Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La façade de pierre de l’ancien hôtel de ville
- Les trois arches de la loggia
L’histoire du lieu
Au-delà de la Porte de fer, les habitants du Split médiéval commencèrent à bâtir des maisons dès le treizième siècle. Le nouveau quartier se développa autour de l’église et du cimetière Saint-Laurent ; c’est pourquoi l’actuelle place du Peuple fut d’abord appelée place Saint-Laurent. Plus tard, les conseillers municipaux y installèrent l’hôtel de ville, la chancellerie, le palais du prince nommé par Venise et une prison. On y proclamait les décisions, on y examinait les affaires judiciaires et on y comparait les marchandises aux étalons municipaux. Split ne tenait déjà plus dans le palais de Dioclétien, et l’administration de la ville sortie de ses murs fut installée tout près de l’entrée occidentale.
Au dix-neuvième siècle, la place s’appelait place des Seigneurs. Pendant vingt ans, la municipalité fut dirigée par Ante Bajamonti, un médecin qui avait abandonné sa pratique pour la politique municipale. Il fit venir l’eau à Split, agrandit le port, introduisit l’éclairage au gaz et bénéficia d’un large soutien. Dans le même temps, Bajamonti cherchait à maintenir la Dalmatie séparée de la Croatie et liait de plus en plus son avenir à la culture italienne.
Son principal adversaire fut Gajo Bulat, avocat de Split et dirigeant du Parti populaire. Bulat vivait de sa pratique juridique et cherchait à faire passer les institutions municipales, les tribunaux et les écoles à la langue croate. Son travail habituel d’avocat lui donna l’occasion de porter atteinte à la réputation de Bajamonti. Bulat représentait l’évêque Josip Juraj Strossmayer, qui avait investi quarante mille florins dans l’entreprise de Bajamonti. Ayant obtenu accès aux documents de cette entreprise, l’avocat découvrit des comptes erronés, des affaires laissées à l’abandon et des dividendes impayés. Il rendit publics les résultats de l’examen.
Les partisans de Bajamonti faisaient notamment partie d’une société de tir armée. Son local se trouvait ici même, sur la place, dans la maison Prinini. Après que des membres de la société eurent attaqué même des soldats de la garnison de la ville, Bulat demanda à l’administration autrichienne de dissoudre le conseil municipal. En mille huit cent quatre-vingt, le conseil fut dissous et, jusqu’aux élections, la ville fut dirigée par un commissaire nommé.
Bulat se prépara encore deux ans au scrutin. Ses partisans publiaient le journal bilingue « Split » et le distribuaient aux cultivateurs de la ville, que l’ancienne administration considérait comme des électeurs sûrs de Bajamonti. Aux élections de mille huit cent quatre-vingt-deux, les partisans du Parti populaire, tourné vers la Croatie, obtinrent vingt-huit sièges contre huit.
La première séance fut ouverte par le conseiller le plus âgé, le marchand Ivan Brajević. Ce fut lui qui parla le premier en croate au conseil municipal. Les conseillers élurent l’avocat Dujam Rendić-Miočević à la tête de la ville et décidèrent de tenir les séances en croate, puis d’introduire cette langue dans les écoles primaires. Bajamonti conserva son siège à la Diète dalmate, mais son parti perdit son importance d’autrefois. Bulat devint d’abord l’adjoint du nouveau chef de la ville et, à partir de mille huit cent quatre-vingt-cinq, dirigea lui-même la municipalité et acheva la transformation du bâtiment municipal sur cette place.
En mille neuf cent douze, le conseil municipal fixa pour la première fois de manière systématique les noms des rues et des places. La place des Seigneurs fut appelée place du Peuple, en mémoire de la victoire des partisans du Parti populaire et du passage de l’administration municipale à la langue croate. De l’ancien complexe municipal du côté nord, seule subsiste la loggia à trois arches de l’ancien hôtel de ville ; elle abrite aujourd’hui une salle d’exposition. Les bureaux des fonctionnaires ont disparu d’ici, mais l’adresse officielle continue d’indiquer la victoire des partisans du Parti populaire que le conseil municipal a décidé de conserver dans ce nom.
Sur place
La place est ouverte jour et nuit. Selon les horaires d’été, du 30 mars au 31 octobre 2026, l’ancien hôtel de ville est ouvert du mardi au dimanche de 10:00 à 20:00, fermé les lundis et jours fériés ; la dernière entrée a lieu 30 minutes avant la fermeture.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour de la place par ses bords pour voir à quel point les institutions, les maisons et les cafés sont proches les uns des autres. Ce n’est pas une cour de musée : ne bloquez donc pas les entrées ni l’activité des établissements.
