Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La façade de l’ancien palais
- L’enceinte de la parcelle du palais
- L’inscription au pochoir « Propriété des terres de la Couronne »
L’histoire du lieu
Derrière la haute enceinte subsiste le contour de la parcelle attribuée à une famille sultanale malaise lorsque le port commercial britannique apparut sur l’île. La cour du palais fut d’abord occupée par une vaste maison au toit de feuilles de palmier, tandis que le bâtiment actuel garde la trace d’une autre organisation de la vie : à l’étage se trouvaient les pièces des propriétaires et les salles de réception ; en bas, la cuisine et les réserves étaient en activité avec les domestiques. Derrière une façade d’allure anglaise se retrouvaient les usages de la maison malaise, et des objets européens côtoyaient cette organisation. À présent, les galeries du Centre du patrimoine malais présentent à l’intérieur les familles, les métiers et les liens de Singapour avec les îles de l’archipel.
Lors d’une récente restauration, les employés du Centre du patrimoine malais ont découvert près de l’entrée une inscription au pochoir, « Propriété des terres de la Couronne », datant de mille huit cent quatre-vingt-dix-sept. Cette découverte a conduit à vérifier de nouveau l’âge du bâtiment. Le palais fut longtemps daté des années mille huit cent quarante, mais l’actuelle maison de brique ne fut achevée qu’en mille huit cent quatre-vingt-dix, pour un homme qui avait déjà perdu la lutte pour le sultanat.
Istana signifie palais en malais. Le sultan Hussein Shah commença à faire construire le premier palais de Kampong Gelam en mille huit cent dix-neuf. La Compagnie britannique des Indes orientales le reconnut comme sultan, obtint sa signature sur le traité relatif à l’établissement d’un port de commerce à Singapour et lui attribua un terrain ici. La résidence de Hussein était une grande maison au toit de feuilles de palmier. De cet ensemble ne subsista que la limite de la parcelle entourée d’un mur ; le bâtiment qui se trouve devant elle apparut sous son petit-fils.
Ce petit-fils s’appelait Tengku Alam. Après la mort de son père, il prit la tête de la famille et chercha à faire reconnaître ses droits sur la région de Kesang, ou Muar, ainsi que sur le titre de sultan de Johor. En janvier mille huit cent soixante-dix-neuf, durant un mariage à Kampong Gelam, plusieurs centaines de partisans malais et bugis le proclamèrent sultan Alauddin Alam Shah. Il n’obtint aucune reconnaissance de la part de l’administration britannique. Tengku Alam tenta de reprendre Muar par la force, perdit la guerre civile à Jementah face au souverain de Johor, Abu Bakar, céda la région contestée et revint à Singapour.
Le palais actuel n’existait pas encore alors. La résidence familiale se dressait dans l’angle sud-est de l’enceinte, tandis que les réceptions se tenaient du côté de Sultan Gate, au sud de Gedung Kuning. Après avoir perdu Muar, Tengku Alam demanda à l’administration coloniale de lui construire une nouvelle maison. Sa famille vivait alors d’une pension de mille deux cent cinquante dollars par mois.
Le treize août mille huit cent quatre-vingt-dix, le gouverneur par intérim Frederick Dickson remit la clé à Tengku Alam. Dans son discours, il souhaita au propriétaire de longues années dans sa nouvelle maison et de la réussite. Les journaux décrivaient des meubles européens, des lustres à gaz et une façade « de type tout à fait anglais ». Les pièces étaient toutefois réparties selon l’organisation d’une maison malaise : à l’étage se trouvaient les principales pièces d’habitation et de réception, tandis qu’au rez-de-chaussée se trouvaient la cuisine, les réserves et les pièces de service.
Le souhait d’une longue vie ne se réalisa pas. Le vingt-quatre août mille huit cent quatre-vingt-onze, Tengku Alam mourut dans cette maison. Après sa mort, des parents commencèrent à se disputer l’héritage devant les tribunaux. Le vingt-trois décembre mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, la cour d’appel statua qu’aucun d’eux n’avait hérité des anciens droits du sultan sur le terrain et déclara la parcelle propriété de la Couronne. Les descendants de Hussein y vécurent néanmoins jusqu’en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf et reçurent des versements en vertu d’une ordonnance spéciale.
En mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, la période résidentielle prit fin. Le Centre du patrimoine malais ouvrit ici en mille neuf cent quatre-vingt-quinze et, au printemps deux mille vingt-six, des galeries rénovées consacrées aux familles malaises, aux migrations, aux métiers et aux liens de Singapour avec les îles de l’archipel ouvrirent leurs portes. Parmi les objets exposés se trouve l’inscription découverte lors de la restauration. En août mille huit cent quatre-vingt-dix, Tengku Alam reçut la clé de sa nouvelle maison ; sept ans plus tard, des fonctionnaires avaient déjà marqué cette maison comme terre de la Couronne.
Sur place
Galeries permanentes : mardi—dimanche 10:00—18:00, dernière entrée 17:30 ; cour : mardi—dimanche 08:00—21:00 ; fermé le lundi. Vérifiez les règles d’entrée et les réductions avant la visite.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade et la cour peuvent se visiter indépendamment de l’exposition ; vérifiez l’accès aux galeries avant votre visite.
