Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois bâtiments voisins
- Façades en bois non peintes
- Toits de tuiles
- Cours et portes séparées
L’histoire du lieu
En mille huit cent quarante-huit, le roi Heonjong ordonna d’installer sa nouvelle concubine, Gyeongbin, dans la maison centrale des trois qui composent l’ensemble de Nakseonjae, entre ses propres appartements et ceux de sa grand-mère. Elle pouvait ainsi rester près du roi tout en remplissant ses devoirs envers la femme aînée de la famille : la grande reine douairière Sunwon, ancienne régente.
Les trois maisons se tiennent encore aujourd’hui dans cet ordre. À l’ouest, Nakseonjae servait à Heonjong de cabinet de travail, de bibliothèque et d’appartements. Son nom signifie « se réjouir du bien » et renvoie à un récit sur l’ancien souverain chinois Shun. Au milieu, Seokbokheon était destiné à Gyeongbin. À l’est, Sunwon occupait Sugangjae. Les noms des trois bâtiments ont été donnés à l’ensemble entier, appelé Nakseonjae.
On raconte souvent ici une légende romantique : Heonjong aurait aperçu Kim dès la sélection de la reine, l’aurait préférée aux autres candidates, mais les courtisans auraient choisi Hyojeong, et le roi aurait ramené sa bien-aimée au palais quelques années plus tard. Les listes conservées de cette sélection réfutent cette histoire : le nom de Kim ne figure pas parmi les candidates.
Les documents décrivent une autre raison. Heonjong et la reine Hyojeong n’avaient pas d’enfants, et la dynastie avait besoin d’un héritier. À l’été de mille huit cent quarante-sept, Sunwon ordonna de choisir pour son petit-fils une concubine parmi les filles de familles nobles. Pendant la sélection, il fut interdit aux jeunes filles célibataires de quatorze à dix-neuf ans de se marier. Les familles présentèrent trente-quatre candidatures. Après trois tours, on choisit la fille d’un modeste fonctionnaire, Kim Jae-cheong. Elle reçut le titre de Gyeongbin, donné à une concubine royale de haut rang. On attendait d’elle un fils qui poursuivrait la lignée directe de Heonjong.
Le roi faisait déjà construire Nakseonjae pour ses propres activités. L’année suivante, les artisans y ajoutèrent Seokbokheon pour Gyeongbin et réaménagèrent Sugangjae pour Sunwon. Les bâtiments furent laissés sans les vives peintures du palais et conçus sur le modèle d’une maison de la noblesse de la capitale, avec des espaces séparés pour les hommes et les femmes. Le nom de Seokbokheon exprimait un vœu explicite : « maison où est accordée la bénédiction ». Cette bénédiction désignait le futur héritier.
Vingt mois après le mariage de Heonjong, le roi mourut sans avoir eu d’enfant. La lignée directe s’éteignit. Sunwon dut appeler au trône un parent éloigné qui vivait en exil sur l’île de Ganghwa ; il devint le roi Cheoljong. Gyeongbin, qui n’avait pas encore vingt ans, quitta le palais. Elle vécut veuve près de six décennies dans une maison proche de l’actuel Anguk-dong et mourut en mille neuf cent sept.
La maison centrale se tient toujours entre Nakseonjae et Sugangjae et porte toujours le nom de Seokbokheon, « maison de la bénédiction accordée ». L’héritier pour lequel Gyeongbin fut installée ici n’y naquit jamais.
Sur place
Changdeokgung : 09:00–18:00 en février–mai et septembre–octobre ; 09:00–18:30 en juin–août ; 09:00–17:30 en novembre–janvier. Dernière entrée 1 heure avant la fermeture. Fermé le lundi.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les bâtiments uniquement depuis les zones autorisées : ici, les portes fermées comptent autant dans le récit que les intérieurs accessibles.
