Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tourelle ronde du sommet
- Le dôme doré
- L’entrée placée très haut
L’histoire du lieu
En mille sept cent cinquante-huit, Pedro Samaniego, marquis de Monte Real, proposa de démolir la tour de l’Or. Samaniego était assistant de Séville, un fonctionnaire royal qui exerçait les fonctions de chef de la ville. Il était chargé de l’aménagement urbain et voulait élargir le passage pour les attelages, tout en redressant la route de San Telmo vers l’ancien pont flottant de Triana. La tour se trouvait précisément sur son tracé.
Trois ans plus tôt, le tremblement de terre de Lisbonne avait endommagé ses voûtes et ses parties supérieures. Les crues du Guadalquivir avaient déjà fragilisé les fondations, et il avait fallu étayer le bâtiment. Lors de l’inspection, l’un des architectes invités recommanda de démonter la tour ; deux autres affirmèrent que les murs pouvaient encore être resserrés par des ceintures de fer et sauvés. Pour Samaniego, cette fortification endommagée, qui avait depuis longtemps perdu son ancienne importance militaire, était un obstacle dans la partie de la ville qu’il administrait.
Des Sévillans instruits, ayant accès à la cour, s’opposèrent à la démolition. Ils obtinrent l’intervention du roi, et Samaniego n’obtint pas le passage direct qu’il désirait. Le dix-sept mars mille sept cent soixante, au lieu du démontage, une restauration commença sous la direction d’Ignacio Moreno, maître de l’Alcazar de Séville. Les ouvriers remplirent le rez-de-chaussée de gravats et de mortier, resserrèrent les parties fragilisées avec du fer et aménagèrent au sommet une tourelle ronde surmontée d’un dôme. Il fallut déplacer l’entrée plus haut, dans l’ouverture que traversait auparavant le mur.
On sauvait le reste d’un système défensif créé plus de cinq cents ans auparavant. En mille deux cent vingt et un, Abu l-Ula, gouverneur des Almohades — une dynastie nord-africaine qui possédait alors Séville — ordonna d’achever le mur de fortification de l’Alcazar de Séville jusqu’au fleuve. La tour de l’Or fut édifiée à son extrémité. Depuis là, les guerriers surveillaient le port, le pont flottant et l’accès fluvial à la ville ; en cas de siège, ils pouvaient bloquer la circulation sur le Guadalquivir. Le mur a disparu, et la tour paraît donc aujourd’hui isolée.
L’or américain n’a rien à voir avec son nom. L’Estoria de España la qualifie déjà de Dorée dans le récit des événements de mille deux cent quarante-huit, plus de deux siècles et demi avant le premier voyage de Colomb. L’explication exacte du nom reste controversée. Les anciens chroniqueurs écrivaient qu’elle était revêtue de plaques de céramique dorées, et après la restauration de deux mille cinq, son éclat fut associé à un mélange de mortier de chaux et de paille pressée qui recouvrait les murs. Les tuiles dorées du dôme actuel n’apparurent que lors de la restauration de mille sept cent soixante, alors que le nom existait depuis longtemps.
Depuis mille huit cent soixante-dix, la tour est utilisée par la Marine espagnole, qui y installa d’abord l’administration du port. En mille neuf cent quarante-quatre, le Musée naval de la tour de l’Or ouvrit à l’intérieur, avec des cartes, des maquettes de navires et des instruments de navigation. Sa salle basse occupe l’espace situé au-dessus de l’étage que les ouvriers d’Ignacio Moreno murèrent définitivement afin de sauver la tour.
Sur place
Accessible de l’extérieur en tant qu’espace urbain ; les horaires du Musée naval de la tour de l’Or changent, vérifiez-les avant d’entrer.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit fonctionne depuis les quais ; prévoyez séparément la visite du musée intérieur, et seulement après avoir vérifié l’accès.
