Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’intérieur ovale de l’église
- Le clocher à plusieurs niveaux
- Le plancher de bois près du maître-autel
L’histoire du lieu
Au-dessus de l’église ovale s’élève une tour à plusieurs niveaux, en retrait au fond de la parcelle. L’église était entourée des salles de la confrérie et de l’infirmerie : l’ensemble servait à la fois au culte et à l’organisation quotidienne de la communauté. Avant la construction, il y avait ici un terrain vague près du cimetière des exécutés, et une petite crypte fut plus tard découverte sous le plancher de bois près du maître-autel.
Le nom « Clérigos » renvoie aux personnes pour lesquelles tout cet ensemble fut construit. Au début du dix-huitième siècle, trois associations de prêtres étaient actives à Porto. Elles réunissaient de l’argent pour soigner leurs confrères malades, entretenir les indigents et enterrer ceux qui n’avaient pas de quoi payer leurs funérailles. Le nombre de membres et les recettes diminuaient ; les associations fusionnèrent donc en mille sept cent sept pour former l’Irmandade dos Clérigos.
Elles n’avaient pas leur propre bâtiment : les réunions se tenaient dans l’Igreja da Misericórdia do Porto, qui appartenait à d’autres. En mille sept cent trente et un, deux prêtres cédèrent à la confrérie un terrain vague alors appelé Cruz da Cassoa. La parcelle se trouvait près du cimetière des exécutés, mais elle était libre et fut donnée gratuitement. Cent vingt membres de la confrérie votèrent pour la construction de leur propre église ; personne ne se prononça contre.
Le projet fut confié à Nicolau Nasoni, un artiste italien venu à Porto pour peindre la Sé do Porto. Cette commande devint pour lui sa première grande œuvre architecturale documentée dans la ville. Nasoni conçut une église ovale, les salles de la confrérie avec une infirmerie, et un clocher au fond de la parcelle. C’est ce clocher, achevé en mille sept cent soixante-trois, qui est aujourd’hui connu sous le nom de Torre dos Clérigos.
Pendant les travaux, les relations entre l’architecte et ses commanditaires changèrent. En mai mille sept cent quarante-trois, les frères admis Nasoni dans leur association comme laïc, en reconnaissance de son travail de longue date. Son adhésion lui donnait droit à l’aide même pour laquelle les prêtres avaient autrefois créé la confrérie.
Ce droit lui fut nécessaire trente ans plus tard. En décembre mille sept cent soixante-douze, Nasoni, âgé de quatre-vingt-un ans, adressa une requête aux dirigeants de la confrérie. L’architecte, qui vivait de commandes ponctuelles de bâtiments et de peintures, se décrivit comme malade et démuni. Il se plaignait d’une maladie de poitrine et demanda d’abord à être admis dans l’infirmerie des Clérigos. Il ajouta ensuite une demande pour être soigné chez lui : sa fille célibataire, qui restait sa seule compagne permanente, y prenait soin de lui.
Les frères acceptèrent. Le principal employé de l’infirmerie se rendait chez Nasoni, et les dépenses étaient consignées dans les livres de comptes. Cette aide se poursuivit jusqu’au trente août mille sept cent soixante-treize, lorsque l’architecte mourut à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Le registre des décès l’indique explicitement : Nasoni fut pris en charge comme pauvre, la confrérie fit célébrer pour lui trois offices funèbres et l’enterra dans l’Igreja dos Clérigos.
L’emplacement exact de sa tombe fut oublié. Lors de travaux en deux mille quatorze, un électricien faisait passer un câble sous le plancher de bois près du maître-autel et découvrit par hasard une petite crypte. Elle contenait les restes de vingt-six personnes ; les données concernant quatre hommes permettent d’envisager que Nasoni soit l’un d’eux, mais les chercheurs n’ont pas pu établir son identité.
La tour fut achevée dix ans avant la mort de l’architecte. Elle a perpétué son nom dans toute la ville, tandis que le lieu de son inhumation dans l’église qu’il avait construite est resté anonyme.
Sur place
La tour se lit bien depuis la rue ; la montée par l’escalier étroit exige une décision distincte et la vérification des conditions en vigueur.
