Étape 4 sur 8

Sainte-Chapelle

Sainte-Chapelle

Le destin des reliques permettra de voir dans la chapelle un dépôt royal soigneusement gardé.

20 min
Sainte-Chapelle
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les vitraux de la chapelle haute
  • La tribune dans l’abside
  • La scène du transfert des reliques dans le vitrail

L’histoire du lieu

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Le bâtiment est organisé sur deux niveaux : en bas se réunissaient les serviteurs du palais, en haut la famille royale, ses invités et les chanoines. La chapelle haute s’élève presque entièrement en vitraux colorés ; parmi eux se trouve une baie montrant l’arrivée des saintes reliques dans le royaume de France. Un passage couvert y menait autrefois depuis le palais, mais les appartements royaux et cette galerie ont disparu depuis longtemps.

Louis IX gardait sur lui les dix clés d’un immense coffre situé dans la partie de l’autel. Le roi ne les remettait qu’à une personne de confiance et exigeait un reçu. Derrière des doubles portes en argent et en cuivre doré se trouvaient les objets pour lesquels il avait fait construire la Sainte-Chapelle.

Le plus important était considéré comme un cercle de roseaux qui, selon la tradition chrétienne, était la couronne d’épines de Jésus-Christ. En mille deux cent trente-huit, Baudouin II en disposait : il était le souverain de l’Empire latin créé par les croisés, dont la capitale était Constantinople. Baudouin avait besoin d’argent pour maintenir à flot son État en pleine désagrégation. Son conseil avait déjà mis la couronne en gage auprès de prêteurs vénitiens, et la relique était préparée pour être envoyée à Venise.

Le roi de France Louis IX, qui serait canonisé après sa mort sous le nom de Saint Louis, voulut transférer à Paris cette sainte relique vénérée. Il régla les obligations de Baudouin et paya pour la couronne et les autres reliques environ cent trente-cinq mille livres — soit à peu près la moitié du revenu annuel du royaume et bien davantage que ne coûterait ensuite le bâtiment même de la chapelle.

Le dix-neuf août mille deux cent trente-neuf, Louis ôta ses vêtements d’apparat, revêtit une simple tunique et porta pieds nus la couronne jusqu’à Notre-Dame de Paris. La Sainte-Chapelle n’existait pas encore. Le roi avait besoin d’un dépôt permanent à l’intérieur de sa résidence sur l’Île de la Cité. Entre mille deux cent quarante-deux et mille deux cent quarante-huit, les bâtisseurs érigèrent deux chapelles l’une au-dessus de l’autre. Les serviteurs du palais priaient dans celle du bas. Dans celle du haut entraient le roi, sa famille, les personnes qu’il invitait et les chanoines qui y célébraient les offices. Une galerie couverte, aujourd’hui disparue, y conduisait depuis les appartements royaux.

Sainte-Chapelle signifie littéralement « chapelle sainte » ; la sainteté du nom se rapporte aux reliques. Dans la chapelle haute, un coffre de près de trois mètres de large fut installé pour vingt-deux saintes reliques. Il fut élevé sur une tribune spéciale dans l’abside afin que son contenu puisse être montré aux personnes rassemblées. Le roi gardait les clés, les chanoines célébraient devant les reliques et les courtisans se tenaient près des objets pour lesquels Louis avait dépensé une fortune.

La vente procura à Baudouin le répit dont il avait besoin, mais elle ne sauva pas son État. En mille deux cent soixante et un, les Byzantins reprirent Constantinople, et l’ancien empereur passa le reste de sa vie en exil. La couronne resta à Paris.

Louis ordonna que sa propre histoire soit incluse dans les vitraux de la chapelle haute. Sur la baie consacrée au transfert des reliques, lui et son frère cadet Robert d’Artois sont représentés pieds nus. Ils portent sur leurs épaules des brancards recouverts de tissu, avec la couronne. Cette scène fut placée après les rois bibliques, au sein d’un récit qui commence par la création du monde et s’achève avec l’arrivée des saintes reliques dans le royaume de France.

Pendant la Révolution française, les offices y cessèrent. Des personnes fondirent le grand coffre et les plus petits reliquaires ; beaucoup des objets qu’ils contenaient disparurent. La couronne d’épines survécut. Après plusieurs déplacements, elle fut confiée en mille huit cent six au trésor de Notre-Dame de Paris.

À la Sainte-Chapelle, il ne reste désormais ni appartements royaux, ni coffre d’argent, ni la couronne elle-même. Dans l’abside se trouve une tribune recréée au dix-neuvième siècle, et, sur le vitrail, Louis et Robert portent toujours vers cette tribune les brancards recouverts de tissu.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantConciergerie
Entréesur place

Les vitraux de la chapelle haute ne peuvent être vus qu’en visitant l’intérieur. Vérifiez à l’avance les modalités officielles d’entrée et prévoyez du temps pour le contrôle ; à l’extérieur, observez combien il reste peu de pierre entre les fenêtres.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez le boulevard vers le fleuve et arrêtez-vous à l’entrée de la partie voisine de l’ancien palais.

Étape 4 sur 8Ensuite : Conciergerie

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Île de la Cité : de Notre-Dame de Paris à l’extrémité ouest » — 8 étapes, 2.6 km, 1 h 35 min.

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