Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de pierre
- Portail
- Autel avec une forteresse représentée
- Peintures intérieures
L’histoire du lieu
La claire façade de pierre et le profond portail signalent l’église du quartier près du fleuve, où se rendaient les habitants de la Basse-Ville. L’église fut achevée progressivement : un maître maçon prolongea la nef et termina la façade après une collecte d’argent auprès des habitants et des communautés religieuses. À l’intérieur subsistent des peintures tardives et un autel avec une forteresse, ajoutés à une église déjà établie.
En octobre mille sept cent onze, les habitants de Québec vinrent dans cette église remercier pour leur délivrance du siège. Elle restait inachevée, mais elle servait déjà la Basse-Ville : le clergé de la cathédrale y célébrait des offices pour les familles, les marchands et les marins qui, autrement, auraient dû monter jusqu’à l’église de la Haute-Ville.
L’église s’appelait alors Notre-Dame-de-la-Victoire, au singulier. La première victoire était associée au siège de mille six cent quatre-vingt-dix. Le commandant de l’expédition anglaise, William Phips, amena vers Québec une trentaine de navires et exigea la reddition de la ville. Tandis que les défenseurs repoussaient le débarquement, les habitants priaient la Vierge Marie. Phips ne parvint pas à percer rapidement les défenses et éloigna ses navires, craignant qu’ils ne soient retenus par les glaces sur le fleuve. Les habitants considérèrent cette retraite comme une réponse aux prières, et l’évêque ordonna de consacrer l’église en construction à Notre-Dame de la Victoire, accomplissant le vœu fait pendant le siège.
Vingt et un ans plus tard, une nouvelle expédition fut envoyée vers Québec. La Grande-Bretagne projetait d’attaquer la ville simultanément depuis le fleuve et de faire marcher un détachement terrestre vers Montréal. Les forces navales étaient commandées par Hovenden Walker, qui avait reçu peu avant l’expédition le grade d’amiral et le titre de chevalier. Il disposait de plusieurs dizaines de navires de guerre et de transport, d’environ douze mille marins et soldats. Cependant, Walker manquait de pilotes connaissant bien l’embouchure et le courant du Saint-Laurent.
Une nuit, au début de septembre, le vent et le brouillard poussèrent les navires vers la rive nord. Walker décida que la flotte approchait de la rive sud et ordonna de mettre le cap au nord, comptant regagner le chenal navigable. L’ordre dirigea les navires droit vers les récifs près de l’île aux Œufs. Neuf ou dix navires se brisèrent ; selon les estimations, entre neuf cents et mille quatre cents personnes périrent, parmi lesquelles des femmes et des enfants accompagnant l’expédition. Walker et le conseil de guerre annulèrent l’expédition. Le détachement terrestre dut lui aussi rebrousser chemin.
À Québec, on n’apprit le naufrage qu’en octobre. Les habitants y virent une seconde intervention de la Vierge Marie. Après un office d’action de grâce et une procession, ils se réunirent dans l’église de la Basse-Ville. Lors d’une assemblée générale, ils décidèrent de recueillir de l’argent pour achever son portail. Les habitants et les communautés religieuses versèrent plus de six mille livres, unités monétaires françaises de l’époque. Plus tard, le maître maçon Jean-Baptiste Maillou, engagé pour achever l’église, prolongea la nef et éleva la façade.
Pour Walker, l’expédition se termina autrement. Après un changement de gouvernement, il fut radié des listes de la flotte et on exigea de lui un rapport complet. Neuf ans plus tard, il publia son propre récit de l’expédition, tentant de défendre sa réputation.
Les habitants de Québec ajoutèrent le pluriel au nom de l’église. Les peintures intérieures et l’autel représentant une forteresse apparurent bien plus tard et rappellent les deux victoires. Le bâtiment fut gravement endommagé lors du bombardement de mille sept cent cinquante-neuf ; le témoignage le plus exact de la décision prise ici en mille sept cent onze est donc son nom même : Notre-Dame-de-la-Victoire devint Notre-Dame-des-Victoires.
Sur place
La page de la paroisse, à la date de vérification, indique la saison du 4 juin au 30 août 2026 et une ouverture du jeudi au dimanche de 10:00 à 16:00 ; la messe du dimanche est indiquée à 11:00. Le répertoire Bonjour-Québec donne la saison du 4 juin au 11 octobre 2026, avec une mention de confirmation. Considérez l’observation extérieure comme le scénario principal.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Considérez l’intérieur comme un complément possible : si les portes sont fermées, observez la position de l’église au sein de la place et ne retardez pas votre parcours.
