Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Une femme en costume argenté
- Une main en bois au-dessus d’un puits de lumière
- Trois puits de lumière
- Des fenêtres et des corniches peintes
L’histoire du lieu
Toute la façade nord d’un immeuble résidentiel sur South Van Ness Avenue est occupée par une grande fresque consacrée au Mission District latino-américain. La Commission des arts de San Francisco l’a commandée afin de réunir sur une même façade les habitants du quartier, ses commerces et les institutions culturelles de 24th Street. Le mur s’étend au-dessus du toit d’un atelier de réparation automobile, et les fenêtres, les corniches et les saillies qui y sont peintes.
Une femme en costume argenté tend la main au-dessus d’une rupture dans le mur. C’est Marlene Rosa Lima, une danseuse brésilienne. L’artiste n’a pas inventé sa pose : le photographe Lou Dematteis a photographié Marlene lors du premier Carnaval San Francisco, en mille neuf cent soixante-dix-neuf. Environ trois cents danseurs et percussionnistes avaient alors défilé autour de Precita Park. La peinture de cet angle ne représente pas un événement qui s’est produit ici, mais cette première fête, déplacée ici avec ses participants.
C’est Mauricio Avilés, coordinateur du Carnaval, qui avait cherché à la déplacer : il voulait transformer les photographies de Dematteis en une fresque urbaine. En mille neuf cent quatre-vingt-deux, des employés de la Commission des arts de San Francisco chargèrent l’artiste Daniel Gálvez de peindre le mur nord d’un immeuble résidentiel sur South Van Ness Avenue. Ils attendaient de lui un portrait du Mission District latino-américain, où vivaient des personnes originaires de différents pays. Le Carnaval convenait mieux à cela qu’un emblème général : les gens étaient déjà réunis sur les photographies.
Gálvez choisit des visages réels. Dans le gilet rouge se trouvait le conducteur de bus municipal Jaime Aguilar ; à côté de lui, le percussionniste Jorge Molina ; au centre, Marlene. Les artistes ajoutèrent les commerces et les institutions culturelles de 24th Street. Ainsi, sur le mur, le défilé venu de Precita Park emprunta précisément ce corridor commercial.
Pour Gálvez, c’était l’une de ses premières grandes commandes. Treize mille dollars furent alloués aux six mois de travail de toute l’équipe. L’accès au mur passait au-dessus du toit d’un atelier de réparation automobile, qu’il ne fallait pas endommager ; les artistes montaient donc sur une plateforme suspendue instable et confiaient leur sécurité à un nœud sur une corde. Un membre de l’équipe resta là-haut quelques minutes, puis quitta le projet.
Il fut encore plus difficile d’adapter la composition aux trois puits de lumière qui interrompaient le mur. Gálvez agrandit d’abord l’image dans une salle des fêtes d’école, reporta les contours sur du papier, puis fixa les feuilles sur la façade. L’équipe commença par le haut, traça les lignes à la craie et au stylo à bille, puis descendit. Les fenêtres, les corniches et les saillies y sont représentées en peinture. Pour la main de Marlene, les artistes fabriquèrent une pièce distincte en bois au-dessus d’un puits de lumière : c’est pourquoi la danseuse dépasse le plan de la façade.
La peinture émaillée s’avéra une mauvaise protection contre le soleil. Au début des années deux mille, les couleurs avaient diminué d’environ moitié. Avilés, qui avait autrefois cherché à faire réaliser la fresque, passa trois ans à réunir des fonds pour la sauver. Après deux demandes, la ville attribua cinquante mille dollars, mais les habitants et les entreprises locales devaient apporter un quart de la somme, en argent ou en matériaux. Avilés fit de nouveau appel à Gálvez et à Dematteis ; la majeure partie de l’équipe initiale se joignit à eux. En mille neuf cent quatorze, la fresque restaurée fut inaugurée de nouveau.
En janvier deux mille vingt-quatre, la ville reconnut « Carnaval » comme son trois cent treizième monument historique. Ce n’est pas tout l’immeuble résidentiel qui fut protégé, mais le mur nord avec la peinture et la configuration des puits de lumière. La main en bois de Marlene, avec laquelle Gálvez avait autrefois recouvert une ouverture gênante, fait désormais partie de la description juridique du monument.
Sur place
Visible depuis le trottoir public à tout moment ; les détails se lisent mieux à la lumière du jour.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’effet d’ensemble se voit mieux à distance. Choisissez un endroit sûr sur le trottoir d’en face et ne vous engagez pas sur la chaussée pour une photo.
