Étape 2 sur 8

Régistan

Регистон майдони

La place permet d’imaginer la ville avant les médersas actuelles, lorsque les habitants durent organiser eux-mêmes sa défense.

12 min
Les trois médersas du Régistan, dont les portails font face à la place
Oleg Yunakov · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La place ouverte
  • Les trois façades des médersas
  • Les rues qui partent de la place

L’histoire du lieu

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En mille trois cent soixante-cinq, une mosquée du vendredi se dressait sur le Régistan. Près d’elle se réunirent les habitants de la ville, qui devaient décider s’ils défendraient eux-mêmes Samarcande. L’armée d’Ilyas Khodja, khan du Mogholistan — un État situé à l’est de la région comprise entre l’Amou-Daria et le Syr-Daria — avançait vers la ville. Samarcande n’avait plus de remparts en état de servir. Tamerlan et son allié, l’émir Hussein, avaient déjà tenté d’arrêter Ilyas Khodja près de Tachkent, avaient subi une défaite et s’étaient retirés au-delà de l’Amou-Daria.

Parmi les réunis se trouvait Mawlana-zade, enseignant dans une médersa, qui réclamait la défense immédiate de la ville. Il proposa aux notables de la diriger, mais aucun volontaire ne se présenta. Mawlana-zade en prit alors lui-même la direction. Il fut soutenu par Abu Bakr Kalavi, chef des cardeurs de coton — des artisans qui préparaient la fibre pour le filage —, et par le tireur Khurdak Bukhari. C’étaient des hommes dont les occupations habituelles restaient les études, l’artisanat et les gains de la ville. Les chroniques les appelèrent les Sarbadars : ce mot exprimait la disposition à voir plutôt leur tête à la potence que de se soumettre.

Les grandes rues partaient du Régistan, et les défenseurs tirèrent parti de la configuration de la ville. Ils barrèrent les ruelles étroites de barricades et de chaînes, et placèrent des tireurs sur les toits et derrière les murs. Ils laissèrent une large rue ouverte. Les cavaliers d’Ilyas Khodja s’y engagèrent, après quoi les habitants les frappèrent de côté avec des flèches, des pierres et des gourdins. La cavalerie recula, et les attaques suivantes ne donnèrent pas davantage la ville au khan. Puis une épidémie éclata parmi ses chevaux. Pour une armée qui reposait sur la cavalerie, la perte des animaux rendit impossible la poursuite du siège, et Ilyas Khodja emmena son armée.

Pendant plusieurs mois, Samarcande fut dirigée par les hommes qui avaient organisé la défense près de la mosquée du Régistan. Au printemps de l’année suivante, Tamerlan et Hussein revinrent. Ils n’osèrent pas attaquer aussitôt la ville. Ils envoyèrent d’abord aux Sarbadars des cadeaux, des vêtements d’honneur et une charte qui les reconnaissait comme chefs légitimes, puis invitèrent leurs dirigeants à une rencontre dans le village de Kani-Gil, près de Samarcande. Là, les invités furent arrêtés. Abu Bakr Kalavi et Khurdak Bukhari furent exécutés. Si l’on en croit l’historien Abd al-Razzaq Samarqandi, Mawlana-zade se tenait déjà près de la potence lorsque Tamerlan obtint sa grâce. On ne dispose d’aucune information fiable sur la suite de son destin.

Régistan signifie « lieu sablonneux ». C’est ainsi que l’on appelait les places centrales ouvertes où les routes convergeaient, où se faisait le commerce et où l’on rassemblait les habitants. Le Régistan de Samarcande existait comme marché et centre public bien avant l’ensemble actuel. C’est pourquoi la décision de défendre la ville fut prise précisément ici, et les rues qui partaient de la place devinrent aussitôt partie intégrante du plan.

Aucune des trois façades actuelles n’existait encore en mille trois cent soixante-cinq. La médersa d’Ulugh-Beg commença à être construite un demi-siècle plus tard ; Sherdor et la médersa Tilla-Kari apparurent encore deux siècles plus tard. La mosquée du vendredi près de laquelle parlait Mawlana-zade a disparu, et il n’en subsiste aucune trace matérielle établie. Restent la place ouverte au croisement des routes de la ville et son ancien nom : le Régistan.

Sur place

Temps sur place12 min
Point suivantmédersa d’Ulugh-Beg
Entréedepuis la place, gratuit ; entrée à l’intérieur avec le billet général

Le site officiel indique 07:00–24:00 du 20 février au 20 novembre et 08:00–20:00 du 20 novembre au 20 février.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez d’abord les trois côtés depuis un même point : il sera ainsi plus facile de comparer les façades avant d’entrer dans les différentes cours.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Approchez-vous de la médersa située à gauche si vous faites face aux trois façades.

Étape 2 sur 8Ensuite : médersa d’Ulugh-Beg

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Samarcande des souverains, des savants et des saints » — 8 étapes, environ 4 km, 4–4,5 heures.

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