Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de style français
- Entrée principale
- Salles d’exposition
L’histoire du lieu
Derrière sa façade de style français se trouve, depuis mille neuf cent dix, une collection publique d’art chilien et étranger. Pourtant, l’une des expositions les plus importantes du Musée national des beaux-arts du Chili n’a existé pendant quarante-deux ans que dans des caisses, des documents et les souvenirs de ses organisateurs.
En septembre mille neuf cent soixante-treize, le directeur du musée, Nemesio Antúnez, se préparait à recevoir des œuvres de José Clemente Orozco, Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros. Antúnez gagnait lui-même sa vie comme peintre et graveur et œuvrait pour que le musée présente de l’art latino-américain contemporain. Sous sa direction, les salles accueillaient des concerts, des projections de films et des expositions de jeunes artistes. La collection mexicaine devait être le principal événement international de ce programme.
Le montage fut confié à Fernando Gamboa, spécialiste mexicain dont le métier consistait à sélectionner des œuvres et à en composer des expositions nationales à l’étranger. En trois jours, il répartit dans ces salles cent soixante-neuf œuvres : cent vingt-huit d’Orozco, trente-quatre de Siqueiros et sept de Rivera. Pour elles, une partie de la collection européenne du musée fut décrochée. L’ouverture fut fixée au treize septembre.
Le onze septembre, un coup d’État militaire eut lieu. Gamboa tenta de rejoindre l’exposition déjà installée, mais un carabinier armé l’empêcha de sortir de l’hôtel. Quelques jours plus tard, quarante tirs d’armes de char frappèrent le palais. Les balles endommagèrent deux tableaux de la collection chilienne. Entre-temps, les œuvres mexicaines avaient eu le temps d’être décrochées et rangées dans vingt-sept caisses.
Antúnez fit venir l’artiste et photographe Sergio Berta afin qu’il documente les impacts et les toiles endommagées. Le directeur n’eut pas le temps de voir les photographies achevées : il démissionna et partit en Europe, où il enseigna la peinture à Londres. Avec Antúnez, Gamboa obtint l’autorisation d’évacuer la collection. Les caisses furent envoyées au Mexique dans le même avion que celui par lequel les proches du président Salvador Allende, mort, quittaient le pays. Toutes les œuvres furent rendues à leurs propriétaires.
En mille neuf cent quatre-vingt-dix, Antúnez reprit la direction de ce musée. Il ne vécut pas jusqu’à l’exposition d’Orozco, Rivera et Siqueiros. Elle fut ouverte ici en deux mille quinze : soixante-seize œuvres furent accrochées dans les salles que Gamboa avait préparées quarante-deux ans plus tôt. L’exposition fut intitulée « La exposición pendiente ».
Les tableaux retournèrent ensuite au Mexique. Dans la bibliothèque du Musée national des beaux-arts du Chili subsiste le catalogue imprimé pour l’ouverture qui n’eut pas lieu en mille neuf cent soixante-treize. Sur ses pages, le vernissage est toujours prévu pour le treize septembre.
Sur place
Mardi–dimanche 10:00–18:30 ; dernière entrée 18:20. L’entrée est gratuite, aucune réservation préalable n’est nécessaire. Fermé le lundi et les jours fériés indiqués par le musée.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade et la sculpture extérieure peuvent être observées sans entrer. Pour la coupole, jetez un coup d’œil à la salle centrale si le musée est ouvert ; gardez l’exposition pour un autre choix.
