Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Une porte ordinaire dans la cour
- L’escalier descendant sous terre
- Les portes hermétiques
- La salle au parquet de chêne posé en chevrons et aux fausses cheminées
L’histoire du lieu
Sous les quartiers résidentiels fut aménagé un poste de commandement destiné à cent personnes, constitué de deux puits verticaux. L’un abritait les locaux destinés aux personnes ; dans l’autre furent installés la ventilation, les communications, l’alimentation en eau et une centrale électrique diesel afin de résister à une attaque aérienne ou chimique. Les constructeurs du métro assemblaient les parois avec des anneaux de tunnel en fonte et, au niveau inférieur, aménagèrent derrière des portes hermétiques une salle de réunion dotée d’un parquet de chêne posé en chevrons, d’un plafond voûté et de quatre fausses cheminées. Après la guerre, l’ouvrage resta secret pendant des décennies ; il abrite désormais un musée, bien qu’il relève toujours de la protection civile.
Dans la cour de l’immeuble numéro cent soixante-sept de la rue Frounzé, une porte ordinaire donne sur un escalier qui descend à trente-sept mètres sous terre. Pendant les années de guerre, le Comité régional du Parti de Kouïbychev était installé au-dessus de cette porte. Au deuxième étage, des locaux de travail avaient été préparés pour Iossif Staline, président du Comité d’État à la Défense et commandant suprême, qui devait diriger le pays et l’armée même en cas de perte de Moscou. L’abri fut donc construit directement sous sa résidence prévue : depuis le bureau situé à l’étage, il était possible de gagner rapidement le poste de commandement.
Le quinze octobre mille neuf cent quarante et un, les troupes allemandes repoussaient la défense soviétique vers Moscou. Les membres du Comité d’État à la Défense, organe extraordinaire de commandement militaire, décidèrent d’évacuer vers Kouïbychev le gouvernement, le Présidium du Soviet suprême et les représentations étrangères. La ville, qui portait alors le nom de Valerian Kouïbychev, fut choisie en raison de ses voies ferrées et fluviales, de son industrie et de son éloignement du front. Le document précisait séparément le sort de Staline : il devait être évacué le lendemain ou plus tard, « selon la situation ».
Six jours plus tard, le même comité ordonna de construire ici un abri protégé. Staline resta à Moscou, mais la situation pouvait changer ; les préparatifs de son transfert se poursuivirent donc. Des constructeurs du métro, spécialistes habitués à travailler à grande profondeur, furent envoyés de Moscou à Kouïbychev. La construction du site no 1 fut dirigée par l’ingénieur Nikolaï Essakia. Ses équipes devaient aménager sous les quartiers résidentiels un poste de commandement destiné à cent personnes et garder le chantier lui-même secret.
Le constructeur du métro Lev Simak se souvenait des journées de travail de douze heures et du logement dans un bâtiment scolaire, où chaque salle de classe accueillait quatre à cinq familles. Sous terre, les ouvriers assemblaient les parois avec des anneaux de tunnel en fonte, coulaient le béton et installaient la ventilation, les communications, l’alimentation en eau et une centrale électrique diesel. La terre était évacuée la nuit. Il en résulta une structure semblable à une portion de métro placée à la verticale : un puits abritait les locaux destinés aux personnes, l’autre les équipements qui permettaient de résister à une attaque aérienne ou chimique.
Au niveau le plus profond furent aménagés la salle de réunion du Quartier général du Haut Commandement suprême — l’état-major depuis lequel les forces armées étaient dirigées — et le bureau personnel de Staline. Même sous terre, les participants aux réunions devaient se retrouver dans un intérieur administratif familier. La salle reçut un parquet de chêne posé en chevrons, un plafond voûté et quatre fausses cheminées. Derrière les portes hermétiques, les occupants pouvaient travailler dans l’isolement pendant que le bombardement se poursuivait à la surface.
Le six janvier mille neuf cent quarante-trois, une commission d’État réceptionna le site. À cette date, les troupes allemandes avaient déjà été repoussées loin de Moscou, et le transfert de Staline à Kouïbychev n’était plus urgent. Le dirigeant pour lequel Essakia et les constructeurs du métro avaient installé le poste de commandement à une profondeur équivalente à la hauteur d’un immeuble de douze étages ne vint jamais ici. Les récits tardifs de ses visites nocturnes secrètes ne sont confirmés ni par des documents ni par des témoignages indépendants. Les légendes concernant des représailles contre les constructeurs ne furent pas davantage confirmées : Essakia et les autres spécialistes nommés dans les documents continuèrent à travailler sur des ouvrages souterrains.
Jusqu’à la fin de la guerre, l’abri fut maintenu en état d’alerte complet, puis son existence resta cachée pendant plusieurs décennies encore. Il portait officiellement le nom de site no 1 ; celui de Staline s’imposa plus tard et désignait son utilisateur prévu. Un musée occupe désormais les locaux souterrains, tandis que l’ouvrage reste répertorié comme installation de protection civile. Le bureau et la salle de réunion sont conservés là où ils avaient été aménagés, sous les locaux de travail de l’homme qui ne descendit jamais jusqu’à son bureau.
Sur place
Selon les règles publiées pour 2026, les visites guidées ont lieu en semaine, avec un premier groupe à 11:00, une pause de 13:00 à 14:00 et une fin vers 15:00 ; l’entrée se fait uniquement sur accord préalable. Le tarif indiqué est de 500 roubles pour les adultes et de 300 roubles pour les enfants. Appeler avant la visite.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La partie souterraine ne peut être visitée que dans le cadre d’une visite guidée organisée, qui doit être confirmée à l’avance. Sans réservation, cette étape se découvre de l’extérieur, sans tenter d’entrer dans les locaux de service.
