Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La mosaïque du palais aux colonnes blanches
- Les mains sur les colonnes
- Les rideaux dans les ouvertures du palais
- Les processions de martyrs et de saintes vierges
L’histoire du lieu
Près de la résidence royale, on construisit une basilique pour la cour arienne. L’aristocratie militaire gothique gouvernait l’Italie, mais la majorité des habitants de Ravenne appartenait à l’Église nicéenne ; la famille royale et les courtisans priaient donc ici séparément de l’évêque de la ville. À l’intérieur, des processions en mosaïque s’étirent le long de la nef : les martyrs se dirigent vers le Christ, les saintes vierges vont vers la Mère de Dieu. Une crypte destinée aux reliques du premier évêque de Ravenne a été aménagée dans la partie de l’autel.
Sur la mosaïque du palais de Théodoric, il reste des mains entre les colonnes blanches. Les corps ne sont plus là : les artisans les ont retirés du mur tesselle après tesselle, mais ont laissé les doigts qui empiétaient sur des colonnes déjà achevées.
Un demi-siècle plus tôt, le roi ostrogoth Théodoric avait fait construire cette basilique près de sa résidence et l’avait dédiée au Christ Sauveur. Il lui fallait une église palatine pour la cour arienne. Théodoric tenait l’Italie grâce à l’aristocratie militaire gothique, mais gouvernait un pays où la majorité des Romains appartenait à l’Église nicéenne. Ici, la famille royale et les courtisans pouvaient prier selon leur propre rite, sans dépendre de l’évêque de Ravenne.
Théodoric fit représenter sur les murs son palais, le port de Classe, les courtisans et les processions qui se dirigeaient vers le Christ. Sous les arcades du palais se tenaient des membres de son entourage. La maison royale occupait une place au sein de l’image sacrée du monde, et les fidèles voyaient au-dessus d’eux ceux dont dépendaient leur position et leur subsistance à la cour.
Après la prise de Ravenne par les Byzantins en cinq cent quarante, cet ordre s’effondra. L’empereur byzantin Justinien, qui rendait les églises ariennes à l’Église nicéenne, remit leurs biens au clergé de Ravenne. En cinq cent soixante et un, l’archevêque Agnellus transformait l’ancienne église royale en un sanctuaire destiné à une autre communauté. Il la dédia à Martin de Tours, évêque vénéré comme adversaire des hérésies, et la nomma basilique Saint-Martin-au-Ciel-d’Or.
Sur ordre d’Agnellus, les mosaïstes retirèrent les figures de la cour gothique. Des rideaux apparurent dans les ouvertures du palais et, le long de la nef, les artisans composèrent des files de martyrs et de saintes vierges. Les hommes vont de Ravenne vers le Christ, les femmes du port de Classe vers la Mère de Dieu. La communauté arienne perdit sa principale église palatine ; Agnellus la consacra au culte nicéen. Les scènes supérieures de la vie du Christ furent conservées, mais le commanditaire et ses hommes furent retirés des murs. Seules les mains sur les colonnes trahissent leur présence.
Les processions d’Agnellus convergent vers la partie de l’autel. Trois siècles plus tard, c’est précisément l’autel qui donna à la basilique son nom actuel. Selon la tradition de l’Église, l’archevêque Jean VII voulut préserver les restes d’Apollinaire des incursions contre Classe, sur la côte, et les transporta à l’intérieur des murs de la ville. Saint Apollinaire était vénéré comme le premier évêque de Ravenne et le fondateur de sa communauté chrétienne. Une crypte fut aménagée sous l’autel pour les reliques, et l’église Saint-Martin fut appelée basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf, afin de la distinguer d’une petite et ancienne église urbaine du même saint.
En mille cent soixante-treize, les moines de cette basilique affirmaient encore que le corps d’Apollinaire était conservé chez eux. Les moines de Classe disaient la même chose de leur autel. Le pape Alexandre III, qui tranchait le conflit entre les deux établissements, ordonna d’ouvrir le tombeau de Classe. On y trouva des restes vénérés et trois anciennes plaques d’argent portant le nom d’Apollinaire. Les moines de la ville présentèrent leur propre plaque de plomb : l’inscription déclarait que l’archevêque Jean avait déposé ici le corps du saint. Les chercheurs la reconnurent comme un faux médiéval : le graveur avait cherché à donner aux lettres une apparence ancienne, mais plusieurs graphies révélèrent son époque. Le corps fut reconnu comme se trouvant à Classe ; cette basilique conserva le nom de « Nouveau », et la plaque de plomb de ses moines est aujourd’hui conservée aux Archives diocésaines de Ravenne.
Sur place
8 mars — 1 novembre 2026 : tous les jours 9:00–19:00 ; 3 novembre 2025 — 7 mars 2026 : 10:00–17:00. Dernière entrée 30 minutes avant.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les murs par registres : d’abord le palais et le port, puis les processions, et enfin les scènes supérieures. Pour voir les détails essentiels, il faut entrer.
