Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Rangées commerciales distinctes
- Passages couverts
- Tracé de la rue vers le Régistan
- Coupole de Bibi-Khanym à la sortie
L’histoire du lieu
Au bord nord de l’ancienne ligne commerciale, près de la mosquée Bibi-Khanym, se trouve le grand bazar couvert de Siab. Sous les passages couverts, les marchandises ne se mélangent pas : pain, fruits, viande, douceurs et épices sont disposés dans leurs propres rangées. Le bazar doit son nom au quartier et à la rivière voisine ; on le traduit généralement par « eau noire ». D’ici, la rue actuelle s’étire vers le Régistan, en conservant la direction de l’ancien commerce urbain.
À l’automne de mille quatre cent quatre, les propriétaires des maisons situées sur la place devant la mosquée Bibi-Khanym emportaient leurs biens à la hâte. Tamerlan ordonna de faire tracer d’ici une large rue commerçante à travers toute Samarcande, jusqu’au Chorsu près du Régistan. Les maisons qui se trouvaient sur son tracé reçurent l’ordre d’être démolies, sans distinguer à qui elles appartenaient.
On apportait en ville des marchandises de Chine, d’Inde, du Dasht-i-Kipchak et des terres voisines, mais il manquait un lieu unique et commode pour un tel commerce. Tamerlan confia le chantier à deux courtisans et les avertit : ils répondraient de tout retard de leur tête. La ville engagea autant d’ouvriers que les responsables l’exigèrent. Une autre équipe remplaçait de nuit l’équipe de jour : les uns démolissaient les habitations, les deuxièmes aplanissaient le terrain, les troisièmes installaient les boutiques.
L’ambassadeur castillan Ruy González de Clavijo, qui se trouvait alors à Samarcande, décrivit deux pièces communicantes dans chaque boutique, des comptoirs de pierre, des fontaines et une voûte commune percée de fenêtres pour laisser entrer la lumière. Les marchands occupaient aussitôt les locaux achevés. En moins de vingt jours, on obtint un passage couvert qui s’étirait de la mosquée du vendredi jusqu’au carrefour commercial de la ville.
Les personnes qui avaient perdu leurs maisons tentèrent néanmoins d’obtenir une indemnisation. Elles demandèrent à des citadins vénérés, considérés comme des descendants du prophète Muhammad, de parler à Tamerlan. L’un d’eux aborda cette question alors que le souverain jouait aux échecs. Selon le récit consigné par Clavijo, Tamerlan se mit en colère et déclara que la ville lui appartenait, parce qu’il l’avait achetée et qu’il pouvait montrer les actes. Les intermédiaires reculèrent ; plus tard, ils s’étonnaient déjà de ne pas avoir été exécutés. Clavijo ne rapporte aucun paiement aux propriétaires des maisons détruites.
La rue commerçante de mille quatre cent quatre n’a pas subsisté. Le bazar de Siab actuel occupe son extrémité nord, près de Bibi-Khanym : on y retrouve des rangées distinctes de pain, de légumes, de fruits, de viande, de douceurs et d’épices. Le nom même de « Siab » ne vient pas de ce passage timouride : c’est ainsi que s’appelaient ce quartier et la rivière qui coule non loin ; le nom se traduit par « eau noire ». Depuis la place devant la mosquée, les boutiques médiévales partaient en direction du Régistan, suivant le tracé de l’actuelle rue.
Sur place
Les guides actuels s’accordent sur une ouverture du mardi au dimanche, approximativement jusqu’à 19:00 ; le lundi est un jour de fermeture. L’heure d’ouverture varie selon les sources.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous arrêtez pas au milieu du passage commerçant, demandez l’autorisation avant de faire des portraits et n’oubliez pas qu’il s’agit d’un marché en activité.
