Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de pierre de l’église
- Portail d’entrée
- Haute tour de l’église
L’histoire du lieu
La haute tour de pierre qui surmonte le portail d’entrée appartient au troisième édifice de Trinity Church, consacré en mille huit cent quarante-six. Dans ces murs se réunit la communauté de la première paroisse anglicane officielle de Manhattan. Le conseil paroissial divisait les terres situées sur le côté ouest de l’île en parcelles, les louait et alimentait les caisses avec les loyers et les dons. Les archives paroissiales conservent une charte royale munie d’un sceau de cire rouge, qui a établi les droits et les biens de cette communauté.
Le vingt mars mille sept cent soixante-dix-sept, le prêtre Charles Inglis posa la paume sur un mur calciné. Ce mur était un vestige de la première Trinity Church, construite à cet endroit en mille six cent quatre-vingt-dix-huit. L’église elle-même n’existait déjà plus : six mois auparavant, elle avait brûlé lors du grand incendie de New York de mille sept cent soixante-seize.
Les membres du conseil paroissial se tenaient à proximité. Le marguillier Elias Desbrosses prononça l’ancienne formule juridique et investit Inglis de sa fonction de quatrième recteur : il lui transmit la « possession réelle et corporelle » de l’église, de ses droits, de ses revenus et de ses biens. Il ne restait presque rien à transmettre matériellement, si bien qu’Inglis tenait la maçonnerie qui avait subsisté.
Cette fonction impliquait la gestion de biens tout à fait terrestres. Trinity Church était la première paroisse anglicane officielle de Manhattan et existait en vertu d’une charte du roi d’Angleterre Guillaume Trois. Plus tard, la reine Anne céda à la paroisse deux cent quinze acres sur le côté ouest de l’île ; le conseil paroissial divisait ces terres en parcelles et percevait les loyers. Lorsqu’il était encore vicaire, Inglis recevait ici deux cents livres par an, ainsi que des dons volontaires. La fonction de recteur comportait un traitement de trois cents livres, la direction de la communauté et une participation à la gestion de ces biens.
Inglis tenait à ce que la paroisse reste rattachée à l’Église d’Angleterre et continue à célébrer les offices selon ses règles. Au printemps mille sept cent soixante-seize, George Washington vint assister à un office ici. Avant le début de celui-ci, l’un des généraux de l’Armée continentale demanda que les prières pour le roi George Trois et la famille royale ne soient pas lues. Pour un prêtre anglican, cette prière découlait du serment prêté lors de son ordination. Inglis ne tint aucun compte de la demande, bien qu’il ait reconnu plus tard que Washington lui-même n’avait probablement pas chargé le général de la formuler.
Après la proclamation de l’indépendance, des officiers exigèrent les clés de Trinity Church. Inglis refusa de nouveau, et la paroisse ferma bientôt ses églises. Puis les troupes britanniques occupèrent New York, l’incendie détruisit l’église et la maison de son recteur, mais Inglis continua à exercer son ministère et fut promu au milieu des ruines.
Son choix avait une durée de validité : jusqu’à la fin de la guerre. La Législature de l’État de New York déclara Inglis et sa femme coupables d’avoir soutenu l’ennemi, confisqua leurs biens et les bannit à jamais de l’État. Tout retour était passible de mort. En novembre mille sept cent quatre-vingt-trois, avant le départ des Britanniques de New York, Inglis renonça à sa fonction et partit pour le Canada. Quatre ans plus tard, il fut consacré premier évêque de Nouvelle-Écosse.
Les paroissiens favorables à l’indépendance qui étaient revenus risquaient maintenant de perdre Trinity Church dans son ensemble : la paroisse, ses terres et ses règles de gestion procédaient d’une charte royale. Ils contestèrent le choix du successeur d’Inglis, obtinrent la nomination d’administrateurs provisoires et invitèrent Samuel Provoost à devenir recteur. Cet ancien prêtre de la paroisse avait pris le parti de l’indépendance. Le dix-sept avril mille sept cent quatre-vingt-quatre, la Législature de l’État de New York réécrivit la charte : elle supprima la subordination à la Couronne anglaise et attribua les biens paroissiaux à la corporation ecclésiastique elle-même. Trinity Church devint alors une paroisse épiscopalienne du nouvel État et put construire une deuxième église sur l’ancienne parcelle.
Le mur qu’Inglis avait touché n’existe plus. L’église actuelle fut consacrée en mille huit cent quarante-six ; c’est déjà le troisième édifice de Trinity Church à cet endroit. Les archives paroissiales conservent toujours la charte royale de mille six cent quatre-vingt-dix-sept, munie d’un sceau de cire rouge, tandis que les offices se déroulent dans une église dont les paroissiens ont fait rétablir juridiquement le droit de rester ici après le départ d’Inglis.
Sur place
Selon Trinity Church, l’église est ouverte aux visiteurs tous les jours de 8:30 à 18:00, et le cimetière de 8:30 à 16:00. L’accès peut être limité en raison de la météo, de travaux ou des offices ; un contrôle de sécurité est en vigueur.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Déplacez-vous calmement dans le cimetière et ne dérangez ni les offices ni les visites privées. Si le passage menant aux tombes est fermé, vous pouvez observer les monuments par-dessus la clôture.
