Étape 3 sur 9

Place Kléber et Aubette

Place Kléber et Aubette 1928

Ici, le risque commercial d’un intérieur d’avant-garde se rattachera à sa disparition rapide et à sa restauration tardive.

16 min
Façade du bâtiment de l’Aubette, place Kléber.
© Ralph Hammann - Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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À remarquer

  • Façade de l’aile droite de l’Aubette
  • Figure en bronze de Kléber
  • Relief du piédestal
  • Pierre rose de l’ancien poste de garde

L’histoire du lieu

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L’aile droite du long bâtiment rose de la place Kléber était autrefois occupée par un poste de garde de la garnison royale. Il fut construit au dix-huitième siècle près de la place d'Armes de l’époque, où les soldats se relevaient à l’aube. La tradition de la ville relie ce rassemblement matinal au nom d’Aubette. La pierre rose de la façade date de l’époque où la place vivait selon le rythme militaire, et non selon les loisirs urbains.

En février mille neuf cent vingt-huit, on venait à l’Aubette pour dîner, jouer au billard, voir des films et danser. Mais il n’y avait pas là de décor ordinaire pour se distraire. Les murs, les plafonds, les sols, le mobilier, les enseignes et même les inscriptions sur les portes formaient une composition géométrique unique. Le visiteur se retrouvait à l’intérieur d’un tableau abstrait.

Ce résultat fut imaginé par les frères Paul et André Horn. Paul était architecte, André pharmacien, collectionneur et responsable des finances. En mille neuf cent vingt-deux, ils louèrent l’aile droite de l’Aubette pour cinquante ans et décidèrent d’y installer un grand complexe de loisirs. Les salles devaient se remplir de visiteurs : un restaurant ou une piste de danse vide aurait transformé ce long bail en une erreur coûteuse.

Pour l’aménagement, les frères firent appel au Strasbourgeois Jean Arp et à son épouse Sophie Taeuber-Arp. Ceux-ci invitèrent leur ami Theo van Doesburg, artiste et architecte néerlandais qui cherchait l’occasion de réaliser pour la première fois ses idées à une telle échelle. Van Doesburg proposa de tout concevoir, de la disposition des salles à la police des panneaux indicateurs. Sophie Taeuber-Arp était notamment chargée du salon de thé, du bar et de la salle de billard ; Arp aménageait les espaces de danse du sous-sol. Dans la salle ciné-danse, van Doesburg traça sur les murs et le plafond une grille oblique de figures noires, blanches, jaunes, rouges, bleues et vertes. Le film, la danse, une table et la peinture devaient exister simultanément.

Les visiteurs se plaignaient que les lignes et les couleurs vives les empêchaient de se sentir à l’aise. Les gestionnaires dépendaient de leur retour et, après seulement quelques mois, commencèrent à ajouter des décorations familières. Après mille neuf cent vingt-neuf, la crise économique mondiale aggrava la situation commerciale. En mille neuf cent trente-huit, lorsque les frères Horn cessèrent de gérer le complexe, les nouveaux propriétaires recouvrirent les peintures et en détruisirent une partie. La principale œuvre de grand format de van Doesburg resta moins de dix ans dans la forme imaginée.

Lors de travaux au début des années quatre-vingt, des spécialistes découvrirent au premier étage des restes d’ancienne peinture. Des restaurateurs français et néerlandais comparèrent ces fragments avec des esquisses en couleur et des photographies de mille neuf cent vingt-huit. La salle ciné-danse fut restaurée pour mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, la salle des fêtes, l’escalier et le foyer-bar pour deux mille six. Des expositions et des événements culturels y sont de nouveau organisés aujourd’hui. Les autres cafés, le cabaret, le salon de thé, la salle de billard et les salles du sous-sol sont perdus dans leur décor d’origine.

Le nom même d’Aubette existait bien avant les frères Horn. Le long bâtiment de pierre rose fut construit au dix-huitième siècle comme poste de garde de la garnison royale. Les soldats relevaient la garde à l’aube ; la tradition de la ville relie le mot « Aubette » à ce rassemblement matinal. Devant le poste de garde se trouvait alors la place d'Armes, l’actuelle place Kléber.

L’homme de bronze en son centre est Jean-Baptiste Kléber, natif de Strasbourg et général de l’armée révolutionnaire. Après le départ de Bonaparte d’Égypte, Kléber reçut le commandement de l’armée française qui y était restée. Il tenta de négocier le retour de l’armée et, lorsque l’accord échoua, il vainquit les troupes ottomanes à Héliopolis. Cette victoire est représentée par le relief du piédestal. Quelques mois plus tard, Kléber fut assassiné au Caire.

Son corps fut évacué d’Égypte, mais aucune cérémonie funèbre solennelle ne fut organisée en France. Pendant dix-huit ans, son cercueil resta au château d’If, près de Marseille. Seul le roi Louis XVIII autorisa le transfert de la dépouille dans la ville natale du général. En mille huit cent dix-huit, elle fut placée dans la cathédrale de Strasbourg et, vingt ans plus tard, une commission municipale aménagea une crypte au milieu de la place d'Armes. Au-dessus, le sculpteur Philippe Grass installa une figure de bronze de Kléber. Après l’inauguration du monument en mille huit cent quarante, la place reçut son nom. Sous le piédestal ne se trouve pas une urne symbolique, mais le cercueil du général lui-même.

Sur place

Temps sur place16 min
Point suivantMaison des Tanneurs et Petite France
Entréeaccès libre

La place est ouverte en permanence. Les salles de l’Aubette 1928 sont généralement ouvertes du mercredi au samedi de 14:00 à 18:00, dernière entrée à 17:30 ; des fermetures sont possibles les jours fériés.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La place et la façade sont accessibles à la visite libre. Ne considérez pas l’entrée dans les salles restaurées de l’Aubette comme une partie garantie de l’itinéraire.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Strasbourg entre France et Allemagne : Grande Île et Neustadt » — 9 étapes, 4,6 km, 3 h 10 min.

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