Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salle principale
- Enseigne « Jogyesa »
- Entrée du temple
- Bâtiments de l’administration centrale
L’histoire du lieu
La salle principale de Jogyesa fut construite ici en mille neuf cent trente-huit, lorsque les dirigeants du bouddhisme coréen créaient un siège dans la capitale. Le temple s’appelait Taegosa, en l’honneur de Taego Bou, moine du quatorzième siècle alors considéré comme le fondateur de la principale tradition coréenne du Son, c’est-à-dire de la méditation bouddhique. Le conflit pour cette parcelle était donc aussi un conflit pour le droit de nommer les abbés et d’administrer les temples dans tout le pays.
Après la libération de la Corée du Japon, la majorité des moines coréens étaient mariés : cette pratique s’était répandue durant les décennies coloniales. Les moines observant le célibat représentaient moins d’un dixième de la communauté et n’administraient aucun monastère. Pour eux, l’enjeu concernait aussi la possibilité de poursuivre la vie monastique. La réforme agraire priva les temples des champs dont les revenus faisaient vivre les établissements ; les centres de méditation fermaient, et les moines pratiquants n’avaient nulle part où vivre ni où accomplir de longues retraites. Les moines mariés, au contraire, occupaient les fonctions des temples, tenaient les comptes, accomplissaient les rites et faisaient vivre leurs familles. Leur exclusion de la communauté les privait de leur statut religieux, de leur logement et de leurs revenus.
Au printemps de mille neuf cent cinquante-quatre, Ha Tongsan et Yi Ch’ŏngdam, chefs des partisans du célibat qui cherchaient à obtenir le transfert des monastères à leur profit, demandèrent le soutien du premier président de la Corée du Sud, Syngman Rhee. Le président exigea que les moines mariés soient retirés des temples. Pour le petit groupe qui n’avait auparavant aucun établissement propre, cela décida de l’issue du premier affrontement.
Le cinq novembre, quatre-vingts moines marchèrent du Seonhakwon de Séoul jusqu’à Taegosa et occupèrent le siège. Une enseigne portant le nom « Jogyesa » apparut sur le temple, et le bâtiment de l’administration porta celui de l’ordre Jogye. Le nouveau nom rattachait la communauté à Jinul, moine du douzième siècle qui associa l’étude des textes bouddhiques à la méditation et vécut à Songgwangsa, sur le mont Jogye. Les partisans du célibat réécrivirent simultanément les statuts : ils déclarèrent Jinul leur prédécesseur spirituel et classèrent les moines mariés parmi les laïcs.
Quelques jours plus tard, le camp expulsé tenta de reprendre Taegosa. Les moines furent expulsés d’ici les uns après les autres, les affrontements s’étendirent à d’autres établissements, puis de longs procès commencèrent. À l’été de mille neuf cent cinquante-cinq, le congrès des partisans du célibat nomma des abbés pour six cent vingt-trois temples ; Yi Ch’ŏngdam obtint le poste de secrétaire général, et l’État reconnut la nouvelle direction. Les moines mariés continuèrent de contester cette décision. En mille neuf cent soixante, ils tentèrent de nouveau d’occuper Jogyesa, et cinq cents de leurs adversaires y entamèrent une grève de la faim en attendant la décision de la Cour suprême de Corée du Sud. La manifestation qui suivit devant le bâtiment du tribunal se solda par des blessés, des centaines d’arrestations et des condamnations pour vingt-quatre moines.
La tentative de réunir les deux groupes dans un même ordre échoua. Après le dernier procès qu’ils perdirent, les moines mariés créèrent en mille neuf cent soixante-dix un ordre distinct et lui rendirent le nom de l’ordre Taego. Les partisans du célibat conservèrent l’ordre Jogye et ce temple. Des offices sont désormais célébrés dans la salle principale, l’administration centrale de l’ordre fonctionne dans les bâtiments voisins, et au-dessus de l’entrée demeure le nom affiché pour la première fois durant l’occupation : Jogyesa.
Sur place
L’enceinte du temple est ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; certaines salles, cérémonies et manifestations peuvent avoir leurs propres horaires.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Jogyesa est un temple en activité : parlez doucement, ne photographiez pas les personnes en prière sans leur consentement et ne passez pas devant celles qui se prosternent. Durant une cérémonie, observez la salle depuis le bord de la cour.
