Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Passages étroits
- Bâtiments bas
- Enseignes des établissements
- Indications « Ura Namba »
L’histoire du lieu
« Ura Namba » a été inventé par les propriétaires de deux établissements du quartier. Avant le début des années deux mille, ce quartier n’existait pas sur la carte d’Osaka : il y avait les secteurs de Sennichimae et de Namba Sennichimae, à l’est de la gare de Namba, des entrepôts de commerçants, d’anciens cabarets et clubs, ainsi que quelques restaurants. Les visiteurs allaient au marché Kuromon, à Doguyasuji ou au Namba Grand Kagetsu, mais ils ne s’attardaient pas longtemps dans les ruelles.
En deux mille sept, le restaurateur Yuji Kawabata y ouvrit l’Osaka Yakiton Center, une gargote où l’on mange debout des abats de porc grillés sur des brochettes. Son activité reposait sur ce produit. Kawabata avait appris à découper et à préparer les abats de porc auprès de son ancien patron, puis avait ouvert sa propre gargote à Nishinari. À Osaka, le yakiton restait une nourriture inhabituelle : il y était bien plus facile de vendre du bœuf ou des brochettes de poulet. Kawabata risquait son argent dans une ruelle que le public dont il avait besoin fréquentait à peine, et avec un produit qu’il devait encore expliquer à ce public.
C’est précisément l’aménagement du quartier qui permettait de prendre des risques avec des établissements relativement petits. Après la guerre, les secteurs à l’est de la gare n’avaient pas été réaménagés. L’artère de trente mètres prévue ici ne fut jamais construite ; les anciennes parcelles, les passages étroits et les bâtiments bas furent conservés. Les propriétaires de boutiques commencèrent à louer leurs entrepôts, et des restaurateurs indépendants purent occuper des locaux trop exigus pour un grand restaurant, mais adaptés à un comptoir, une cuisine et quelques tables.
Kawabata ouvrit à proximité plusieurs autres établissements proposant des cuisines différentes. Son calcul était simple : le visiteur d’un bar devait avoir une raison de passer au suivant sans quitter ces rues. À peu près à la même époque, Koichiro Hoshimoto ouvrit ici la gargote sur plaque de fer Teppan-yaro. Les deux propriétaires voulaient que leurs ruelles cessent d’être expliquées par une longue chaîne de points de repère. Kawabata formulait son objectif très littéralement : une personne devait pouvoir monter dans un taxi et dire au chauffeur le nom du quartier.
En deux mille onze, Kawabata et Hoshimoto lui donnèrent le nom d’Ura Namba. « Ura » signifie le côté arrière : leurs établissements se trouvaient derrière le Namba Grand Kagetsu en venant des rues principales de Namba. C’était un nom inventé par des commerçants pour attirer des clients, et non un ancien toponyme ni une décision de l’administration municipale.
Un seul mot ne suffisait pas. La même année, les propriétaires de onze établissements réalisèrent la première carte d’Ura Namba et commencèrent à la distribuer aux visiteurs. Pour la première fois, les bars dispersés se retrouvèrent réunis en un seul lieu, où l’on pouvait aller à pied de l’un à l’autre. Les éditions suivantes de la carte furent reprises par l’éditrice locale Kayoko Maki : le nombre d’établissements indiqués augmenta, des conseils destinés aux visiteurs étrangers apparurent et le tirage atteignit dix mille exemplaires.
Kawabata obtint un flux de clients pour ses gargotes et ouvrit de nouveaux établissements dans les environs ; Hoshimoto ajouta à son restaurant la précision « principal à Ura Namba ». À leur suite, d’autres propriétaires arrivèrent dans les petits entrepôts et les maisons à deux étages. En cinq ans, le nombre d’établissements de restauration et d’hébergement à l’est de la gare augmenta de plus d’un sixième, alors même qu’il diminuait dans l’arrondissement de Chuo.
Ura Namba n’a toujours pas de limite officielle. On appelle généralement ainsi les ruelles situées entre le théâtre, le marché Kuromon, Doguyasuji et la gare. L’Osaka Yakiton Center occupe toujours un bâtiment de Namba Sennichimae, où Kawabata commença son expérience risquée. Et le mot qu’il a inventé figure désormais sur les cartes, les panneaux des hôtels et l’enseigne du restaurant de Hoshimoto, exactement comme une adresse que l’on peut dire à un chauffeur de taxi.
Sur place
Les ruelles sont accessibles comme des rues urbaines ; les restaurants et les bars ont leurs propres horaires, beaucoup sont orientés vers le soir.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les petits établissements se remplissent vite : choisissez-en un et préparez-vous à attendre ou à changer de plan. N’occupez pas une place longtemps sans commander et renseignez-vous sur les règles de prise de vue à l’intérieur.
