Étape 4 sur 9

Escuelas Mayores de l’université de Salamanque

Escuelas Mayores de la Universidad de Salamanca

Dans la salle des cérémonies de l’université, l’affrontement documenté se distinguera de la légende tardive, soigneusement façonnée.

35 min
Façade sculptée des Escuelas Mayores de l’université de Salamanque.
Zarateman · CC0 1.0 Universal; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Façade sculptée
  • Cour intérieure
  • Salle des cérémonies
  • Table présidentielle

L’histoire du lieu

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Derrière la façade sculptée des Escuelas Mayores se trouve le noyau historique de l’université. Autour de la cour intérieure se trouvaient les salles d’enseignement des facultés supérieures : droit, théologie, médecine et philosophie. C’est aussi là qu’a été aménagé le Paraninfo, la salle des cérémonies de l’université. Le recteur y ouvrait l’année universitaire, réunissait les professeurs et recevait les invités officiels.

Le douze octobre mille neuf cent trente-six, Miguel de Unamuno — écrivain et recteur à vie — occupait le fauteuil présidentiel du Paraninfo. Il devait présider la célébration du Día de la Raza, alors fête de l’unité espagnole et des liens avec l’Amérique. Il y représentait Francisco Franco, chef des généraux rebelles.

Ce rôle revint à Unamuno après un choix qu’il regrettait déjà. Durant l’été, il avait soutenu le soulèvement militaire, espérant que les généraux corrigeraient les désordres de la République qui l’avait déçu. Le gouvernement républicain lui retira son rectorat, et la junte créée par les rebelles lui rendit cette fonction. Unamuno entra dans le Paraninfo comme un homme qui devait précisément sa nouvelle situation à ceux auxquels il voulait désormais s’opposer.

Dans sa poche se trouvait une lettre d’Enriqueta Carbonell. Son mari, Atiliano Coco, pasteur protestant, instituteur et ami du recteur, avait été arrêté par les rebelles. Enriqueta demandait à Unamuno de savoir ce qu’était devenu son mari et de l’aider à sortir de prison. Le recteur avait déjà essayé d’utiliser ses relations, mais n’avait pas obtenu sa libération.

Pendant les discours, Unamuno sortit cette lettre et commença à écrire au crayon au verso. Les orateurs justifiaient la guerre, parlaient d’ennemis à l’intérieur du pays, attaquaient les Basques et les Catalans. Unamuno, né à Bilbao, nota les mots « vaincre » et « convaincre », qualifia ce qui se passait de guerre fratricide et évoqua José Rizal, l’écrivain philippin que les militaires espagnols avaient fusillé pour sa participation au mouvement contre l’administration coloniale.

Lorsque le recteur se leva et prit la parole, le général José Millán-Astray, fondateur de la Légion espagnole et l’un des défenseurs les plus en vue du soulèvement, l’interrompit. Des cris et des menaces éclatèrent dans la salle. Unamuno quitta le Paraninfo au bras de Carmen Polo, l’épouse de Franco.

Le dialogue bien connu de cette scène, dans lequel Millán-Astray aurait crié à mort aux intellectuels et Unamuno aurait répondu : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas », n’a pas été consigné mot pour mot. Le discours du recteur était improvisé, les journaux locaux dissimulèrent presque l’affrontement le lendemain, et le texte soigneusement élaboré apparut cinq ans plus tard chez Luis Portillo, qui n’était pas présent à la cérémonie. Les témoins et les documents confirment l’affrontement lui-même ; les répliques exactes ne peuvent pas être reconstituées. Les notes authentiques d’Unamuno ne conservent que de brefs mots de repère et l’opposition entre vaincre et convaincre.

Les conséquences survinrent plus vite que la légende ne prit forme. Le lendemain, le conseil municipal retira à Unamuno ses fonctions honorifiques. Deux jours plus tard, le conseil universitaire refusa unanimement sa confiance à son propre recteur. Le vingt-deux octobre, Franco signa le décret de son renvoi ; le vingt-huit, le document fut publié. Une surveillance policière fut installée près de la maison d’Unamuno. Il cessa presque de sortir et mourut le trente et un décembre de la même année.

La lettre d’Enriqueta ne sauva pas Atiliano Coco. Dans la nuit du huit au neuf décembre, il fut emmené de la prison et tué sans jugement ; le lieu de son enterrement resta inconnu.

Le Paraninfo, derrière cette façade, sert toujours de salle des cérémonies à l’université. Seule la table présidentielle se trouve désormais contre le mur opposé : sur une photographie de mille neuf cent trente-six, Unamuno est assis à l’autre extrémité de la même salle. Et la lettre d’Enriqueta sur laquelle il a écrit est conservée tout près, dans la Maison-musée Unamuno.

Sur place

Temps sur place35 min
Point suivantLes Vieille et Nouvelle cathédrales
Entréesur billet

En juin 2026 : lundi–samedi 10:00–20:00, dernière entrée 19:15 ; dimanche, jours fériés et 12 juin 10:00–14:00, dernière entrée 13:15. Billet général 10 euros.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Commencez par lire la façade de bas en haut, puis cherchez seulement ensuite la grenouille ; l’accès à l’intérieur sera nécessaire pour les salles universitaires et le Paraninfo.

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Où aller ensuite ?

Allez jusqu’à la Plaza de Anaya et dirigez-vous vers les bâtiments cathédraux réunis.

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Itinéraire terminé

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« Salamanque dorée : université, cathédrales et Tormes » — 9 étapes, environ 3,5 km, 4 h.

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