Étape 4 sur 7

Curie Julia

Curia Iulia / Foro Romano

La salle du Sénat romain est nécessaire à l’itinéraire pour montrer, après l’assaut dans les rues, un pouvoir obtenu par une procédure légale.

20 min
La Curie Julia et l’espace qui l’entoure
Carole Raddato from FRANKFURT, Germany · CC BY-SA 2.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 7 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Hauts murs de briques
  • Trois larges degrés le long des murs
  • Bande dégagée de sol en marbre
  • Portes en bronze

L’histoire du lieu

Taille du texte

La Curie Julia porte le nom de Jules César, le dictateur qui ordonna de construire une nouvelle salle pour le Sénat romain et de l’intégrer à son propre forum. Jules César ne mourut pas ici et ne vit même pas le bâtiment achevé. Le quinze mars de l’an quarante-quatre avant notre ère, des sénateurs le tuèrent ailleurs, dans la Curie de Pompée. Son héritier adoptif, Octavien, poursuivit les travaux. Il inaugura la Curie Julia en l’an vingt-neuf avant notre ère.

Deux ans plus tard, Octavien entra dans cette salle en vainqueur des guerres civiles et en homme qui devait légaliser sa position. Il avait vu comment la dictature à vie s’était terminée pour Jules César. Pourtant, Octavien ne pouvait plus non plus redevenir un simple citoyen privé. Les légionnaires servaient sous son commandement, les vétérans attendaient les terres qui leur avaient été promises, et les carrières de ses partisans dépendaient de nominations et de son patronage. Octavien lui-même disposait d’une immense fortune et la dépensait en versements aux soldats. Derrière les paroles sur le retour aux anciens usages se trouvaient des hommes qui avaient quelque chose à perdre.

En janvier de l’an vingt-sept avant notre ère, Octavien annonça aux sénateurs qu’il rendait la République romaine à leur disposition et renonçait à ses pouvoirs extraordinaires. Son discours n’a pas été conservé. Plus tard, il raconta lui-même cet épisode dans une inscription commémorative : c’est donc la version du vainqueur qui est connue, et non le compte rendu de la séance.

Les sénateurs n’acceptèrent pas sa démission. Ils confièrent à Octavien, pour dix ans, le gouvernement des provinces où était stationnée la majeure partie des légions romaines. Les régions pacifiées restèrent au Sénat romain : d’anciens consuls et préteurs les recevaient par tirage au sort, généralement pour un an. Octavien contrôlait les provinces militaires par l’intermédiaire de commandants qu’il nommait. Il renonça ainsi à la position exceptionnelle créée par la guerre civile et reçut aussitôt le droit légal de disposer des principales armées.

Ensuite, le sénateur le plus ancien, Lucius Munatius Plancus, proposa de donner à Octavien un nouveau nom : Auguste. D’autres voulaient l’appeler Romulus, le second fondateur de Rome, mais ce nom rappelait trop directement un roi. « Auguste » désignait un homme vénérable et consacré par la faveur des dieux ; aucune fonction officielle portant ce nom n’avait existé auparavant. Octavien l’accepta. Il régna jusqu’à sa mort, en l’an quatorze de notre ère, et le mot « Auguste » devint le titre de ses successeurs.

Le Sénat romain ne fut pas dissous pour autant. Les sénateurs conservèrent leurs charges, les tribunaux et leurs provinces, mais le fondement militaire de l’État se retrouva entre les mains d’Auguste. Les historiens postérieurs appelèrent cet ordre le principat, d’après le mot « princeps », le premier citoyen. Auguste ne portait pas de couronne royale ; il détenait des charges républicaines, accordées par ceux qui siégeaient de part et d’autre dans cette salle.

Ces hommes siégeaient autrement que les députés d’un parlement moderne. Leurs sièges étaient placés sur de larges degrés le long des deux longs murs. Le président appelait les sénateurs dans l’ordre d’ancienneté, et chacun exprimait son avis depuis sa place. Lors des votes, les partisans d’une proposition pouvaient se déplacer physiquement vers celui dont ils soutenaient la position. La bande centrale du sol restait libre précisément pour de tels déplacements.

Après les décisions de janvier, le Sénat romain ordonna de placer dans la Curie un bouclier d’or énumérant les qualités d’Auguste : la vaillance, la clémence, la justice et la piété. Le bouclier a disparu. Les sièges des participants aux séances ont également disparu. Les murs de briques actuels furent élevés sous l’empereur Dioclétien après un incendie du troisième siècle, en conservant les anciennes dimensions de la salle. Trois larges degrés courent toujours le long des murs, entre lesquels s’étend un sol de marbre dégagé, et le bâtiment s’appelle encore la Curie Julia, d’après l’homme qui commença à le construire mais ne put y siéger.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantLa Via Sacra et l’arc de Titus
Entréesur place

À l’intérieur de la zone à billet Forum romain-Palatin ; à l’été 2026, la zone ouvre à 09:00, dernière entrée à 18:15, fermeture à 19:15 ; l’accès à la Curie Julia dépend du billet en cours de validité et du fonctionnement du site.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La Curie se trouve dans la zone à billet, et l’accès à l’intérieur peut être limité. Depuis l’extérieur, son échelle et sa simplicité délibérée se lisent bien.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Suivez la Via Sacra en montant, jusqu’à ce que l’arc de Titus apparaisse au-dessus d’elle.

Étape 4 sur 7Ensuite : La Via Sacra et l’arc de Titus

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« De la place de Venise au Colisée : le pouvoir à Rome » — 7 étapes, environ 2,5 km, 3–3,5 heures.

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