Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Lettres rouges en métal
- Kama derrière le parapet
- Plaque portant le nom de l’auteur
L’histoire du lieu
L’inscription rouge en métal est composée de lettres séparées, placées au bord même de la plateforme inférieure, au-dessus de la Kama. Sa première version était en contreplaqué et apparut non pas sur un quai urbain, mais dans un champ de la région de Moscou, pour un festival d’installations paysagères. Le bois ne résistait ni aux crues ni aux dégradations, et il fut donc remplacé par du métal. Une petite plaque portant le nom de l’auteur se trouve près des lettres.
Près des lettres rouges, sur la plateforme inférieure du quai, les visiteurs composent leur photo de façon à garder la Kama derrière la phrase. Ce cadrage n’a pas été inventé par un photographe. En deux mille neuf, le commissaire d’exposition Marat Guelman cherchait un emplacement pour l’œuvre de l’artiste Boris Matrossov et décida de l’installer précisément au bord de la rivière. Un musée d’art contemporain ouvrait alors dans l’ancienne gare fluviale, et l’inscription faisait partie de son exposition estivale. Guelman expliquait son choix par un jeu de mots : le bonheur ne se trouvait pas derrière les montagnes, mais derrière la rivière.
La phrase elle-même était apparue quatre ans plus tôt. Matrossov avait fabriqué de grandes lettres en contreplaqué pour un festival d’installations paysagères organisé dans un champ de la région de Moscou. L’inscription se dressait sur la ligne d’horizon et promettait aux visiteurs que l’objet de leurs désirs était tout proche. Ce n’est pas ce premier exemplaire qui fut transporté à Perm : un double fut fabriqué. Il ne devait rester ici que pendant la durée de l’exposition.
Mais, dès l’été, de jeunes mariés commencèrent à se faire photographier près des lettres. L’inscription apparut ensuite dans le générique de la série Realnye patsany, dans un clip musical et dans le film Le Géographe a bu son globe. La Kama, la ligne de texte rouge et une personne placée devant elle formaient un portrait tout fait de la ville. L’exposition temporaire resta sur le parapet, tandis que son image se retrouva sur des cartes postales, des aimants, des vêtements et des emballages de chocolat.
Matrossov découvrit cet usage grâce à un sac de cadeaux. Une représentante du musée lui proposa de céder gratuitement l’œuvre à la ville et lui apporta des souvenirs de Perm ; parmi eux, l’artiste découvrit des produits portant son inscription. Il n’avait auparavant demandé aucun honoraire pour l’installation. Il demanda désormais qu’on l’avertisse des utilisations commerciales et qu’on lui verse de modestes droits d’auteur. La correspondance s’éternisa. Un an plus tard, une connaissance montra à Matrossov des emballages de chocolat portant la même image, et l’artiste consulta un avocat. Il apparut que les célèbres lettres n’étaient inscrites ni au bilan du musée ni au patrimoine municipal : elles rapportaient déjà de l’argent sur les souvenirs, tout en restant sans propriétaire sur le papier.
En deux mille dix-sept, l’objet entra dans le patrimoine municipal. Un an plus tard encore, une plaque portant le nom de l’auteur fut installée à proximité ; Matrossov lui-même vint assister à la cérémonie. Pendant ce temps, les anciennes lettres en contreplaqué souffraient des crues et des dégradations. Après de nouvelles réparations et la reconstruction des embarcadères, elles furent remplacées par des lettres métalliques, tout en conservant la couleur rouge et la même phrase.
L’inscription actuelle n’est plus le double temporaire qui avait été installé ici en deux mille neuf. On continue à cadrer la Kama derrière elle, tandis que la petite plaque placée près des lettres indique ce qui a longtemps manqué sur les aimants et les emballages de chocolat : « auteur : Boris Matrossov ».
Sur place
Espace urbain ouvert ; l’accès dépend de l’état du quai, des crues et des travaux locaux.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’utilisez pas l’inscription comme unique point de repère : son accès peut dépendre du niveau de l’eau et des travaux sur le quai. Si le niveau inférieur est fermé, observez l’endroit depuis un point accessible du niveau supérieur.
