêtres et des portes
  • Enseignes sur les murs

L’histoire du lieu

Taille du texte

Les façades blanches de Dalence sont apparues à la suite de décisions que les propriétaires de maisons sont tenus d’appliquer. Cette rue suit la limite méridionale de la zone de protection stricte du centre historique. La limite n’est pas tracée approximativement : le règlement municipal désigne précisément la rue Pantaleón Dalence et inclut entièrement dans la zone protégée les parcelles des maisons situées le long de la ligne indiquée.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Sous le badigeon blanc de Sucre, les restaurateurs ont trouvé des couches ocre, vertes, bleues et jaunes, et un pigment rouge sur la façade de San Francisco. En mille huit cent vingt-six, le journal « El Cóndor de Bolivia » conseillait même aux habitants de renoncer aux murs blancs : l’auteur avertissait que la lumière vivement réfléchie pouvait nuire aux yeux et publiait des recettes de peinture grise, bleue et orange. Rien ne prouve que les citadins aient suivi précisément cette recommandation du journal. Les couches conservées confirment l’essentiel : le Sucre ancien était beaucoup plus coloré.

Dans les années soixante du vingtième siècle, les urbanistes municipaux commencèrent à fixer une palette claire pour les façades. Ils cherchaient à préserver le centre historique d’une construction qui aurait rompu avec les hauteurs établies et le tracé des rues. Le vingt-sept novembre mille neuf cent soixante-neuf, le conseil des ministres sous la présidence d’Alfredo Ovando Candia déclara la vieille partie de Sucre ville historique monumentale et fit passer une partie de sa limite par Dalence. Des règles municipales ultérieures rendirent ce contrôle permanent.

Pour le propriétaire d’une maison, cela signifie une procédure tout à fait concrète. Il faut faire approuver la peinture, une réparation, une nouvelle enseigne, une fenêtre ou une modification de la toiture par le service du patrimoine historique. Un projet est examiné par une commission réunissant des spécialistes municipaux, des architectes, des ingénieurs et des représentants d’organisations de protection des monuments. Ils peuvent autoriser les travaux, exiger des modifications ou les refuser. Après la décision, les plâtriers et les peintres interviennent ; l’ancienne couleur disparaît de nouveau sous un revêtement clair. Ainsi, des maisons individuelles de siècles différents acquièrent une même façade sur rue.

Le nom complet de la rue conserve une autre couche de cette réécriture : rue Pantaleón Dalence. Pantaleón Dalence Jiménez était un juge qui œuvrait pour l’indépendance des tribunaux face aux autres institutions de l’État. Il servit trente-quatre ans à la Cour suprême de Sucre et la présida à trois reprises. Après sa mort, les juristes boliviens appelèrent Dalence le père de la justice nationale et, en mille neuf cent cinquante et un, son anniversaire fut déclaré Journée du juge. C’est pour ce service rendu à la justice que son nom fut inscrit dans la nomenclature urbaine.

Aujourd’hui, le nom du juge est écrit sur un mur blanc et dans les règles de protection de Sucre. Dalence reste à la fois une rue résidentielle ordinaire et une ligne précisément tracée sur la carte : d’un côté, le règlement municipal considère comme protégées des parcelles entières de maisons, y compris les façades qu’il faut blanchir de nouveau.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantLa Recoleta et la Plaza Pedro de Anzúrez
Entréeaccès libre

Rue urbaine ordinaire ; accès libre, la circulation et les travaux sur les façades peuvent modifier le point d’arrêt.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez les surfaces depuis la rue, sans entrer dans les cours privées ni toucher les parties qui s’effritent. Aucun intérieur ouvert n’est nécessaire pour cet arrêt.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Continuez à monter par Dalence jusqu’à la place devant La Recoleta.

Étape 7 sur 8Ensuite : La Recoleta et la Plaza Pedro de Anzúrez

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Sucre blanc et la lutte pour le droit de gouverner » — 8 étapes, 2,6 km, 4 h.

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