Étape 3 sur 8

Universidad Mayor, Real y Pontificia de San Francisco Xavier de Chuquisaca et Academia Carolina

Universidad Mayor, Real y Pontificia de San Francisco Xavier de Chuquisaca

Cette étape expliquera comment une formation juridique a permis de rédiger un acte dangereux et de le préserver après la destruction de son enregistrement officiel.

25 min
Façade blanche de l’Universidad Mayor, Real y Pontificia de San Francisco Xavier de Chuquisaca, avec des drapeaux et un grand blason.
Dan Lundberg · CC BY-SA 2.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Façade de l’université
  • Entrée principale
  • Salle de l’université

L’histoire du lieu

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Le nom de San Francisco Xavier sur la façade de l’université rappelle les jésuites qui fondèrent cet établissement d’enseignement en mille six cent vingt-quatre et choisirent comme patron le missionnaire Francisco Javier. Après l’expulsion de l’ordre des possessions espagnoles, le diplôme universitaire ne fut plus la dernière étape pour le futur avocat : les diplômés étaient encore admis pour deux ans à l’Academia Carolina. Ils y rédigeaient des documents, examinaient des affaires, intervenaient à tour de rôle comme accusateurs et défenseurs, puis s’exerçaient à l’Audience. L’entrée principale mène à la salle de l’université, mais sans attestation de l’Academia Carolina, on n’était pas admis à la profession d’avocat.

Le douze janvier mille huit cent neuf, quarante-huit docteurs se réunirent dans la salle de l’université. Ici, on appelait docteurs les titulaires d’un grade universitaire, principalement des juristes. Le président de l’Audience, Pizarro, leur remit un paquet venu de Rio de Janeiro : l’infante Carlota Joaquina, sœur du roi espagnol prisonnier Ferdinand VII, proposait qu’on lui reconnaisse le droit de gouverner les possessions espagnoles en Amérique.

La réponse fut rédigée par Jaime de Zudáñez, l’avocat même dont l’arrestation allait plus tard soulever les habitants sur la Plaza 25 de Mayo. Zudáñez gagnait sa vie par la pratique du droit, représentait les autochtones devant l’Audience et savait quel mot, dans un document officiel, transforme une objection en accusation. Son frère Manuel de Zudáñez, mandataire de l’université, prépara un avis formel. L’assemblée déclara les prétentions de Carlota subversives et refusa de reconnaître ses ordres.

Ces juristes ne proclamaient pas encore l’indépendance. Ils défendaient les droits de Ferdinand VII et affirmaient que sa captivité ne transmettait pas la couronne à sa sœur. Mais ce raisonnement soulevait une question dangereuse : si le monarque légitime n’est pas présent, qui reçoit le droit d’agir en son nom ? La réponse était recherchée par des hommes formés pendant des années à examiner précisément de tels litiges.

L’université et l’Academia Carolina remplissaient des fonctions différentes. Les jésuites fondèrent l’université en mille six cent vingt-quatre et choisirent comme patron saint François Xavier — Francisco Javier en espagnol — l’un des premiers jésuites et missionnaire en Asie. C’est de là que vient le nom sur la façade.

En mille sept cent soixante-sept, le roi Carlos III expulsa les jésuites de ses possessions. Neuf ans plus tard, sous son règne, fut créée l’Academia Carolina de droit ; son nom signifie « de Charles », en l’honneur du roi lui-même. Le procureur intérimaire de l’Audience, Ramón de Rivera y Peña, proposa d’y admettre les diplômés de l’université et de les former pendant deux ans au travail judiciaire. Ils rédigeaient des documents, examinaient des affaires, intervenaient tour à tour comme accusateurs et défenseurs, puis s’exerçaient au sein même de l’Audience. Ce n’est qu’après avoir présenté une attestation de cette formation qu’un candidat était admis à la profession d’avocat.

Jaime de Zudáñez franchit les deux étapes : il obtint un diplôme universitaire et se forma à l’Academia Carolina. C’est pourquoi la réponse de janvier à Carlota ne fut pas un appel, mais un acte juridique avec un avis, des signatures et une violation précisément désignée. C’est ainsi que cela fonctionnait ici : l’université conférait le diplôme, l’académie enseignait à transformer un argument en document, et l’Audience décidait quelles conséquences ce document entraînerait.

Le vice-roi Santiago de Liniers ordonna la destruction des documents relatifs aux prétentions de Carlota. Le vingt mai, Pizarro arracha les pages correspondantes du registre des actes de l’université. Cinq jours plus tard, il tenta d’arrêter ses adversaires ; seul Zudáñez put être arrêté. La suite sur la place est déjà connue.

Après l’écrasement du mouvement, les frères furent emprisonnés. Manuel mourut en détention. Jaime fut envoyé à la forteresse de Callao, près de Lima ; libéré en mille huit cent onze, il partit pour le Chili. Il y fut intégré à la commission qui rédigea le règlement constitutionnel provisoire de mille huit cent douze. Le document conservait toujours le nom de Ferdinand VII, mais les ordres des institutions situées hors du Chili n’étaient déjà plus reconnus comme obligatoires. Zudáñez travailla ensuite à Buenos Aires, participa à la préparation de la constitution argentine et termina sa vie comme juge à Montevideo.

Les pages du registre universitaire arrachées par Pizarro ne furent pas remises en place. Zudáñez conserva une autre copie de l’acte de janvier et l’emporta avec ses papiers. Un siècle plus tard, le texte fut découvert dans des archives uruguayennes. Le document, écrit par un diplômé de l’Academia Carolina dans la salle de l’université, survécut non pas dans le registre où il avait été inscrit, mais dans les bagages de l’avocat qui dut ensuite quitter sa ville natale.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantBasilique de San Francisco de Charcas et Campana de la Libertad
Entréeextérieur ; cour sur autorisation

Université en activité ; aucun régime touristique garanti pour le bâtiment principal.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

L’université reste un établissement en activité : ne comptez pas entrer librement dans les salles de cours et ne dérangez pas les enseignements. Le contenu de l’étape se découvre aussi devant la façade.

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Où aller ensuite ?

Traversez la place vers Aniceto Arce et suivez cette rue jusqu’à San Francisco.

Étape 3 sur 8Ensuite : Basilique de San Francisco de Charcas et Campana de la Libertad

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Sucre blanc et la lutte pour le droit de gouverner » — 8 étapes, 2,6 km, 4 h.

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