Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Arches de pierre
- Aigles impériaux
- Seine
- tour Eiffel
L’histoire du lieu
Le pont d’Iéna relie la colline de Chaillot au Champ-de-Mars. Lorsque sa construction commença, la tour Eiffel n’existait pas encore : sur la rive gauche, une ligne droite traversait le champ jusqu’à l’École militaire. Il fut proposé de nommer le futur passage pont du Champ-de-Mars ou pont de l’École militaire. Napoléon Ier choisit pour lui le nom de sa victoire.
Iéna est une ville de Thuringe, en Allemagne. Le quatorze octobre mille huit cent six, l’armée française y écrasa les troupes prusso-saxonnes. Le même jour, près de l’Auerstaedt voisin, l’armée prussienne principale subit une défaite. Les Français entrèrent à Berlin, et les forteresses et les corps prussiens capitulèrent les uns après les autres.
Le général de cavalerie prussien Gebhard Leberecht von Blücher tenta de conduire les unités survivantes vers la mer Baltique. Il fut poursuivi jusqu’à Lübeck, où il fut contraint de se rendre. Deux mois plus tard, Napoléon Ier signa à Varsovie un décret : le pont en construction en face du Champ-de-Mars s’appellerait le pont d’Iéna. Les arches de pierre furent commencées en mille huit cent huit et achevées en mille huit cent quatorze.
À l’été mille huit cent quinze, Gebhard Leberecht von Blücher revint à Paris, devenu feld-maréchal et commandant de l’armée prussienne qui avait participé à la défaite finale de Napoléon Ier à Waterloo. Il y trouva le nouveau passage, nommé en l’honneur d’une ancienne défaite prussienne. Gebhard Leberecht von Blücher ordonna aux sapeurs de miner les parties basses des piles.
Le diplomate français Talleyrand invoqua une condition de la capitulation de Paris qui promettait de préserver les biens de la ville. Le commandant britannique, le duc de Wellington, récent allié de Gebhard Leberecht von Blücher à Waterloo, lui demanda à trois reprises de reporter l’explosion. Gebhard Leberecht von Blücher refusa. Il écrivit explicitement que la destruction du pont était devenue une affaire nationale et qu’un recul lui attirerait les reproches de l’armée prussienne et du pays.
Le dix juillet, les sapeurs firent exploser trois charges. Elles ébréchèrent une partie d’une pile, fissurèrent plusieurs pierres et précipitèrent un sapeur dans la Seine, mais les arches résistèrent. Les militaires commencèrent à préparer une nouvelle mine. Le même jour, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et l’empereur russe Alexandre Ier arrivèrent à Paris. Le roi exigea l’arrêt des travaux, et Alexandre déclara qu’il ne permettrait pas la destruction des monuments parisiens. Gebhard Leberecht von Blücher céda.
Le pont fut préservé, mais le nom « Iéna » fut retiré. Il fut renommé pont de l’École militaire, et les aigles impériaux des arches furent remplacés par la lettre royale « L ». En mille huit cent trente, l’ancien nom fut rétabli. En mille huit cent cinquante-deux, de nouveaux aigles, œuvre du sculpteur Antoine-Louis Barye, remplacèrent les lettres : ce sont ceux qui se trouvent sur les côtés des arches.
En mille neuf cent trente-sept, des ingénieurs élargirent le passage en ajoutant des arches en béton de chaque côté. La partie centrale en pierre, sous laquelle les sapeurs de Gebhard Leberecht von Blücher avaient posé des mines, resta à sa place.
Sur place
Pont urbain ouvert ; des restrictions temporaires de circulation, de circulation à vélo ou d’accès sont possibles lors d’événements et de mesures de sécurité.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez sur la partie piétonne sans gêner le passage ; les détails de la structure s’observent plus facilement près de la rive.
