Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Passage étroit entre les mausolées
- Façades turquoise
- Grille en bois sculpté
- Pierre tombale revêtue de carreaux
L’histoire du lieu
Au bout du passage étroit, derrière une grille en bois sculpté, se trouve une pierre tombale revêtue de carreaux, celle de Qusam ibn Abbas. On l’appelle ici Shah i-Zinda, ce qui signifie en persan « le Roi vivant ». Ce nom désignait d’abord Qusam, puis s’est étendu à l’ensemble de la nécropole.
Qusam était le cousin germain du prophète Muhammad. Au septième siècle, il se rendit à Samarcande avec une armée arabo-musulmane et participa à la diffusion de l’islam. Les sources divergent jusqu’au lieu de sa mort : les unes citent Samarcande, les autres Merv. Aucune preuve n’établit que son corps ait été enterré précisément sous ce sanctuaire.
La tradition locale raconte un autre dénouement. Zabur Shah, le souverain vaincu de Samarcande, voulait reprendre la ville. Qusam, nommé dirigeant par les conquérants, devait retenir la ville et protéger la nouvelle communauté musulmane. Zabur Shah décida d’attaquer pendant la prière de fête de l’Aïd al-Adha : les gens se rassembleraient et laisseraient leurs armes.
Il fit de Qusam sa cible principale. Tant que Qusam combattait à proximité, personne ne pouvait l’approcher. Zabur Shah ordonna alors de tirer de loin. Selon la tradition, Qusam demanda l’aide de Dieu et Khizr apparut devant lui, un juste qui vit éternellement et qui est associé, dans la tradition musulmane, au salut des voyageurs. Khizr lui indiqua un puits qui s’était ouvert dans le sol. Qusam y descendit.
Zabur Shah ordonna de combler le puits de pierres et de détritus. La tradition ajoute qu’un ange rejetait tout ce qui tombait au fond. Les guerriers ne trouvèrent jamais le corps. Qusam serait resté vivant sous terre et doit en sortir avant la fin des temps. De là vient le nom de « Roi vivant ».
Cette tradition apparut bien plus tard que l’expédition elle-même. Pourtant, dès le onzième siècle, un sanctuaire de Qusam existait sur ce versant. Ensuite, les familles nobles de Samarcande commencèrent à aménager leurs propres sépultures à côté : il était considéré comme important de reposer aussi près que possible du saint. Aux quatorzième et quinzième siècles, des dizaines de mausolées furent édifiés le long de la route menant à son sanctuaire, pour des femmes et des hommes de l’entourage des Timourides. Les archéologues ont découvert les traces d’environ quarante tombeaux, même si tous ne sont pas conservés.
C’est pourquoi l’étroite rue entre les façades turquoise mène à la pièce de Qusam. Le lieu reste un site de pèlerinage : on récite des prières devant la grille. Derrière elle, on aperçoit la pierre tombale, tandis que la chambre souterraine demeure inaccessible. C’est précisément là que la tradition samarcandaise a placé l’homme dont le nom désigne désormais toute la nécropole.
Sur place
Deux guides indépendants et récents indiquent une ouverture quotidienne d’environ 07:00–19:00, mais divergent sur le prix du billet — 40 000 et 50 000 soums.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Marchez lentement, ne touchez pas au revêtement et ne considérez pas le complexe seulement comme un lieu où prendre des photos : c’est une nécropole et un lieu de vénération.
