Étape 2 sur 8

Tour de la Pucelle

Tour de la Pucelle, 102 rue Jeanne d’Arc

La maçonnerie conservée ramènera le récit dans la cellule où les vêtements devinrent un élément de l’accusation.

10 min
Vestiges de pierre de la Tour de la Pucelle à l’intérieur d’un bâtiment de la rue Jeanne-d'Arc.
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À remarquer

  • Fondations de la tour ronde
  • Escalier de pierre
  • Puits
  • Cour de la maison de style Art nouveau

L’histoire du lieu

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Dans la cour intérieure d’une maison de style Art nouveau subsistent des pierres qui ont survécu au rempart comme à la tour elle-même. Vers mille deux cent sept, le roi Philippe Auguste ordonna sa construction du côté de la ville tourné vers les champs. Au début du vingtième siècle, lors de la construction de la maison, on découvrit les anciennes fondations et on les intégra à la nouvelle cour, avec le puits et l’escalier de pierre. Les chercheurs ont reconstitué la disposition des lieux : il fallait encore monter huit marches depuis l’escalier en colimaçon, et le vide de la cour demeure aujourd’hui au-dessus de la maçonnerie conservée.

La haute Tour Jeanne d'Arc, où Jeanne d'Arc fut menacée de torture, se trouve ailleurs. Sa prison était ici, dans une tour ronde du rempart. Il en reste un puits, un escalier de pierre et les fondations, enclavés dans la cour d’une maison de la rue Jeanne-d'Arc.

La tour fut construite vers mille deux cent sept sur ordre du roi Philippe Auguste. On l’appelait alors la Tour devers les Champs, la tour du côté des champs. Le nom de Tour de la Pucelle, « tour de la Vierge », apparut après l’emprisonnement de Jeanne : c’est elle-même que l’on appelait la Pucelle.

Elle avait environ dix-neuf ans. Elle avait aidé le prétendant français Charles VII à parvenir à son sacre à Reims, puis était tombée aux mains de ses adversaires. Les Anglais, qui considéraient la couronne de France comme l’héritage de leur jeune roi Henri VI, emmenèrent Jeanne à Rouen, principale ville de la partie de la France qu’ils occupaient, et la remirent à des juges ecclésiastiques sous l’accusation d’hérésie.

Une accusée dans un procès ecclésiastique devait être détenue dans une prison de l’Église, sous la surveillance de femmes. Jeanne fut laissée dans la forteresse anglaise. Jean Massieu, l’huissier qui la conduisait aux interrogatoires, raconta plus tard qu’il y avait cinq gardes anglais : trois dormaient dans la cellule et deux montaient la garde derrière la porte.

La tenue masculine de Jeanne se composait d’une veste et de chausses, des bas-culottes étroits reliés par de nombreux lacets. Selon le témoignage du notaire judiciaire Guillaume Manchon, la prisonnière expliquait qu’il était ainsi plus difficile de lui arracher ses vêtements. Elle se plaignit aux juges que l’un des gardes avait tenté de la violer. Ici, le vêtement masculin lui servait de protection et figurait en même temps parmi les preuves de sa désobéissance à l’Église.

Le vingt-quatre mai mille quatre cent trente et un, au cimetière de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, Jeanne abjura ses affirmations antérieures sous la menace d’une exécution immédiate et accepta de porter des vêtements féminins. Au lieu de la prison ecclésiastique qu’elle demandait, avec une gardienne, Pierre Cauchon la renvoya dans cette tour, auprès des mêmes soldats.

Quelques jours plus tard, on trouva de nouveau Jeanne en vêtements masculins. Les témoins décrivirent ensuite les faits de manière différente. Massieu affirma que les gardes avaient pris les vêtements posés sur son lit et avaient laissé son ancienne tenue, bien qu’elle leur demandât de lui rendre ses vêtements féminins pour pouvoir se lever et aller aux latrines. Manchon se souvenait d’une autre explication donnée par Jeanne : parmi des hommes, elle avait revêtu ce qui la protégeait le mieux contre la violence. L’existence d’un piège préparé à l’avance ne peut être tenue pour établie de façon incontestable. Une autre chose est certaine : elle se rhabilla dans cette cellule, où la prisonnière continuait d’être détenue parmi les soldats.

Le vingt-huit mai, Cauchon vint ici avec plusieurs juges. Jeanne déclara que les vêtements masculins étaient plus appropriés parmi des hommes et réaffirma que les voix qu’elle entendait venaient de Dieu. Les juges qualifièrent cela de rechute dans l’hérésie, un retour aux convictions que l’accusée avait déjà abjurées. Une telle rechute permettait de la livrer à l’exécution. Deux jours plus tard, Jeanne fut brûlée sur la place du Vieux-Marché.

En mille quatre cent cinquante-six, l’ancienne condamnation fut annulée ; les récits de Massieu et de Manchon furent versés au dossier de la révision du procès. La tour elle-même était encore reconnaissable à cette époque, mais elle fut démontée plus tard. En mille neuf cent huit, l’architecte Édouard Dagné commença à construire ici une maison de style Art nouveau et tomba sur les fondations. Il dut intégrer les pierres découvertes dans la cour intérieure.

Selon la reconstitution des chercheurs, la cellule de Jeanne se trouvait au premier étage ; il fallait encore monter huit marches depuis l’escalier en colimaçon pour y parvenir. La maçonnerie conservée se trouvait sous les pieds de la prisonnière. La pièce où les vêtements rendus devinrent le motif d’une nouvelle condamnation se situe maintenant au-dessus d’elle, dans le vide de la cour.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantabbaye Saint-Ouen de Rouen
Entréede l’extérieur

Ce n’est pas un site régulièrement ouvert au public ; écoutez ce point extérieur à l’adresse 102, rue Jeanne-d'Arc.

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Étape 2 sur 8Ensuite : abbaye Saint-Ouen de Rouen

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le procès de Jeanne d'Arc et le vieux Rouen » — 8 étapes, environ 2,8 km, 2 h 45 min sans l'Historial Jeanne d'Arc complet ; environ 4 h avec le parcours multimédia.

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