Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le corps rond de l’ancien mausolée
- Les bastions pontificaux
- Le bastion Saint-Marc
- L’archange de bronze avec son épée
L’histoire du lieu
Le corps rond au-dessus du Tibre fut conçu comme le tombeau de l’empereur Hadrien et de ses successeurs. L’ancien cylindre est toujours visible sous les bastions pontificaux, et au-dessus de la chambre funéraire se trouvent des salles, des magasins, des citernes et des pièces d’habitation. Sur le toit, l’archange de bronze rengaine son épée ; selon la tradition, ce geste a donné à la forteresse son nom actuel.
Le six mai mille cinq cent vingt-sept, le pape Clément VII entra dans cette forteresse en fugitif. Il était non seulement chef de l’Église, mais aussi souverain des États pontificaux. Un an plus tôt, Clément s’était joint à une alliance avec la France et plusieurs États italiens : il voulait empêcher l’empereur Charles Quint de soumettre l’Italie. Les alliés échouèrent, et l’armée au service de l’empereur marcha sur Rome. Les soldats ne recevaient plus leur solde depuis des mois et avaient presque cessé d’obéir à leurs commandants.
Le matin, ils forcèrent l’entrée de la ville. Tandis que les gardes suisses retenaient les assaillants près du Vatican, Clément atteignit le couloir fermé du Passetto di Borgo. Le couloir passait au-dessus des rues et menait directement au bastion Saint-Marc, près du château Saint-Ange. Le soir venu, presque toute Rome était aux mains des soldats. Ils pillaient les églises et les maisons, tuaient les habitants et capturaient des personnes contre rançon. Les défenseurs ne tenaient plus que quelques bâtiments et cette forteresse.
Clément s’enfuit précisément ici en raison de la configuration du château Saint-Ange. Au deuxième siècle, l’empereur Hadrien ordonna la construction, sur la rive du Tibre, d’un mausolée pour lui-même et ses successeurs. Le tombeau fut achevé après sa mort, en cent trente-neuf. Plus tard, il fut intégré aux fortifications urbaines, et les papes entourèrent l’ancien cylindre de bastions, y aménagèrent des magasins, des citernes et des pièces d’habitation. Le pape Alexandre VI Borgia renforça particulièrement la défense plusieurs décennies avant l’attaque. Clément avait donc derrière les murs de l’eau, des vivres, des canons et des appartements où sa cour pouvait s’installer.
Les réserves suffirent pour plusieurs semaines de siège. Clément accepta alors une lourde capitulation : pour sauver sa vie et obtenir sa liberté, il promit aux assaillants quatre cent mille ducats et la cession de plusieurs forteresses. Une telle somme ne se trouvait pas dans le trésor. Des objets en or et en argent issus des réserves papales, probablement y compris des ustensiles et des ornements d’église, furent fondus, et l’on frappa dans ce métal des monnaies provisoires.
Même après la capitulation, Clément resta prisonnier dans sa propre résidence fortifiée. Ce n’est qu’en décembre qu’il réussit à s’évader et atteignit Orvieto. De retour à Rome l’année suivante, le pape ne pouvait plus poursuivre la même lutte. En mille cinq cent trente, il rencontra Charles Quint à Bologne et le couronna lui-même empereur.
Le couloir par lequel Clément s’était sauvé est toujours relié au bastion Saint-Marc. Au-dessus de l’ancienne chambre funéraire subsistent les salles papales, et l’ensemble du complexe abrite aujourd’hui un musée national.
La figure de bronze au sommet explique la partie restante du nom. Selon la tradition, en cinq cent quatre-vingt-dix, le pape Grégoire le Grand conduisait une procession à travers Rome, priant pour que la peste cesse. Au-dessus du mausolée d’Hadrien de l’époque, il aurait vu l’archange Michel rengainer son épée. L’épidémie prit fin peu après, et la légende donna à ce tombeau fortifié le nom de château Saint-Ange.
La statue actuelle n’aurait pas pu être témoin de cette procession. Elle fut coulée en bronze sur commande du pape Benoît XIV pour l’année jubilaire mille sept cent cinquante, puis installée trois ans plus tard. L’archange, sur le toit, rengaine toujours son épée : c’est ce même geste dont la tradition a tiré les mots « Saint-Ange ».
Sur place
Le musée est ouvert mar-dim 09:00-19:30, dernière entrée 18:30 ; fermé le lundi.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La forteresse se comprend aussi de l’extérieur. Si vous entrez, comptez cela comme une partie distincte de la journée : les passages, les terrasses et l’exposition demandent du temps.
