Étape 2 sur 7

cathédrale métropolitaine de Santiago

Catedral Metropolitana de Santiago

L’histoire d’un seul renvoi expliquera comment une affaire ecclésiastique a divisé le camp politique au pouvoir.

10 min
cathédrale métropolitaine de Santiago
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La chaire de l’archevêque
  • La nef centrale
  • L’image de la Vierge
  • La statue de saint Jacques

L’histoire du lieu

Taille du texte

Au fond de la nef centrale se trouve la chaire, le siège permanent de l’archevêque. Le chapitre est actif auprès de la cathédrale : c’est un collège de prêtres chargé des cérémonies, de l’administration et des affaires du personnel de l’église. La chaire demeure ce qui distingue principalement la cathédrale métropolitaine de Santiago d’une église ordinaire. Près de l’image de la Vierge se trouve une statue de saint Jacques, le saint patron de la ville, et l’église elle-même est dédiée à l’Assomption de la Vierge.

En janvier mille huit cent cinquante-six, le sacristain principal de la cathédrale métropolitaine de Santiago, Francisco Martínez Garfias, renvoya Pedro Santelices, employé de la sacristie. La sacristie est un local de service où sont conservés les ornements et les objets du culte, et où l’on prépare tout ce qui est nécessaire à l’office. Santelices perdait ses revenus et exigea que son poste lui soit rendu.

L’archevêque n’était alors pas à Santiago du Chili. Le chapitre cathédral, un collège de prêtres chargé des cérémonies, de l’administration et des employés de l’église cathédrale, annula le renvoi. Francisco Martínez Garfias démissionna en réponse et obtint une nouvelle procédure. Lorsque l’archevêque Rafael Valentín Valdivieso revint en ville, il confirma le renvoi. Deux chanoines refusèrent de s’y soumettre, et Valdivieso leur interdit de célébrer les offices.

C’est précisément l’organisation de la cathédrale métropolitaine de Santiago qui transforma un conflit autour d’un emploi en une affaire touchant tout le pays. C’est ici que se trouve la chaire, le siège permanent de l’archevêque, d’où vient le mot « cathédrale ». L’archevêque était la dernière instance de l’Église, mais, dans le Chili de l’époque, l’Église catholique n’était pas encore séparée de l’État. Les prêtres pouvaient faire appel d’une décision ecclésiastique devant un tribunal ordinaire. C’est ce que firent les deux chanoines sanctionnés.

La Cour suprême du Chili leur donna raison et exigea la suspension de la sanction. Valdivieso revendiquait l’indépendance du tribunal ecclésiastique et refusa d’exécuter la décision des juges civils. Il risquait l’expulsion du pays pour désobéissance ; l’archevêque décida de partir, mais de ne pas céder. Le président Manuel Montt, chargé d’assurer l’exécution de la décision judiciaire, se retrouva face à un choix : expulser le chef de l’Église chilienne ou lui permettre de ne pas se soumettre au tribunal.

Le gouvernement convainquit les chanoines de retirer leur recours. Valdivieso resta à Santiago du Chili et leva l’interdiction de célébrer les offices ; Santelices ne réussit pas à obtenir du tribunal sa réintégration définitive. En revanche, le camp conservateur au pouvoir se divisa. Les partisans de l’indépendance de l’Église se détournèrent du président et s’allièrent à leurs anciens adversaires libéraux. Le renvoi d’un employé de la sacristie modifia l’équilibre des forces politiques au Chili pour des décennies.

Le chapitre est encore aujourd’hui actif auprès de la cathédrale métropolitaine de Santiago, et la chaire de l’archevêque demeure ce qui la distingue principalement d’une église ordinaire. Au fond de la nef centrale, près de l’image de la Vierge, se trouve une statue de saint Jacques, que Valdivieso rapporta d’Europe. En espagnol, Jacques se dit Santiago : Pedro de Valdivia donna son nom à la ville, et saint Jacques est considéré comme son saint patron. La cathédrale elle-même est dédiée à l’Assomption de la Vierge et, près d’elle, se trouve la statue du saint qui a donné son nom à Santiago du Chili, apportée par l’archevêque qui faillit quitter cette ville à cause d’un seul employé renvoyé.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantMusée chilien d'art précolombien
Entréesur place

N’entrez que lorsque l’accès est libre, restez silencieux et ne gênez pas l’office ; pour l’itinéraire, il suffit d’observer attentivement l’extérieur du bâtiment.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez vers la rue Compañía et passez derrière la cathédrale jusqu’à l’angle avec Bandera.

Étape 2 sur 7Ensuite : Musée chilien d'art précolombien

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Centre historique de Santiago du Chili : de la colonie à la république » — 7 étapes, 2,3 km, 2 h 55 min.

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