Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Tête de femme au-dessus de l’entrée
- Nymphe planant au plafond du boudoir
- Grilles de chauffage
- Cachet en cristal de roche
L’histoire du lieu
Le Musée de l’Art nouveau occupe un domaine urbain où les pièces elles-mêmes, et non une vitrine distincte, restent la pièce maîtresse. Depuis le hall central partent le cabinet, le boudoir, la salle à manger et les salons de réception : chacun avait sa fonction et son intérieur, mais le parquet, les cheminées, les vitres des portes, les stucs et les grilles du chauffage à air chaud reliaient la maison en un tout. L’air chaud montait du sous-sol par des conduits dissimulés dans les murs ; une partie de ces conduits et la chambre de ventilation ont subsisté. Au-dessus de l’entrée demeure une tête de femme et, au plafond du boudoir, une nymphe en vol ; leur ressemblance avec la maîtresse de maison passe pour une légende urbaine que ne confirme aucun document.
À l’été mille neuf cent trois, le marchand de céréales Alexandre Gueorguievitch Kourline cherchait à obtenir le raccordement de sa nouvelle maison à l’électricité. L’équipement avait déjà été acheté, mais le directeur de la centrale électrique municipale refusait : il ne restait aucune puissance disponible. Un ami d’Alexandre Gueorguievitch Kourline proposa de lui céder une partie du quota accordé à sa propre maison, soit vingt-cinq lampes sur quatre-vingts. Cela ne suffit pas. Alexandre Gueorguievitch Kourline déposa une nouvelle demande et promit que pas plus de vingt-cinq lampes ne seraient allumées simultanément. Il n’obtint l’autorisation qu’en novembre. Sept ans plus tard, l’hôtel particulier comptait déjà quatre-vingt-douze ampoules.
Alexandre Gueorguievitch Kourline pouvait se permettre cette insistance grâce au commerce des céréales. Dans le faubourg Zassamarski, au-delà de la rivière Samara, se trouvaient son bureau et ses greniers à céréales. La construction de l’hôtel particulier coûta près de quatorze mille roubles, soit plus de deux fois le prix d’une maison cossue ordinaire de l’époque. L’architecte Alexandre Zelenko conçut pour Alexandre Gueorguievitch Kourline et son épouse Alexandra Pavlovna Kourlina une maison dotée de l’eau courante, des égouts, du téléphone et d’un chauffage à air chaud. L’air circulait depuis le sous-sol par des conduits à l’intérieur des murs ; une partie de ces conduits ainsi que la chambre de ventilation ont été conservées.
Le Musée de l’Art nouveau fut ouvert ici parce que l’hôtel particulier lui-même en est la pièce maîtresse. Autour du hall central, Alexandre Zelenko disposa les pièces selon leur fonction : un cabinet pour les conversations d’affaires, un boudoir pour les entretiens privés, une salle à manger et des salons de réception. Un intérieur propre fut conçu pour chacune, mais les vitres des portes, le parquet, les stucs, les cheminées et les grilles de chauffage formaient un décor unifié. Aujourd’hui, le cabinet, le boudoir et la salle à manger ont été reconstitués au rez-de-chaussée, tandis que les expositions temporaires se tiennent à l’étage et au sous-sol.
Cinq ans après l’emménagement, il fallut modifier l’organisation familiale. En mille neuf cent huit, Alexandra Pavlovna Kourlina s’efforçait de préserver les affaires et les biens de son mari : Alexandre Gueorguievitch Kourline fut déclaré juridiquement incapable en raison d’une maladie mentale, et son épouse fut nommée tutrice. Les documents médicaux n’ont pas été conservés, mais le dossier judiciaire subsiste avec des reçus de dépenses courantes. Presque tous étaient désormais établis au nom d’Alexandra Pavlovna Kourlina : électricité, téléphone, denrées alimentaires, cirage du parquet. Elle dirigeait les affaires commerciales, entretenait la maison et continuait de payer les études de quatre élèves de l’école de commerce.
Alexandre Gueorguievitch Kourline mourut en mille neuf cent quatorze. Sa veuve devint officiellement propriétaire du domaine et, dans l’usage local, le nom au féminin s’imposa : hôtel particulier Kourlina. La tête de femme au-dessus de l’entrée et la nymphe planant au plafond du boudoir sont considérées comme des représentations d’Alexandra Pavlovna Kourlina, mais il s’agit d’une légende urbaine : les chercheurs n’ont trouvé aucun document attestant cette ressemblance.
Après les événements de mille neuf cent dix-huit, les biens d’Alexandra Pavlovna Kourlina furent confisqués. Elle partit pour Moscou et y vécut plus d’un demi-siècle dans un appartement communautaire. De sa vie d’autrefois, la veuve avait conservé le cachet en cristal de roche de son mari, portant les initiales gravées « A. G. Kourline ». Avant de mourir, elle donna le cachet à une voisine et demanda à cette voisine de l’envoyer dans la ville de Samara. En mille neuf cent quatre-vingt-dix, le cachet fut remis au Musée régional de Samara, dont l’exposition se trouvait déjà dans cet hôtel particulier. Il revint dans le cabinet même où Alexandra Pavlovna Kourlina avait autrefois commencé à gérer les affaires de son mari malade.
Sur place
Lun fermé ; mar–mer 10:00–18:00 ; jeu–ven 13:00–21:00 ; sam–dim 10:00–18:00. La billetterie ferme 30 minutes avant. En 2026, le billet ordinaire pour l’exposition principale coûte 500 roubles ; tarifs réduits et visites guidées à vérifier sur le site du musée.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les intérieurs ne sont accessibles que dans le cadre des horaires et conditions de visite du musée, mais l’observation extérieure reste instructive en soi. Ne vous limitez pas à l’entrée principale : observez la façade depuis plusieurs points de vue.
