Étape 2 sur 8

Atarazanas royales de Séville

Reales Atarazanas de Sevilla

Sous ces voûtes, l’histoire du port deviendra celle des approvisionnements, du travail et du risque, et non seulement celle des grandes traversées.

15 min
Atarazanas royales de Séville. Nefs
José Luis Filpo Cabana · CC BY 3.0; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Grandes arches de brique
  • Sept nefs conservées
  • Hautes voûtes

L’histoire du lieu

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Ces hautes voûtes de brique proviennent du chantier naval royal où l’on construisait et réparait de longs navires de guerre à rames. Il y avait à l’origine dix-sept espaces : leurs extrémités donnaient sur le Guadalquivir, tandis que le rempart de la ville restait derrière vous. Sur la bande de sable vide entre le fleuve et le chantier naval, les ouvriers faisaient entrer les lourdes coques sous le toit à l’aide de cordes, de poulies et de treuils. Deux galères se tenaient dans chaque espace, et l’ancien sol se trouve désormais à environ cinq mètres d’ici.

À l’automne de l’an mille cinq cent dix-huit, les fonctionnaires de la Casa de Contratación de Indias — l’administration royale qui préparait les expéditions océaniques — commencèrent à y faire acheminer du chanvre, des planches, des cordages, des ancres, des armes, des voiles, des fèves, des pois chiches, du fromage et du vin. On y effilochait le chanvre pour en faire de l’étoupe destinée à calfeutrer les fissures entre les planches, on assemblait des tonneaux à partir des douves apportées, et l’on fabriquait des bougies avec du suif. Tout était destiné aux cinq navires de Fernand Magellan.

Magellan était un marin portugais qui cherchait à obtenir du roi d’Espagne de l’argent pour une route vers l’ouest jusqu’aux Moluques, le principal marché du clou de girofle. Il ne reçut aucun soutien dans son pays natal et passa au service du jeune Charles Ier. Le roi voulait atteindre les épices par la partie de l’océan qu’il considérait comme espagnole. Magellan risquait sa vie pour une récompense bien terrestre : on lui promettait le poste de gouverneur des terres découvertes et un vingtième des bénéfices. Les représentants portugais tentaient d’arrêter les préparatifs ; les fonctionnaires royaux se hâtaient donc de faire prendre la mer à la flotte.

Pour cela, ils disposaient d’un immense arsenal médiéval. Le roi de Castille Alfonso X, qui avait besoin d’une flotte militaire permanente, ordonna de l’achever en l’an mille deux cent cinquante-deux. Le mot « atarazana » venait de l’arabe et signifiait « maison de fabrication ». Elles étaient appelées Atarazanas royales parce que les navires et tout ce qui leur était nécessaire appartenaient à la Couronne.

Dix-sept longues nefs de brique furent disposées en travers du rivage, leurs extrémités tournées vers le Guadalquivir. Derrière elles passait le rempart de la ville ; devant elles s’étendait l’Arenal, une bande de sable non bâtie. Les artisans y construisaient et réparaient des galères, de longs navires de guerre à rames. Puis des équipes d’ouvriers tiraient les lourdes coques sur le sable, sous le toit, à l’aide de cordes, de poulies et de treuils. Deux galères tenaient dans chaque nef. C’est pourquoi les arches étaient si larges, et qu’on ne pouvait pas bâtir de maisons entre le bâtiment et l’eau.

Au début de l’expédition de Magellan, les galères avaient déjà cédé la place à de hauts navires à voiles conçus pour l’océan. Les fonctionnaires décidèrent de gagner du temps : ils achetèrent cinq navires d’occasion à Cadix et utilisèrent les anciennes Atarazanas comme entrepôt protégé et ateliers. Les navires de la première circumnavigation n’y furent donc pas construits. Sous ces toits, on rassemblait ce sans quoi ils n’auraient pas pu partir : des boulons de navire et des planches de rechange jusqu’au vin, à l’huile et aux fèves. Ensuite, les cargaisons étaient transportées par lots jusqu’au rivage.

En août de l’an mille cinq cent dix-neuf, cinq navires quittèrent Séville. Magellan trouva un détroit reliant l’Atlantique au Pacifique, mais il mourut sur l’île de Mactan et ne vécut pas assez longtemps pour recevoir la part d’épices qui lui avait été promise. Le marin basque Juan Sebastián Elcano, capitaine de Victoria, prit en charge le retour. En septembre de l’an mille cinq cent vingt-deux, elle seule des cinq revint à Séville. À son bord restaient Elcano et dix-sept autres hommes qui avaient achevé le premier voyage autour de la Terre, tandis que dans la cale se trouvait le clou de girofle pour lequel tout avait commencé.

Victoria elle-même n’est pas ici, et parmi les espaces conservés, on ne peut pas désigner un entrepôt précis pour ses provisions. Sept des dix-sept nefs médiévales ont survécu. Leur sol d’origine se trouve aujourd’hui environ cinq mètres plus bas que le sol actuel : sous terre demeure la hauteur qui permettait autrefois de faire entrer ici des galères entières.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantArènes de la Real Maestranza de Séville
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« Guadalquivir : de l’Arenal à Triana » — 8 étapes, 3 km, 150 min.

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